Les Arts plastiques jusqu'au IVè siècle après J-C.Les premiers peintres
Les premières peintures sont des peintures rupestres, c'est à dire peintes sur des rochers. On les trouve généralement à l'intérieur des grottes qui servaient d'abris aux hommes de la préhistoire. Elles apparaissent environ 18000 ans avant J.-C. avec l'utilisation privilégiée de trois couleurs : noire, rouge et ocre. Les plus connues d'entre elles sont sans doute les représentations d'animaux peintes par une société de chasseurs sur les murs de la grotte de Lascaux, en France.Mésopotamie et Égypte
Les premières formes d'écriture, en caractères cunéiformes (en forme de coins) gravés sur des tablettes d'argile, apparaissent vers 3300 avant J-C., en Mésopotamie. 300 ans plus tard, l'écriture hiéroglyphique naît en Égypte (succession de signes appelés hiéroglyphes). Les formes d'expression artistique sont alors le plus souvent liées à l'ornementation des meubles et des habitations. On trouve des représentations diverses sur des fresques ou des objets usuels. L'Egypte des pharaons, jusqu'à la conquête du pays par les Grecs puis les Romains, restera longtemps une région artistiquement prolifique : statuaire, architecture, etc.Grèce
A partir du VIIIè siècle avant J.-C. c'est la Grèce qui devient un pôle artistique important, grâce à sa situation géographique, à son expansion culturelle et son développement commercial. L'architecture grecque se caractérise par sa rigueur géométrique alliée à des éléments décoratifs (le Parthénon à Athènes, Grèce). L'art de la céramique peinte (poteries de terre cuite, de faïence ou de porcelaine) est un art majeur où les personnages et décors sont d'abord représentés en noir sur fond rouge puis, plus tard, en rouge sur fond noir. L'art grec atteint son apogée au Vè siècle avant J.-C., surtout dans la région d'Athènes. C'est à cette période que l'histoire de l'art commence à retenir le nom de certains artistes, tel le sculpteur Phidias (Athéna, Le Parthénon à Athènes, Grèce), alors qu'ils n'étaient considérés que comme des artisans spécialisés. L'influence de l'art grecque a marqué la culture occidentale jusqu'au XXè siècle.Rome
L'art romain, nourri de l'art grec, n'est pas uniquement une imitation de celui-ci. La découverte des sites archéologiques de Pompéi et d'Herculanum au XVIIIè siècle a permis de retrouver des peintures murales, des sculptures, des objets quotidiens décorés, ensevelis lors de l'éruption du Vésuve en 78 ap. J.-C.
Le Moyen Age (IVè - XVè siècle)Art byzantin
Il se forme entre le IVè et le Vè siècle autour d'une sorte de synthèse entre l'art classique de l'antiquité gréco-romaine et l'art oriental et égyptien. La mosaïque est l'ornement le plus caractéristique de l'art Byzantin avec l'utilisation de la coupole en architecture (église Sainte-Sophie à Constantinople, 532-537). A Byzance, une autre peinture religieuse se développe, figurative et chrétienne, l'icône.Art de l'Islam
On désigne sous ce nom la production artistique de l'ensemble des pays où la religion islamique domine, à partir du VIIè siècle. La Grande Mosquée de Damas, en Syrie, aura une influence considérable sur les autres pays islamiques, puis ce seront les villes de Bagdad en Irak, au VIIIè siècle, Le Caire en Égypte, au Xè siècle et Ispahan en Iran, à la fin du Xvè siècle, suivant le déplacement du centre politique et culturel du monde musulman. Le Coran interdisant la représentation de la figure humaine, les motifs et décors sont essentiellement végétaux ou géométriques, quelquefois complétés par des calligraphies de textes sacrés. Les décorations intérieures des nombreuses constructions religieuses et civiles sont très raffinées : mosaïques, stucs, céramiques, arabesques...Epoque des invasions
Vè - VIIIè siècle. L'art de cette époque se caractérise, dans toute l'Europe où des royaumes barbares se partagent les ruines de l'empire romain, par le travail du métal, dans la joaillerie, l'orfèvrerie et l'armement. Peu de peintures existent encore de nos jours sauf quelques enluminures influencées par le monde animal (Scriptoria de Laon). En architecture, on retiendra la basilique Saint-Pierre de Vienne.
La renaissance carolingienne
VIII- IX siècle. La renaissance carolingienne. Règne de la dynastie fondée par Charlemagne (742-814), principalement en Allemagne et en France. On ressent une forte influence de l'Antiquité, de l'Orient et de l'art byzantin dans le domaine architectural avec coupoles, décorations de mosaïques et peintures murales. Les Carolingiens excellent dans l'art de l'enluminure et s'intéressent à la représentation humaine (Les Évangiles d'Ebbon, bibliothèque municipale d'Épernay). C'est la première "renaissance " des formes antiques en Europe.Epoque romane
Fin Xè -début XIIIè siècle. L'art roman se développe dans l'Occident chrétien qui connaît une croissance de sa population et un essor économique, grâce aux progrès techniques et commerciaux. La religion occupe une importance de premier ordre et l'on ne compte plus le nombre d'églises, de monastères et d'abbayes. L'art roman est marqué par les grandes expéditions des croisades. L'architecture se caractérise par des voûtes en demi-cercle et l'apparition de sculptures typiques en des endroits privilégiés, le tympan et le chapiteau (église Saint-Pierre à Moissac).
Epoque gothique
Milieu XIIè - début XVIè siècle. Elle apparaît quasiment partout en Europe mais pas tout à fait en même temps. Elle se caractérise par l'utilisation de la croisée d'ogives qui permet d'alléger les voûtes et de pratiquer des ouvertures dans les murs pour laisser passer la lumière. Grâce à cette modification d'importance, par rapport à l'architecture romane, c'est l'ensemble des arts qui évolue. C'est l'époque des grandes cathédrales: Noyon (1150-1235), Paris (1163), Laon (1155-1225), Reims (1211-1260), Chartres (11941260), etc. En France, la peinture murale perd son importance au profit des vitraux. Le XIVè siècle est la grande époque de la sculpture gothique et de l'enluminure. La peinture se pratique maintenant sur panneaux et l'on considère en France, deux grands foyers picturaux, l'un dans le Duché de Bourgogne, l'autre à Avignon. Les artistes voyagent, on parle d'un " style gothique international ".
La Renaissance (entre le 15è et le 16è siècle)Europe
Cette période s'oppose à la conception médiévale de la réalité, avec une représentation plus naturaliste, faisant référence à la sculpture antique et romaine en particulier. Les artistes de la Renaissance sont surtout présents en Italie, principalement à Florence où règne la famille Médicis, à Rome sous la protection des papes, mais également en Espagne et dans les Flandres. Le " Quattrocento ", le XVe siècle en italien, est l'une des périodes les plus fécondes de l'histoire de l'art occidental. Trois découvertes ou inventions participent au renouveau de la représentation artistique :
- La perspective linéaire (construction de l'espace sur un support bidimensionnel grâce à un point de fuite), avec entre autres, Paolo Uccello (1397-1475), Piero della Francesca (1415/20-1492) et Masaccio (1401-1428).
- La peinture à l'huile qui se développe surtout dans les Flandres et que pratiquent les frères Van Eyck, Antonello de Messine (1430-1479) et Van Der Weyden (1400-1464)
-La gravure qui se développe vers 1450 avec Albrecht Dürer (1471-1528).En Italie
C'est le début de la construction par étapes successives, de la basilique Saint-Pierre de Rome, dirigée par Bramante (1444-1514) en 1506, Raphaël en 1514 puis par Michel-Ange en 1547. Elle se caractérise par son plan en croix grecque surmonté d'une coupole centrale, qui deviendra une croix latine avec l'avancée des travaux.Les " génies " italiens
Léonard de Vinci (1452-1519) est à la fois peintre, sculpteur, architecte, écrivain et inventeur. Il fait à chaque fois preuve d'une grande maîtrise technique. On lui doit, entre autres, la célèbre Joconde, au sourire énigmatique (Paris, Musée du Louvre). Né en Toscane, il meurt en France sur les bords de la Loire, au château de Cloux où l'avait invité le roi François 111.
Michel-Ange (1475-1564) se considère avant tout comme sculpteur (l'Esclave rebelle, Paris, Musée du Louvre) mais il excelle également dans l'art de la fresque. Il peint les fresques de la voûte de la chapelle Sixtine à Rome (1508-1512) et celle du mur du fond intitulée le jugement dernier (1536-1541).L'art du peintre Raphaël (1483-1520) se caractérise par la clarté de composition, le naturel des attitudes de ses personnages et la finesse d'exécution (Saint Georges et le dragon, Paris, Musée du Louvre). Il invente le style classique qui dominera la période suivante.
