ACTION INTERLANGUES : FORMATION DES TUTEURS D’ASSISTANT(S)

 Lycée Augustin Fresnel, CAEN, le 22/09/2008.

Intervenants :

Mme Therene, IA-IPR d’allemand ; Mme Lelievre IA-IPR d’espagnol ; M. Picot, IA-IPR d’anglais ; M. Reyburn, IA-IPR d’anglais ; M. Tailpied, Délégué Académique aux Relations Internationales et à la Coopération (DARIC).

 

Thème : ACCUEIL ET FORMATION DES ASSISTANTS DE LANGUE

(Deux temps : Réunion plénière puis ateliers de réflexion.)

 

I – Réunion plénière

A – Prises de parole de M. Picot et de M. Reyburn.

A-I – Propos introductifs :

M. Picot, explique que le projet pédagogique qui consiste à faire la demande d’un assistant de langue doit s’articuler autour de deux objectifs majeurs : le progrès des élèves et le développement personnel de l’assistant venu pour apprendre.

A-II – Constats et perspectives :

Il est apparu nécessaire de faire évoluer les dispositifs actuels en prenant appui sur les avis des collègues ainsi que sur les bilans des années précédentes. Actuellement, les assistants sont regroupés deux fois durant leur temps de présence en France : une première fois au début du premier trimestre, dès leur arrivée. Cette première journée est axée sur leur accueil, leur intégration et leur formation. Une seconde fois à la fin du premier trimestre où l’on répond davantage à leurs interrogations de nature pédagogique, fondées cette fois sur leur expérience en classe.

Il est proposé de maintenir ce dispositif mais d’améliorer la formation des assistants par un suivi plus régulier dans leur(s) établissement(s) d’exercice. Cette proposition trouve son fondement dans une logique simple : l’établissement fait  la demande d’un assistant dans le cadre d’un projet pédagogique en prise avec le contexte local. Ce sont les enseignants qui sur place sont les mieux placés pour conseiller les assistants et leur expliquer leurs attentes. M. Picot rappelle par ailleurs que eu égard au profil actuel des assistants qui, dans la plupart des cas, n’ont pas le projet de devenir des professionnels de l’éducation, il est indispensable d’individualiser les parcours de formation.

A-III – Objectifs :

             Il s’agit d’augmenter l’efficacité du dispositif de formation pour que les assistants répondent mieux à nos besoins en matière de développement des compétences langagières des élèves.

            M. Reyburn conclut sur le fait qu’il convient aussi, dans le respect de la Charte d’accueil des assistants, de mieux former des personnes qui ne sont pas forcément de futurs jeunes enseignants, mais de futurs jeunes actifs.

 A-IV – Questions :

            Une seule question est posée et elle concerne la mise en œuvre du dispositif horaire de formation au niveau de l’établissement. La réponse apportée est qu’il est possible de banaliser des heures.

B : Prise de parole de M. Tailpied.

            M.Tailpied rapporte les problèmes d’ordre matériel rencontrés dans le parcours de l’assistant. Il faut savoir dans un premier temps que ce n’est qu’au mois de mai de l’année N que les assistants connaissent leur affectation définitive alors qu’ils avaient fait une demande au mois d’octobre de l’année N-1. Cette donnée fait que certains candidats ne donnent pas suite à leur nomination. Il faut donc une bonne réactivité de la part des équipes enseignantes accueillantes pour s’assurer de la venue de l’assistant.

            Est évoqué ensuite le cas des jeunes issus de pays hors U.E pour qui l’obtention du titre de séjour prend du temps.

Par ailleurs, une nouveauté cette année : la visite médicale indispensable se fera à la clinique de la Miséricorde à Caen.

            Les assistants sont automatiquement affiliés à la sécurité sociale et il leur est conseillé d’adhérer à une mutuelle en complément.

            A l’heure actuelle, il n’y a pas de prise en charge des transports prévue.

II – Ateliers de réflexion.

4 ateliers répondent aux deux questions suivantes :

1 : Quelles sont les spécificités de la fonction d’assistant par rapport à la fonction d’enseignant dans l’apprentissage des langues vivantes ?

2 : Quels outils professionnels doit-on aider l’assistant à acquérir pour qu’il puisse mettre à profit ces spécificités ?

A – Synthèse des réponses à la question 1 :

·        C’est un locuteur natif, donc porteur de la (des) culture(s) dont la langue est l’expression. Réelle authenticité et, de fait notamment, capacité à mieux évaluer l’intelligibilité du discours des  élèves que ne le peut le professeur, habitué qu’il est à faire l’effort de comprendre ce qui est parfois à la limite du compréhensible (si l’assistant ne comprend pas, c’est que l’élève n’est pas parvenu à se faire comprendre).

·        Du fait de ce statut de locuteur natif, Il privilégiera la construction des compétences de compréhension et de productions orales (en continu et en interaction), sans négliger l’écrit.

·        L’assistant n’est pas un enseignant professionnel. il s’intègre donc à une séquence de travail, il ne la crée pas. C’est la responsabilité du professeur de prévoir et de détailler les moments de l’intervention de l’assistant.

·        Il permet aux élèves de mobiliser les acquis réalisés en cours avec l’enseignant. En d’autres termes, il se concentre prioritairement sur l’activité langagière (la production en particulier) et moins sur les outils linguistiques. C’est au professeur qu’il incombe de mener ces apprentissages linguistiques.

B – Synthèse des réponses à la question 2 :

Volet pratique

·         Lui apprendre à utiliser le matériel de l’établissement (labo de langue, salle multimédia…)

·         L’informer du fonctionnement d’un établissement, quels en sont les acteurs en dehors des enseignants (CPE en cas de problème dans une classe par exemple).

Volet pédagogique

·         Le cadre d’action 

-          La gestion d’un groupe classe (notamment en termes de positionnement : comment gérer la parole des élèves par des moyens alternatifs au questionnement, comment créer des situations de communication répondant à une intention (qui parle à qui et pourquoi ?), etc…) .

-          La conduite de cours entièrement en langue étrangère.

-          Les objectifs poursuivis par les programmes, y compris en termes de niveaux de compétence attendus en fin de cycle (à quoi correspond un niveau A2 en expression orale en continu, un niveau B1 en expression écrite ? etc .).

-          La démarche actionnelle préconisée dans le CECRL.

-          La construction des cours par séquences.

·         Outils de mise en œuvre :

-         Rituel d’entrée en classe ou d’échauffement langagier.

-         Consignes.

-         Nécessité de synthèses régulières.

-         Différence entre démarche d’entraînement et démarche d’évaluation.

-         Tâches de travail à la maison.

-         Evaluation d’une compétence (lui fournir des exemples de productions d’élèves et le guider dans son apprentissage du positionnement de ces réalisations langagières sur l’échelle de compétence du CECRL)