Pontormo (1494-1556), formé dans l'atelier de Léonard de Vinci, est protégé par la famille Médicis qui devient son mécène. Son oeuvre est chargée d'une tension très perceptible, autant par la densité des compositions que par l'attitude et l'expressivité des personnages. Il dynamise le développement de l'art italien (Déposition, fresque, 1525-28, Florence, Santa Felicita, Chapelle Capponi).En France
La Renaissance se manifeste par la construction de nombreux et splendides châteaux: Blois, Azay-leRideau, Chambord, etc. En peinture, on retiendra surtout l'École de Fontainebleau (1530-1610) créée sous l'impulsion de François Ier (1515-1547) où les artistes italiens Rosso Fiorentino (1495-1540) et Le Primatice (1504-1570) décorent le pavillon Pomone (1532-1535) du château de Fontainebleau. L'artiste flamand François Clouet (1520-1572) deviendra peintre de la cour (Le musée Condé à Chantilly possède 125 dessins) et le Français Jean Cousin (14901561) s'imposera par son style monumental et son raffinement décoratif.Le classicisme
Le classicisme apparaît dans le dernier quart du 16è siècle en Italie, dans les oeuvres d'Annibale Carrache (1560-1609) ou de Domenico Zampieri dit Le Dominiquin (1581-1662). Les artistes classiques étudient l'oeuvre de Raphaël, de Michel-Ange et du Titien (1490-1576). Ils dessinent d'après modèles vivants pour saisir la justesse de la position des corps et observent la nature à laquelle ils accordent une grande importance. A partir des paysages, ils réalisent des croquis sur le vif et les utilisent dans les peintures d'atelier. Les sujets mettent en valeur l'action humaine ou les sentiments les plus divers. Carrache est l'un des initiateurs du paysage historique mais l'on trouve aussi beaucoup de représentations religieuses ou mythologiques chez les artistes classiques. En France (voir 17è siècle), le classicisme va s'épanouir avec force sous le ministère de Richelieu (1624-1642).
XVII è siècleItalie
Au 17è siècle, ce pays est toujours considérée comme le centre privilégié de la création artistique. Le Caravage (1573-1610) est passé maître dans l'art du clair-obscur et de la lumière artificielle qui illumine ses oeuvres en les traversant comme pour mieux désigner le sujets Le fond reste sombre, faisant ainsi quasiment disparaître le décor. Il choisit des modèles populaires pour représenter des scènes religieuses. C'est en Italie que se développe alors le style baroque, en opposition avec le classicisme qui sera de rigueur en France.Le Baroque
Style né en Italie et qui s'étend à l'Europe et à l'Amérique Latine. Il couvre une période comprise entre le 17è et le 18è siècles et touche la peinture, la sculpture, l' architecture, la musique et la littérature. Dans le domaine des arts plastiques, le style baroque se manifeste par des effets de mouvements, des corps étrangement placés dans l'espace représenté, voire même légèrement déformés ou étirés. On voit apparaître des perspectives en trompe-l'oeil d'une grande complexité. Le but ultime est la recherche du spectaculaire, de l'éblouissement et du troublant. En peinture, on retiendra Pierre Paul Rubens (1577-1640) ou Andrea Pozzo (1642-1709), en architecture, Le Bernin (1598-1680) et Borromini (1599-1667). Le baroque s'oppose au classicisme par une conception plus libre de la représentation.Hollande et Flandres
Elles vont donner naissance à deux écoles remarquables. Dans un premier temps, elles sont confondues par leurs sujets, les scènes de genres, par la minutie de leur facture, les couleurs et la lumière, par l'enthousiasme de peintres attirés par les plaisirs de la vie. On retiendra Rembrandt (1606-1669), maître des contrastes et des clairs-obscurs, qui excelle dans les peintures religieuses (la Sainte Famille, Paris, Louvre) et dans ses nombreux autoportraits. Vermeer (1632-1675), influencé par la peinture d'histoire, se consacre aux scènes d'intérieur. Il se singularise par la précision de la représentation et pour son goût prononcé pour le rendu illusionniste des matières (étoffes, céramiques, verres, ).Espagne
Au 17è siècle les artistes sont guidés par des aspirations religieuses et spirituelles, et protégés, comme dans toute l'Europe de cette époque, par les rois ou par des mécènes (protecteurs des artistes, écrivains et savants). C'est le cas de Vélasquez (1599-1660), admirable coloriste et auteur d'une oeuvre d'une grande diversité : sujets religieux, mythologiques, historiques, portraits, etc.France
Durant la Ire moitié du 17è siècle, les peintres de L'Ecole française font l'admiration des cours et le classicisme venu d'Italie devient doctrine officielle à partir de 1660, sous l'impulsion des Académies royales, du peintre Charles Le Brun (1619-1690) et de Colbert (1619-1683). Le château de Versailles est construit et la décoration intérieure est confiée à Le Brun (1619-1690). A cette époque, tout artiste digne de ce nom se doit d'aller étudier plusieurs années à Rome. Les principaux représentants du classicismes sont :
Nicolas Poussin (1594-1665) vit à Rome dès 1624 et ne fait qu'un bref passage en France, à la demande de Louis XIII (1601-1643) et Richelieu (15851642). Attiré par l'Antiquité, il peint des sujets religieux ou historiques, et des paysages.
Claude Gellée dit Le Lorrain (1600-1682), vit à Rome où il se passionnera pour les édifices en ruines, pour la lumière des paysages, les reflets du soleil sur l'eau.
Georges de La Tour (1593-1652) est influencé par Le Caravage. Son oeuvre se distingue nettement du classicisme. Il est connu pour sa passion du clairobscur aux contrastes fortement marqués (Joueur de vielle, Nantes, Musée des Beaux-Arts). Ses oeuvres "diurnes", qui se déroulent la nuit, sont généralement des scènes de genre.XVIIIè siècle
Le 18è siècle est celui de toutes les réactions contre les traditions artistiques du 17è siècle.
France
La cour des rois trouve de nouvelles préoccupations dans les fastes d'une vie à la fois légère et joyeuse et les artistes s'en font l'écho.
Antoine Watteau (1684-1721) est le premier représentant des tendances nouvelles. Son oeuvre illustre bien les plaisirs de la société de l'époque de la Régence, après la mort de Louis XIV. Ses sujets sont séduisants. Ils mettent en scène des personnages aisés dans des contextes agréables tels que les fêtes (Réunion dans un parc, Paris, Louvre). Les sujets sont traités avec finesse, avec une grande douceur d'exécution. On retiendra aussi le nom de François Boucher (1703-1770) qui introduit dans son oeuvre une sensualité quelque fois provocante (I'Odalisque, Reims, Musée des Beaux-Arts) et Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) dont la touche brillante rivalise avec la délicatesse, le raffinement des couleurs (La chemise ôtée, Paris, Louvre). Il est passé maître dans l'art du lavis et de la sanguine. Quant à Jean-Baptiste Chardin (1699-1779), il est attiré par les personnages les plus communs (La Pourvoyeuse, 1739, Paris, Louvre) puis par les natures mortes.Le néoclassicisme
Jacques Louis David (1748-1825), impliqué dans la Révolution française (1 789-1799), rompt avec cette époque par ses compositions théâtrales, son goût pour l'antique (Le serment des Horaces, 1784-1785, Musée du Louvre, Paris) et les représentations historiques. Il est, l'un des plus importants représentants de ce que l'on appelle le néoclassicisme européen (1770-1830 environ). Le néoclassicisme est né de la redécouverte de l'histoire antique, après les fouilles archéologiques d'Herculanum (1 71 1) et de Pompéi (1748).Espagne
Francisco Goya (1 746-1828) est d'abord réputé parla spontanéité et le naturel de ses oeuvres. Ses personnages semblent pris sur le vif, dans des attitudes normales, telles qu'elles auraient pu l'être dans la réalité. Après avoir réalisé de nombreuses scènes de genre, il devient le peintre officiel de la famille régnante. Les événements tragiques qui opposent l'Espagne à la France donnent à Goya les moyens d'exprimer sa révolte par un style qui se dépouille peu à peu (Le trois mai, 1808, Musée du Prado, Madrid).Le romantisme
Vaste mouvement artistique européen, il s'oppose au néoclassicisme et refuse de rechercher le beau idéal dans l'Antiquité. Théodore Géricault (17911824), à qui l'on doit Le Radeau de la Méduse (Musée du Louvre, Paris) et Eugène Delacroix (1798-1867) sont, en France, les principaux représentants de ce courant. En Angleterre, William Turner (1 775-185 1) s'intéresse aux effets atmosphériques et aux jeux de lumière alors qu'en Allemagne Caspar David Friedrich (1774-1840) réalise des paysages où les rares personnages représentés semblent fascinés par ce qu'ils voient mais aussi perdus dans l'immensité de l'espace.L'orientalisme
Eugène Delacroix popularise l'Orient et les paysages du Maroc qu'il visite en 1832. De nombreux artistes l'imitèrent et cherchèrent l'inspiration dans les voyages, représentant des paysages ou des scènes de genres peu connues en Europe, car étrangères à notre culture. Dominique Ingres (1780-1867), dans la tradition classique, considère que le dessin est prirnordial en peinture et pratique une facture lisse qui ne laisse voir aucun coup de pinceau (La Grande Odalisque, 1814, Paris, Musée du Louvre). Il s'oppose aux romantiques, dont il est le contemporain, qui privilégient la couleur, appliquée en touches visibles.
Le réalisme
Gustave Courbet (1819-1877) est le chef de file de ce mouvement. Attiré par les paysages et la nature, il déclare peindre sans apporter de corrections ou de modifications aux sujets qu'il observe. Avec LEnterrement à Ornans (Musée d'Orsay, Paris), il donne à une scène populaire les grandes dimensions réservées traditionnellement à la peinture historique officielle.Ecoles ou courants importants : 1850-1945
L'art nouveau
Style et courant européen qui apparaît vers 1895 et s'impose surtout en architecture, mais aussi dans les arts appliqués. Les motifs et sujets sont souvent d'inspiration naturaliste, faune et flore. C'est l'apogée de la pâte de verre avec l'école de Nancy et en particulier Emile Gallé (1848-1904) et les frères Daum (Coll. du musée des Beaux-Arts de Nancy). Le métal est largement utilisé en architecture ou pour le mobilier urbain (Hector Guimard, 18671942). Les lignes sont harmonieuses et douces. Les couleurs sont proches de celles de la nature, avec principalement des tons d'automne, mais la palette des autres saisons est également bien représentée. On ne doit pas oublier Alphonse Mucha (18601939), qui concentre dans ses affiches tout ce que l'Art nouveau (mais aussi le symbolisme) apporte comme modifications et singularités dans la repré- sentation : faible modelé des corps, voire aplat des couleurs, compositions recherchées et asymétriques, dessins cernés, etc.Le Bauhaus
École d'art et d'architecture fondée en 1919 par Walter Gropius (1883-1969). Elle s'interroge sur la place de l'artisanat dans la production industrielle et des relations arts et arts appliqués. Des artistes tels que Wassily Kandinsky (1866-1944) ou Paul Klee (1879-1940) y furent professeurs.L'art déco
Style et courant européen qui apparaît en 1920, en particulier dans l'architecture, avec Émile-Jacques Ruhlmann (1879-1933), et dans les arts appliqués. On assiste à une épuration, une simplification, une géométrisation des formes. La symétrie est utilisée dans des compositions bien équilibrées. L'art déco n'est pas sans rapport avec le cubisme, le futurisme et le constructivisme. Dans la peinture, celle de Tamara de Lempicka (1898-1980) par exemple, les couleurs sont vives et contrastées, utilisées presque, en aplats. L'art du verre connaît un second souffle avec René Lalique (1860-1945). L'orfèvrerie, avec Charles Christohe (1805-1863), exploite toutes les nouvelles découvertes concernant les alliages et les patines.Peinture - Sculpture : 1850 - 1945.
L'école de Barbizon
Jean-François Millet (1814-1875) et Théodore Rousseau (1812-1867) sont les principaux représentants de cette école qui apparaît au milieu du xixe siècle. Elle doit son nom à un hameau de la région de Fontainebleau. Un goût puissant pour la nature pousse les peintres, comme l'avait fait d'abord Camille Corot (1796-1875), à quitter leurs ateliers pour travailler directement en plein air. Les sujets sont essentiellement des paysages.L'impressionnisme
Il doit son nom à l'oeuvre de Claude Monet (18401926) : Impression, soleil levant, 1872. Le nom n'est donné qu'en 1874, lors de l'exposition des impressionnistes chez le photographe Félix Nadar. La couleur et la lumière deviennent le sujet des toiles, même si, les impressionnistes, Camille Pissarro (1830-1903) en particulier, sont attirés par les paysages et la surabondance des couleurs de la nature et de la campagne. Ils font preuve d'un optimisme et d'une joie de vivre qui leur permettent d'oublier les sujets graves pour se concentrer sur une nouvelle manière de représenter. Les touches successives de couleurs sont apposées côte à côte pour composer le sujet lorsqu'on regarde la toile à une certaine distance. Cette technique est bien visible dans l'oeuvre de Claude Monet .Edouard Manet (1832-1883) fait scandale dans les milieux officiels avec Le déjeuner sur l'herbe (1863, Paris, Musée d'Orsay) dont le modelé et la perspective sont contestés (voir oeuvre page 33). Paul Cézanne (1839-1906), en marge de ce mouvement, travaille toute sa vie sur les mêmes thèmes (baigneuses, montagne Sainte - Victoire, )La peinture pompier
Appellation d'origine péjorative qui désigne la peinture officielle et académique, à un moment très particulier de l'histoire de l'art, qui débute entre 1860 et 1874. Ce style de peinture est opposé à la peinture dite d'avant-garde, d'abord impressionniste, qui bouscule les traditions de la représentation. Les sujets sont souvent des allégories ou des sujets religieux comme chez Alexandre Cabanel (1824-1889), avec parfois un souci d'illusionnisme très poussé, grâce à l'utilisation minutieuse des valeurs. Les volumes d'une grande précision aboutissent souvent au trompe-l'oeil, comme chez William Bouguereau (1825-1905). Les compositions sont d'une extrême complexité.Le japonisme
Courant et mode qui traverse l'Europe après l'ouverture du japon, en 1854. La découverte de la culture japonaise influença plusieurs mouvements, l'impressionnisme, les nabis, les fauves mais aussi l'Art nouveau et l'Art déco. Les artistes européens découvrent et collectionnent les objets japonais. Ils sont sensibles à leur indéniable intérêt esthétique. Ils découvrent aussi les estampes, celles d'Hiroshige (1797-1858) ou d'Hokusaï (1760-1849), et cette manière si particulière de représenter l'espace avec des couleurs cloisonnées, en aplat. Le japonisme se retrouve chez les plus grands artistes. Ils introduisent dans leurs oeuvres des objets typiques, pittoresques. On peut citer comme exemples Japonerie ou La Japonaise de Claude Monet (1876, Boston, Museum of Fine Arts) et Le Père Tatigliy de Vincent Van Gogh (1887, Paris, Musée Rodin). Plus tard, c'est surtout la composition de l'espace qui est empruntée aux artistes nippons. Ce type de compositions est visible par exemple dans La belle Angèle de Paul Gauguin (1889, Paris, Musée d'Orsay) ou chez les artistes de l'École de Pont-Aven.Un artiste inclassable
Le peintre néerlandais Vincent Van Gogh (18531890) concentre dans son oeuvre toutes sortes d'influences qui en font un artiste maleur, en marge de tous les mouvements qu'il côtoie. Influencé par Pissarro, Gauguin et l'art japonais, son travail se caractérise par l'utilisation de la peinture en une touche longue et large, fortement marquée. La couleur est exaltée et riche. Il résulte de ses toiles une expressivité liée autant aux sujets qu'à la manière de peindre, ce qui fait de lui l'un des précurseurs de l'expressionnisme. Son oeuvre est souvent autobiographique. Il peint les lieux qui lui sont familiers (L'église dAuvers-Sur-Oise, juin 1890, Musée du louvre, Paris ), les paysages de ses voyages, ses amis,
des autoportraits célèbres.Le symbolisme
Courant artistique qui se développe en Europe à partir de 1885 environ, en réaction à l'impressionnisme. Les symbolistes abordent des sujets inventés : les légendes, la mythologie, le rêve ou l'hallucination. Les proportions ne sont volontairement pas respectées comme chez Odilon Redon (1840-1916) pour, parfois, obtenir des compositions déséquilibrées. C'est le cas dans certaines oeuvres de Gustav Klimt (1862-1918). Dans des compositions souvent complexes, Gustave Moreau (1826-1898) donne libre cours à ses grandes qualités de coloriste (Salomé, Paris, Musée Gustave Moreau).Les nabis
Groupe d'artistes français qui, vers 1890, réagit contre l'impressionnisme. Le nom de " nabis " signifie " prophète " en hébreu. Ils sont influencés par les estampes japonaises, l'art primitif et l'art populaire. Pierre Bonnard (1867-1947) et Édouard Vuillard (18681940) sont les principaux représentants de ce groupe.
L'expressionnisme
Mouvement européen de la fin du xixe siècle qui privilégie l'expression d'une émotion ou d'une angoisse. Les compositions sont simplifiées, les couleurs très vives, la trace du geste du peintre très présente. Tout concourt à provoquer chez l'observateur un certain malaise, parfois renforcé par des sujets inquiétants, comme Le Cri (1893, Oslo, Nasjonalgallery), toile du peintre norvégien Edvard Munch (1863-1944). Ce mouvement pessimiste se préoccupe sans grand espoir de la condition humaine. Vers 1905 se forme en Allemagne le groupe expressionniste Die Brücke (le pont) avec Ernest Ludwig Kirchner (1880-1938) et Emil Nolde (1867-1956). Ils dénoncent la corruption, peignent la nature. En 1911 se forme le Blaue Reiter (le Cavalier bleu), avec Wassily Kandinsky (1866-1944) et August Macke (1887-1914). La couleur fortement contrastée et la représentation sommaire dans le traitement des sujets les rapprochent de l'abstraction.Le fauvisme
Mouvement né au Salon d'automne de Paris, en 1905, avec le scandale que provoquent certaines oeuvres. Les couleurs sont très vives, voire pures et utilisées en larges touches proches de 1'aplat. Les valeurs sont utilisées pour exalter la lumière et les contrastes comme dans l'oeuvre de Maurice de Vlaminck (1876-1958) intitulée Arbres rouges (1906, Paris, MNAM), ou celle de Raoul Dufy (1877-1953) intitulée Marseille (1926, Bruxelles, Musée des Beaux-Arts). Henri Matisse (1869-1954) simplifie le modelé et les formes (Intérieure aux aubergines, Musée de Grenoble), utilise la ligne droite et les courbes.Le cubisme
Mouvement né avec l'oeuvre de Pablo Picasso (18811973), Les demoiselles dAvignon (New York, MOMA) en 1907. Influencé par les peintures de Cézanne et l'art africain, le cubisme va géométriser et cerner les formes d'un sujet observé de plusieurs points de vue en même temps. En 1911, Georges Braque (18821963) va introduire dans ses toiles des lettres peintes au pochoir. En 1912, ce seront les premiers papiers collés qui apparaissent dans les oeuvres des deux artistes et six mois plus tard, Picasso réalise un premier collage en insérant, dans une de ses oeuvres, un morceau de toile cirée figurant un cannage (Nature morte à la chaise cannée, 1912, Musée Picasso, Paris). L'euvre de Picasso traverse plusieurs périodes, le cubisme est l'une d'elles. On retiendra également de lui toutes sortes de sculptures inventives, nées d'assemblages judicieux (La chèvre, 1950). En marge du mouvement, le sculpteur Alexander Archipenko (1887-1964) oppose les droites et les courbes, les vides et les pleins, les surfaces concaves et convexes. Il obtient ainsi des sculptures jouant sur les rythmes formels et les volumes.L'art abstrait
C'est un courant majeur qui apparaît au début du 20è siècle. Les artistes de ce courant ne cherchent plus à représenter ou copier une réalité. A force de simplifier ou de refuser l'image figurative, ils en arrivent à ne plus travailler qu'avec des formes géométriques simples. La force de leurs oeuvres réside dans les couleurs autant que dans les compositions. Wassily Kandinsky est l'un des premiers artistes de ce courant (Tache rouge, 1914, Paris, MNAM). Dans les années trente, l'art abstrait est un courant international.Le futurisme
Mouvement d'origine italienne qui apparaît vers 1909. Les futuristes, dont on retiendra Giacomo Balla (1871-1958), s'inspirent du modernisme des villes, de l'industrie et de la vitesse, en décomposant les mouvements (Dynamisme d'un chien en laisse, 1912, Albright-Knox Art Gallery).Le suprématisme
Mouvement artistique russe qui apparaît en 1913 sous l'impulsion de Kasimir Malevitch (1878-1935). Il reste le principal représentant du mouvement. Les formes géométriques simples deviennent sujets des oeuvres (Carré blanc sur fond blanc, 1918, New York, MOMA).Dada
Mouvement qui apparaît à Zurich et à New York en 1915. Il est certainement le mouvement le plus complexe et le plus intellectuel du 20è siècle. Le mouvement Dada se révolte contre la bourgeoisie. Il se caractérise par la désacralisation des formes et du sens (c'est à dire par un comportement de l'artiste qui laisse penser que l'oeuvre n'a plus de caractère sacré), par l'utilisation d'objets récupérés, détournés, Readymade de Marcel Duchamp (1887-1968), Roue de bicyclette (1913, Paris, MNAM). Hans Arp (1886-1966) innove quant à lui en réalisant des sculptures faites par assemblage de formes découpées dans des planches de bois, puis peintes. Kurt Schwitters (18871948) abandonne la peinture traditionnelle pour mélanger peinture, objets de récupération et détritus divers. il utilise ces derniers pour leur valeur plastique, leur forme, couleur, matière et aspect esthétique.Le constructivisme
Mouvement artistique russe des années vingt qui rejette l'émotion pour se consacrer à la ligne dans l'oeuvre. Les frères Anton Pevsner (1886-1962) et Naum Gabo (1890-1977), à qui l'on doit Structure linéaire n' 2 (1949-1953, Musée de Grenoble), réalisent des sculptures suivant ce principe, en utilisant des matériaux nouveaux, translucides et transparents, qui jouent avec la lumière.Le surréalisme
Mouvement artistique et littéraire qui naît en France avant de s'étendre à l'Europe. Il est, à l'origine, proche du dadaïsme. L'orientation esthétique est théorisée en 1924 par l'écrivain André Breton ( 1 8961966) dans le premier Manifeste du Surréalisme. Les surréalistes sont influencés par la psychanalyse et l'univers du rêve. Les sujets picturaux se caractérisent par d'étranges associations d'éléments qui donnent à voir ce que seule l'imagination peut créer, des mondes extraordinaires ou des réalités impossibles. On les retrouve dans l'oeuvre de Max Ernst (18911976), Loplop présente une jeune fille (1930, Paris, MNAM) ou dans celle de Salvador Dali (19041989), Hallucination partielle. Six apparitions de Lénine sur un piano (1931, Paris, MNAM). Un peu en marge du mouvement, Alberto Giacometti (1901-1966) crée des figures minces et allongées,aux pieds disproportionnés (voir oeuvre page 17). Il est très sensible aux relations de ses oeuvres (sculptures en particulier) avec l'espace qui les entoure
Peinture - sculpture - installation
et autres modes d'expression plastique : 1945-L'Art brut
Terme qui apparaît en 1945. Il désigne, selon le peintre français Jean Dubuffet (1901-1985), les oeuvres spontanées, immédiates, "brutes ", fortement influencées par l'art primitif, les dessins d'enfants, ou ceux d'aliénés mentaux, qu'il appelle " des singuliers de l'art ".École de Paris
Appellation qui désigne les artistes non-figuratifs (abstraits) qui travaillent à Paris entre 1945 et 1960. Pierre Soulages (né en 1919) se consacre exclusivement à la peinture comme matière et à la lumière, même si paradoxalement il utilise souvent le noir. jean Degottex (1918-1988), Maria Elena Vieira da Silva (1908-1992), Jean Fautrier (18981964), Nicolas de Staël (1914-1955) ou encore Hans Hartung (1904-1989) sont les représentants de UÉcole de Paris.Abstraction lyrique
Née en France en 1947, sous 1"mpulsion d'artistes tel que Georges Mathieu (né en 1921), l'abstraction lyrique ressemble à une sorte d'écriture plastique, de calligraphie (Royaume blanc, 1949, New York, MOMA) comme le dit en substance André Malraux. Le poète belge Henri Michaux (18991986) poussera très loin les recherches sur les signes. Son travail est une sorte de poésie visuelle d'une grande sensibilité.Art informel
On regroupe sous cette appellation un certain nombre d'artistes déjà cités, en particulier ceux de l'École de Paris et de l'abstraction lyrique, mais également d'autres artistes préoccupés par la matière picturale. On peut citer l'espagnol Antoni Tàpies (né en 1923) qui utilise des peintures additionnées de poudres diverses (sable, pigments purs, poudre de marbre, etc.) ou encore l'américain Sam Francis (né en 1923) qui est le principal représentant du Tachisme et appartient aussi à l'expressionnisme abstrait.Cobra
Mouvement fondé en 1948. Le nom vient de l'utilisation des premières lettres de trois villes : COpenhague, BRuxelles et Amsterdam. Ce mouvement est influencé par expressionnisme, l'abstraction (expressionnisme abstrait) et la figuration primitive, qui désigne les formes les plus anciennes de la figuration. Les couleurs sont vives et la peinture utilisée en épaisseur, Fleuve et Oiseau (1953, Paris, MNAM) du peintre hollandais Karel Appel (né en 1921), les supports inattendus (factures ou pages de livres) dans l'oeuvre de Pierre Alechinsky (né en 1927). Le mouvement prend fin en 1951 et les artistes le composant poursuivent leur travail dans des voies plus personnelles.Pop art
Abréviation du terme anglais Popular art. Ce mouvement est né en Angleterre au début des années 50 et trouve un large écho aux États-Unis, quelques années plus tard. Richard Hamilton (né en 1922) est le précurseur le plus important du Pop art. Il se singularise par l'utilisation d'images photographiques et d'un instrument alors nouveau, l'aérographe. Avec ce mouvement, c'est le retour à la figuration, celle propre à la publicité, aux affiches, aux bandes dessitiées et aux représentations populaires. Les reproductions mécaniques et le multiple sont très employés, comme chez Andy Warhol (1931-1987), ou imités comme chez Roy
Lichtenstein 1923-1997Art cinétique
Courant artistique international qui apparaît à la fin des années cinquante. Les artistes poursuivent les recherches que le futurisme avait entreprises sur le mouvement, en explorant de nouvelles pistes: Les effets d'optique, les mouvements mécaniques divers intégrés dans l'oeuvre ainsi que les installations lumineuses. On retiendra les noms des peintres Victor Vasarely (né en 1908) et François Morellet (né en 1926).
Minimalisme
Mouvement qui apparaît à la fin des années 50. Les formes représentées sont simplifiées à l'extrême, aussi bien en peinture qu'en sculpture. Les artistes semblent s'impliquer le moins possible dans leurs oeuvres et prennent de la distance par rapport à leurs créations. On retiendra le nom du peintre américain Frank Stella (né en 1936) qui travaille sur des châssis en formes de U, de H, d'hexagone...Arte povera
(Art pauvre) Mouvement artistique qui apparaît au milieu des années soixante en Italie et aux ÉtatsUnis et se caractérise par l'utilisation de matériaux de récupération et d'éléments divers (fruits, bois, pierre etc.). Son principal représentant est Mario Merz (né en 1925).Expressionnisme abstrait
Mouvement pictural américain qui apparaît dans les années 40 avec des artistes comme Mark Rothko (1903-1970) ou Jackson Pollock. (1912-1956). Les oeuvres se caractérisent par l'importance des gestes de l'artiste et des traces d'instruments. L'Expressionnisme abstrait regroupe plusieurs tendances. L'Action Painting aborde la figuration, même si elle reste à la limite du lisible, toujours proche de l'abstraction. Willem de Kooning (né en 1904) est l'un des principaux représentants de cette tendance. Plus tardif, le Color-Field des années 60 impose la couleur au geste et Sam Francis réalise de manière automatique des abstractions gestuelles pures.Les " Combine-painting "
Ce terme désigne un résultat artistique dont la démarche consiste à incorporer des objets de différentes natures à la peinture. Les premières réalisations de ce genre apparaissent au milieu des années 50 pour s'opposer à l'Expressionnisme abstrait. Elles sont dues à l'américain Robert Rauschenberg (né en 1925), par ailleurs associé au Pop Art.Nouveau réalisme
Ce mouvement s'étend de 1960 à 1970. Il pose la question du statut de l'objet dans l'oeuvre d'art comme dans notre propre société. Les objets sont à la fois sujets et composants des oeuvres. Regroupés sous forme d'accumulations par Fernandez Arman (né en 1928) ou de compressions par César (1921-1998), assemblés et mis en scène de manières inhabituelles par Daniel Spoerri (né en 1930), ds obligent le public à poser un regard nouveau sur la production de masse (oeuvres de ces artistes visibles à Paris, MNAM). Certaines oeuvres sont interactives, c'est le cas de la fontaine de la place Stravinsky en 1983 à Paris, réalisée par le sculpteur Jean Tinguely (1925-1991).Art conceptuel
Le mouvement apparaît en 1967. Les artistes s'intéressent avant tout à l'idée, à la démarche artistique, au concept, quitte à ne plus produire d'oeuvre d'art. Yves Klein (1928-1962), quelques années plus tôt, avait réalisé une exposition du vide. Aux États-Unis, Sol LeWitt (né en 1928) réalise des sculptures à partir de modules géométriques cubiques et On Kawara (né en 1933) utilise les signes et le langage. En France, Daniel Buren (né en 1938) installe de grandes surfaces de toile rayée de bandes verticales blanches et colorées. On retrouve ces bandes sur d'autres supports.Supports-surfaces
Groupe d'artistes qui se réunissent à la fin des années 60 et travaillent sur les relations de la matière peinture avec le support et la surface. Certains utilisent des pochoirs ou des tampons. On retiendra les noms de Louis Cane (né en 1943) et Claude Viallat (né en 1936).Fluxus
Courant né en 1961 et très actif à partir de l'année suivante. Reprenant le principe dadaïste qui affirme que " tout est art ", Ben (Benjamin Vautier, né en 1935) signe tout et sur tous les supports (voir couverture du manuel). Sa signature devient aussi importante que le travail plastique et elle en fait partie intégrante. Des artistes très importants participent aux activités de Fluxus. On peut citer Nam June Paik, Robert Filliou (1926-1987), l'artiste allemand joseph Beuys (1921-1986) ou encore Wolf Vostell (né en 1932).Art Vidéo
La première installation vidéo de Nam June Paik (né en 1932) date de 1963. Les moniteurs vidéos, intégrés dans des sculptures ou des installations, diffusent des images faisant partie intégrante de l'oeuvre. Nam June Paik déclare alors " De même que la technique du collage a remplacé la peinture à l'huile, le tube cathodique remplacera la toile ". Dans les années 80, des artistes américains comme Gary Hill (né en 1951) ou Bill Viola (né en 1951) créent des oeuvres interactives oti pénétrables. Le public devient acteur. Les images dE synthèse ne sont pas rares et les installations sont souvent novatrices, techniquement ou esthétiquement.
Land art
Le paysage devient le support de l'expression artistique et l'artiste y intervient de manière à donner à ce paysage une dimension et un intérêt nouveau. L'art quitte l'univers des galeries et des musées. En mai 1983, l'artiste bulgare Christo (né en 1935), appartenant également au nouveau réalisme, installe 550 000 mètres carrés de tissu rose qui flotteront autour de onze petites îles de la baie de Biscayne, en Floride, aux Etats-Unis. Richard Long (né en 1945) et Jan Dibbets (né en 1941) sont très représentatifs de ce courant (voir oeuvre page 73). Pour conserver la trace de ces oeuvres souvent éphémères, les artistes emploient la photographie.Nouvelle figuration
Mouvement qui apparaît au milieu des années 60. Il subit l'influence du peintre Francis Bacon (1909-1992) et s'inspire de diverses techniques figuratives, bandes dessinées ou publicité, et aborde des sujets nouveaux, d'actualité, comme la politique ou les conflits militaires. Les toiles, souvent de format important, se caractérisent par une grande maîtrise technique ou le geste du peintre est invisible. Les principaux représentants sont Valerio Adami (né en 1935), Eduardo Arroyo (né en 1937), Jacques Monory (né en 1934) et Erro (né en 1932).Figuration libre
Mouvement né en 1982 sous l'impulsion de peintres français, Robert Combas (né en 1957), et de peintres américains, Keith Haring (1958-1990). Les uvres sont rapidement exécutées avec une liberté de représentation qui s'inspire des graffitis, des bandes dessinées appelées comics, jouant sur les disproportions et les rapports de couleurs vives. Des textes sont quelquefois intégrés dans la peinture.Hyperréalisme
Courant américain des années 1980 où les artistes cherchent les effets de ressemblance photographique. Les compositions sont extrêmement sophistiquées et la réflexion sur l'espace est très poussée. Richard Estes (né en 1936).
Néo-expressionnismeIl apparaît au début des années mille neuf cent quatre-vingt en_ Europe et à la fin de cette même décennie aux Etats-Unis. Georg Baselitz (né en 1938) est l'un des premiers représentants européens. L'Américain Julian Schnabel (né en 1951) va jusqu'à peindre sur des morceaux d'assiettes ou sur des tessons de verre, ce qui confère à ses oeuvres une agressivité soutenue .
Bad Painting
Appellation Bad Painting ou "mauvaise peinture" fait son apparition en 1978 comme titre d'une exposition de Neil Jenney (né en 1945), à New York. Critiquant autant le " bon goût " que l'intellectualisme de l'art conceptuel, les artistes du mouvement donnent l'impression de bâcler leurs représentations graphiques. Jean-Michel Basquiat (1960-1988) utilise des graffitis disproportionnés, maladroits, chargés d'une violence gestuelle.
ART CONTEMPORAIN
AAA ou AMERICAN ABSTRACT ARTISTS
Cette association regroupe des artistes américains qui travaillent principalement à New York et qui commencent à exposer régulièrement ensemble des peintures abstraites à partir de 1936. Les W sont notamment influencés par le peintre allemand Hans Hofmann qui émigre à New York, où il commence à enseigner la peinture en 1932. Il affirme que " la qualité de l'uvre naît de la transposition de la réalité dans le purement spirituel ". Lee Krasner et Ad Reinhardt, qui compteront parmi les premiers expressionnistes abstraits sont membres des AAA à la fin des années trente.Les artistes : Kfasner (p 146) , Reinhardt ( p 231)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.ABSTRACTION LYRIQUE, ART INFORMEL, TACHISME
Après la Seconde Guerre mondiale, il apparaît à de nombreux artistes européens qu'il n'est plus possible de représenter la réalité de manière explicite. ils traduisent leurs sentiments et impressions, leur expressivité dans une peinture abstraite. Leurs toiles sont souvent réalisées dans l'instant, suivant des techniques gestuelles diverses. Plusieurs appellations qui interfèrent entre elles ont été données à la pratique et au regroupement de ces artistes.
Le terme Abstraction lyrique est employé pour la première fois par Jean-José Marchand et Georges Mathieu pour définir l'uvre de jean-Michel Atlan, Camille Bryen, Hans Hartung, Georges Mathieu, Jean-Paul Riopelle, Wols lors de l'exposition " l'imaginaire " qu'ils organisent en 1947 à la galerie du Luxembourg l'informel " et réunit sous le vocable Art Informel les uvres de jean Dubuffet, jean Fautrier, Georges Mathieu, Henri Michaux, Jean-Paul Riopelle. Il ajoutera ensuite à cette liste des peintres comme Jean-Michel Atlan, Camille de Bryen, jean Degottex, André Lanskoy, Pierre Soulages, Wols.
Le critique Charles Estienne parle en 1954 de Tachisme pour définir le travail de Hans Hartung, Jean-Paul Riopelle et Pierre Soulages, où il voit des " taches " de peinture. Emil Schumacher en Allemagne, Alberto Burri et Emilio Vedova en Italie sont les autres principaux représentants européens de ce courant. Son pendant américain est l'Expressionnisme abstrait.
Les artistes :
Atlan (p 21), Bryen (p 43), Burri (p 46), Degottex (p 73), Fautrier (p 90), Hartung (p 116), Lanskoy (p 150), Mathieu (p 168), Messagier (p 172), Michaux (p 173), Millares (p 174), Riopelle (p 216), Schumacher (p 232), Soulages (p 241), Vedova (p 260), Wols (p 270)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.
ACTION PAINTINGTantôt qualifié de mouvement, tantôt de technique, ce terme est utilisé en 1952 par le critique américain Harold Rosenberg pour définir le travail de certains expressionnistes abstraits. Dans cette " peinture d'action ", la toile devient , une arène où agir " ; les artistes réalisent des uvres abstraites " en gesticulant avec des matériaux " et " seule importe la révélation contenue dans l'acte ". Le principal représentant de cette tendance est Jackson Pollock.
Pollock (p 204)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.ACTIONNISME VIENNOIS
À Vienne, en 1957, Hermann Nitsch conçoit le Théâtre des mystères et des orgies pour développer un art total dans lequel il puisse exprimer la tragédie et les grands mythes populaires et religieux. En 1962 il fonde l'Actionnisme viennois avec Otto Muehl (1-Action, proposée en commun le 19 décembre 19 2). Ils sont rejoints en 1964 par Günter Brus et Rudolf Schwarzkoffler. Ces artistes réalisent des actions théâtrales et expressionnistes. ils mettent en scène des simulacres de violence le plus souvent sur leur propre corps, Les actionnistes viennois sont considérés comme les précurseurs de l'Art corporel.
Les artistes :
Brus (42), Muehl (180), Nitsch (186), Schwarzkogler (233)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.ART BRUT
Pour Jean Dubuffet, l'Art brut réunit " des productions de toute espèce et fortement inventif, aussi peu que possible débitrices de l'art coutumier ou des poncifs culturels, et ayant pour auteurs des personnes obscures, étrangères aux milieux artistiques professionnels ". Il fonde en juin 1948 l'association Compagnie de l'Art brut à laquelle adhèrent des critiques et écrivains comme André Breton, jean Paulhan, Michel Tapié. il entend ainsi mettre en valeur l'importante collection qu'il a rassemblée d'uvres réalisées par des autodidactes, des malades mentaux, " des singuliers de l'art ". Depuis 1976, la collection de Jean Dubuffet est conservée à Lausanne au musée de l'Art brut.
Les artistes : Chaissac (p55), Dubuffet (p84)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.
AM CINÉTIQUE et OP ARTLe Cinétisme (du grec kinesis," mouvement ") est un courant artistique qui se traduit par une recherche et un travail sur le mouvement et " l'ambivalence de la perception ". Y participent dans un premier temps des artistes qui travaillent en France comme Victor Vasarely (qui théorise l'idée en 195 5 dans le Manifeste , jaune), comme Julio Le Parc (fondateur du GRAV, Groupe de recherche d'art visuel, i 96o- i 968) ou encore comme Nicolas Schöffer (qui se bat pour un Art cybernétique). Ce mouvement s'étend aux États-Unis (Larry Poons) et en Europe à partir de 1965 et de l'exposition " The Responsive Eye ", organisée par William Seitz au MOMA à New York, et se développe sous d'autres formes sous le nom d'Op Art (Optical Art).
Les artistes :
Agam (p 12), Bury (p 46), Cruz-Diez (p 65), Le Parc (p 153), Morellet (p 176), Schöffer (p 231), Vasarely (p 260)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.ART CONCEPTUEL
Ce mouvement apparaît en 1967 à New York. il est défini par Sol LeWitt dans deux essais, Paragraphes sur l'Art conceptuel (1967) et Sentences sur l'Art conceptuel (1969). Il y affirme : " Dans l'Art conceptuel, c'est l'idée ou le concept qui est l'aspect le plus important de l'uvre ( ), le projet et tous les choix sont pensés à l'avance et la réalisation n'est plus qu'une formalité. Sur les traces de Marcel Duchamp et de ses ready-made, les acteurs de l'Art conceptuel délaissent a priori la production d'un objet d'art pour s'intéresser au pourquoi de l'art. ils proposent un questionnement sur le langage, sur la signification de l'acte artistique. Leur travail se présente le plus souvent sous forme de textes, de citations, de revues, de livres.
Les principaux représentants de cette tendance sont Robert Barry, Mel Bochner, On Kawara, Joseph Kosuth, Sol LeWitt, Lawrence Weiner pour les États-Unis ; le groupe Art & Language pour la Grande-Bretagne,. BMPT et Bernar Venet pour la France; Hanne Darboven pour l'Allemagne.Les artistes :
Art & Language (p19), Bariy (p28), Bochner (p35), Buren (p45), Burgin (p45), Darboven (p68), Carcia Sevifla (p100), Kabakov (p131), IÇawara (p134), Kosuth (p145), LeWitt (p156), Mosset (p179), Toroni (p254), Venet (p262), Weiner (p269).
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.
ART CORPORELEn 1968, Michel Journiac fonde l'Art corporel. Le critique et théoricien du mouvement, François Pluchart, le définit comme " une multitude de pratiques utilisant le corps comme matériel et souvent la photographie comme média ". Les artistes (Michel Journiac et Gina Pane en France, Urs Lüthi en Suisse) expriment au moyen d'actions " le corps tel que la société le vit, l'occulte, l'opprime ou le rejette. Le sexe, le plaisir, la jouissance, la souffrance, la mort, le travestissement, les déterminismes collectifs et toutes les notions qui permettent de cerner la question centrale du corps socialisé y prennent un relief particulier. A partir de 1971, la revue Artitudes, dirigée par François Pluchart, devient la tribune de ces artistes.
Aux États-Unis, où les mêmes pratiques portent le nom de Body Art, ses principaux représentants sont Vito Acconci, Chris Burden et Dennis Oppenheim.Les artistes :
Acconci (p11), Burden (p44), joumiac (p129), Lüthi (p162), Oppenheim (p190), Pane (p195), Rainer (p207).
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.ART INFORMEL : voir ABSTRACTION LYRIQUE
ART MINIMAL
De 1953 à i967, Ad Reinhardt peint des monochromes noirs dont il dit " c'est cela et rien d'autre ".
En 1960, Frank Stella expose des Peintures noires où " ce que l'on voit est Ce que l'on voit ". Ces uvres servent de fondation à un art qualifié de " minimal ", qui se développe aux États-Unis à partir de 1963 en opposition à l'Expressionnisme abstrait. Ce terme est employé en 1965 par les critiques Barbara Rose et Richard Wolheim pour définir une forme d'abstraction pratiquée par des artistes comme Carl André, Dan Flavin, Donald judd, Robert Morris (pour la sculpture) ou Robert Mangold, Robert Ryman (pour la peinture). Tous refusent la figuration, produisent des formes géométriques, inexpressives, épurées (dites " structures primaires "), articulées entre elles de manière sérielle. Leurs uvres sont généralement monochromes, ils utilisent des produits manufacturés (néons, briques, éléments métalliques ... ) .Les artistes :
André (p14), Baldessmi (p25), Charlton (p56), Flavin (p94),Judd (p129), Mangold (p165), Mardefi (p167), Morris (p178), Noland K (p188), Ryinan (p223), SteBa (p244)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.
ART VIDÉOEn 1963, Nam june Paik installe la première uvre vidéo, Treize Téléviseurs préparés, à la galerie Parnass de Wuppertal en Allemagne (" Exposition of Music-Electronic Television "). IJ déclare : " De même que la technique du collage a remplacé la peinture à l'huile, le tube cathodique remplacera la toile. " En 1965, il utilise la première caméra portable, le Portapak, créée par Sony, pour réaliser Global, une vidéo sur la visite du pape Paul VI à New York. À sa suite, dans les années soixante, d'autres artistes commencent à utiliser la vidéo (caméra, magnétoscope, moniteur télé ou autre) comme matériau de production artistique. Dans les années soixante et soixante-dix, la vidéo est employée essentiellement pour garder la trace d'actions (Art corporel) ou de happenings (Fluxus) par des artistes comme Dan Graham, Michel Journiac ou Bruce Nauman. Dans les années quatre-vingt, les vidéastes (Gary Hill et Bill Viola aux États-Unis ; Fischli & Weiss, Philippe Parreno en Europe) utilisent des images de synthèse, créent des installations, multiplient images et écrans dans une production expérimentale et autonome.
Les artistes :
Coleman (p 60), Fischli & Weiss (p 93), Graham (p 108), Hill (p 119), Leccia (p 154), Nauman (p 184), Paik (p 193), Parreno (p 197), Viola (p 265)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.ARTE POVERA
Cette appellation naît à Gênes en 1967 avec l'exposition " Arte Povera in spazio ", organisée à la galerie La Bertesca par le critique Germano Celant. L'Arte Povera réunit très vite un groupe d'une dizaine d'artistes italiens que Germano Celant décrit comme concernés " par la volonté de construire une activité processuelle, fondée sur des pratiques confondues avec les exigences d'une réalité vécue, impliquée à la fois dans un contexte politique et idéologique " (Mai 1968). Ces artistes s'expriment essentiellement en réalisant des installations pour lesquelles ils utilisent des matériaux organiques et simples (terre, pierres, végétaux, etc.), des sources d'énergie (eau, feu, etc.). Ils veulent élever les choses les plus banales, les plus insignifiantes au rang de l'art.
Les artistes :
Anselmo (p 15), Boetti (p 36), Calzolari (p 50), Fabro (p 89), Kounelis (p 145), Merz (p 170), Paoloni (p 196), Penone (p 198), Pistoletto (p 201), Zorio (p 272)Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.
BAD PAINTINGlittéralement, " mauvaise peinture ". Le terme désigne un style de peinture qui apparaît aux États-Unis à partir de 1978 et qui se développe au début des années quatre-vingt. Les artistes de la Bad Painting réagissent contre le "Politically correct " du Minimalisme et du Conceptualisme, contre l'idée d'une mort annoncée de la peinture. Ils pratiquent une peinture figurative, volontiers baroque, effectuent des surcharges de couleur, ne respectent aucune des règles classiques de la composition, utilisent des matériaux divers collés sur toile ou sur bois (Peintures de vaisselle de Julian Schnabel). Robert Longo, Malcolm Morley, David Salle, julian Schnabel sont les principaux représentants américains de cette tendance. Les Nouveaux Fauves et la Trans-avant-garde, en Europe, affirment au même moment un renouveau de la peinture.
Les artistes :
Longo (159), Morley (177), Salle (224), Schnabel (230)Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.
BMPTLe groupe BMPT est formé (en décembre 1966) des initiales du nom de quatre artistes : Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier, Niele Toroni. UI réalisent ensemble à Paris, de janvier à décembre 1967, quatre expositions qui portent le nom de " Manifestation 1 ", " 2 ", " 3 " et " 4 ". Ces peintres revendiquent un principe de neutralité, de répétition du motif choisi (bandes, cercles, empreintes de pinceaux), de refus du sujet et de la figure. Ils veulent remettre radicalement en question les notions traditionnelles de peinture et d'artiste, de sensibilité et d'expressivité : pour BMPT, " l'art est illusion ". Le 6 décembre 1967, Michel Parmentier déclare: " Le groupe Buren-Mosset-Parmentier-Toroni n'existe plus. " Les artistes du groupe s'exprimeront désormais de manière individuelle.
Les artistes :
Buren (45), Mosset (179), Toroni (254)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.
BODY ART : voir ART CORPOREL
COBRALe mouvement Cobra est fondé à Paris le 8 novembre 1948. Son nom est inventé par Christian Dotremont. Il prend les premières lettres des capitales du nord de l'Europe dont sont originaires les artistes fondateurs : COpenhague (Christian Dotremont, Asger Jorn), BRuxefles Joseph Noiret), Amsterdam (Karel Appel, Corneille, Constant). Un manifeste, La cause était entendue, est signé de Christian Dotremont, d'Asger Jorn, de Corneille, de Constant, de Karel Appel, de Noiret. jean-Michel Atlan les rejoint en décembre 1948 et Pierre Alechinsky en 1949. Ce mouvement a pour particularités d'être formé de poètes et de peintres qui revendiquent nomadisme, internationalisme, recherche d'un fonds " primitif ", traditions populaires et ethnologie, expérimentation, spontanéité, intensité des images. L'arrêt de Cobra, qui a connu un succès international pendant trois ans, est proclamé fin 1951 dans le dernier numéro de la revue Cobra, publié à l'occasion de l'ultime exposition du groupe à la II Exposition internationale d'art expérimental (liège, du 6 octobre au 6 novembre 1951). Asger Jorn et Christian Dotremont, les deux théoriciens du groupe, gravement malades de la tuberculose, ne peuvent plus l'animer.
Les artistes :
Alechinsky (p 13), Appel (p 15), Atlan (21), Bury (46), Constant (p 62), Corneille (p 62), Dotremont (p 83), Jorn (p 128)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.
ÉCOLE DE LONDRESCe nom est donné par le peintre R. B. Kitaj au début des années soixante pour désigner six artistes qui travaillent à Londres et qui revendiquent tous la pratique d'une peinture figurative : Michael Andrews, Frank Auerbach, Francis Bacon, Lucian Freud, R. B. Kitaj, Leon Kossoff.
Les artistes :
Andrews (14), Auerbach (21), Bacon (23), Freud (97), Yitaj (138), Kossof (144)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.
ÉCOLE DE PARISCette expression désigne des artistes qui travaillent à Paris entre 1945 et 1960 et qui ont en commun la pratique d'une peinture qualifiée par jean Bazaine de " non figurative ". Elle regroupe des artistes aussi divers que jean-Michel Atlan, jean Bazaine, Camille Bryen, Jean Degottex, Jean Dubuffet, Jean Fautrier, Hans Hartung, André Lanskoy, Alfred Manessier, Georges Mathieu, Serge Poliakoff, Jean-Paul Riopelle, Pierre Soulages, Maria Elena Vieira da Silva, Nicolas de Staël, Pierre Tal-Coat, Wols, etc.
Les artistes :
Adan (p 21), Bazaine (p 30), Bryen (p 43), Debré (p 73), Degottex (p 73), Dubuffet (p 84), Fautrier (p 90), Hartung (p 116), Imaï (p 123), Lanskoy (p 150), Manessier (p 164), Mathieu (p 168), Messagier (p 172), Poliakoff (p 202), Piopefle (p 216), Soulages (p 241), Viera da Sdva (p 263), de Staël (p 243), Tal Coat (p 248), Wols (p 270)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.
EXPRESSIONNISME ABSTRAITCe mouvement, dit également Ecole de New York, apparaît dans cette ville dans les années quarante sous les influences combinées du Cubisme, du Moralisme et du Surréalisme. De 1942 à 1947, les premiers abstraits, Arshile Gorky, Robert Motherwell, Jackson Pollock, Mark Rothko exposent à la galerie de Peggy Guggenheim, Art of ibis Century. Ils sont ensuite rejoints par Wilhem De Kooning, Helen Frankenthaler, Adolph Gottlieb, Phifip Guston, Franz Kline, Joan Mitchell, Barnett Newman, Ad Reinhardt, etc. Le mouvement réunit ces artistes d'une même génération qui pratiquent une peinture abstraite, gestuelle, auto-référencée, appliquée all-over sur de grands formats. Ils veulent ainsi traduire l'" expérience intérieure du réel ".
Trois grandes tendances se dégagent au sein du groupe. Certains, comme Arshile Gorky, s'inspirent de l'automatisme surréaliste, d'autres, comme Jackson Pollock, pratiquent l'action painting et d'autres encore, comme Clyfford Still, réalisent des peintures color-field. Avec les expressionnistes abstraits, l'art américain se dégage, pour la première fois, des liens de dépendance à l'égard de l'Europe.
De Kooning (p 70), Frankenthaler (p 97), Gorky (p 107), Gottheb (p 108), Guston (p 110), Kline (p 141), Krasner (p 146), Louis (p 160), Mitchell (p 175), Motherwell (p 179), Newman (p 185), Pollock (p 254), Reinhardt (p 213), Rothko (p 220), Still (p 245)
FIGURATION LIBRE
Ce nom est donné par Ben au travail de jeunes peintres français que le critique Bernard Lamarche-Vadel réunit à Paris, en juin 1981, dans l'exposition " Finir en Beauté ". Ces artistes Jean-Charles Blais, Rémi Blanchard, François Boisrond, Robert Combas, Hervé et Richard di Rosa, etc.) s'adonnent pendant les années quatre-vingt à une peinture figurative spontanée, brute, très colorée, inspirée par la culture populaire (BD, rock, etc.). Ils peignent en général sur la toile fibre, sans châssis, utilisent parfois comme support draps, cartons ou dos d'affiches. Les graffitistes américains sont le pendant de ce mouvement aux États-Unis.
Les artistes :
Biais (p 33), Boisrond (p 36), Combas (p 60)
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FIGURATION NARRATIVEEn juin 1964, le critique Gérard Gassiot-Talabot réunit trente-quatre jeunes artistes dans l'exposition " Mythologies quotidiennes " au musée d'Art moderne de la Ville de Paris. Il regroupe leurs uvres autour de la définition suivante : " Est narrative, toute uvre plastique qui se réfère à une présentation figurée dans la durée par son écriture et sa composition sans qu'il y ait toujours à proprement parler récit. " Ces artistes peignent à l'acrylique, souvent à l'aide d'un aérographe. Ils traitent de manière critique des sujets de la réalité quotidienne : " Les jeux de la cité, les objets sacrés d'une civilisation vouée au culte des objets de consommation, les gestes brutaux d'un ordre fondé sur la force et la ruse, le choc des signaux, des mouvements et des sommations qui traumatisent journellement l'homme moderne. "
Les artistes :
Adami (p 11), Aiflaud (p 12), Arroyo (p 19), Err6 (p 87), Klasen (p 139), Monory (p 175), Rancillac (p 208), Stâmpfli (p 243), Télémaque (p 252), Voss (p 265)
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FLUXUSNom donné en 1961 à New York par George Maciunas, son fondateur, à une revue et à un courant qu'il anime suivant le principe dadaïste que " tout est art " ; il veut promouvoir la réalité du NON-ART pour qu'elle soit saisie par tout le monde ". il organise dans sa galerie AG, à New York, des soirées " Musica et Nova ", où il fait notamment découvrir la musique indéterminée de John Cage et de ses élèves. À partir de 1962, Fluxus connaît un développement international. George Maciunas organise la tournée " Festa Fluxorum " en Europe, de septembre 1962 à août 1963. Un premier concert d'antimusique a lieu à Wiesbaden en Allemagne en 1962. De retour à New York, Maciunas continue d'animer pendant les années soixante ce mouvement aux productions diverses (happenings, publications, concerts, films).
Des artistes très différents, comme Ben, Joseph Beuys, George Brecht, John Cage, Robert Filhou, LaMonte Young, Yoko Ono, Nam june Paik, Wolf Vostell participent aux activités de Fluxus.Les artistes :
Ben (p 31), Beuys (p 32), Brecht (p 40), Cage (p 48), Filhou (p 91), Kirkeby (p 138), Maciunas (p 163), Paik (p 193), VosteR (p 266)
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GRAFFITISES, GRAFFITI ARTAu début des années quatre-vingt, de jeunes artistes, principalement new-yorkais Jean-Michel Basquiat, Leith Haring, Kenny Scharf), s'expriment dans la rue, dans le métro en appliquant des sortes d'inscriptions et de dessins sur les murs. Ils reflètent l'émergence d'une culture underground et populaire en s'inspirant des dessins-signatures, réalisés à la bombe par les gangs de jeunes noirs et portoricains. Lorsqu'ils commencent à exposer dans les galeries, les graffitistes reprennent ces formes pictographiques, signes et symboles simplifiés, sur leurs toiles. Ce mouvement est le pendant de la Figuration libre en France.
Les artistes :
Basquiat (p 29), Haring (p 1 15), Scharf (p 229)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.HYPERRÉALISME
Ce terme est une traduction ftmçaise des termes Photorealism (d'après Louis K. Meisel) ou Superreltism (d'après Malcolm Morley), qui désignent un mouvement apparu aux États-Unis en 1965. Les hyperréalistes cherchent à reproduire la réalité (du corps humain, des paysages), avec la même précision que la photographie. Ils sont soucieux du moindre détail : les sculpteurs utilisent de vrais poils et cheveux, conservent l'échelle humaine ; les peintres exécutent leur travail au carreau, à l'aérographe, à l'aide de diapositives projetées sur leurs toiles.
Les artistes :
Close (p 59), De Andrea (p 69), Hanson (p 114), Morley (p 177)
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LAND ARTCe mouvement apparaît à la fin des années soixante aux États -Unis. Il propose une nouvelle version, à la fois monumentale, minimale et conceptuelle, du traitement artistique du paysage. Les artistes du Land Art effectuent des interventions sur ou dans le paysage, et le modifient de manière provisoire ou durable. Ils veulent établir une communion intime avec la nature, éloigner l'art des musées et des galeries. ils s'inspirent des sites archéologiques et sacrés. Certains ajoutent à leurs uvres des éléments étrangers (Christo, Walter De Maria), d'autres se contentent d'utiliser les matériaux existants (Hamish Fulton, Michael Heizer, Richard Long, Robert Smithson). La photographie et le dessin sont souvent employés pour garder traces des uvres (earth -works)
Les artistes :
Christo (p 58), W. De Maria (p 71), Fulton (p 99), Heizer (p 116), Long (p 159), Smthison (p 239)
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MEC ARTLe Mec Art, ou Mechanical Art, ou Mechanical photo-reportage, est ainsi nommé en 1964 par Alain jacquet et Mimmo Rotella. En octobre 1965, Béguier, Pol Bury, Gianni Bertini, Alain jacquet, Nikos et Mimmo Rotella sont réunis à la galerie J, à Paris, par Pierre Restany pour un " Hommage à Nicéphore Niepce ". Ces artistes travaillent à partir de photographies et utilisent des procédés de report d'images existantes sur différents supports (sérigraphie). Ils agrandissent un détail ou détournent de leur contexte des classiques de la peinture, des publicités et obtiennent une " peinture photo-mécanique tramée ".
Les artistes :
jacquet (p 126), Rotella (p 218)
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NÉO-DADAISMECe terme englobe les artistes dont l'uvre fait référence à celles de dada et de Marcel Duchamp. Les néo- dada, qui entretiennent une distanciation critique et ironique vis-à-vis du milieu de l'art, ne veulent pas faire de différence entre l'art et la vie. ils s'approprient les objets et le réel. Robert Rauschenberg déclare: " Un tableau ressemble plus au monde réel lorsqu'il est réalisé à partir du monde réel. " Jasper Johns, les membres de Fluxus, General Idea, jean Tinguely, entre autres, sont à leur tour qualifiés de néo-dada.
Les artistes :
General Idea (p 102), Gober (p 106), Johns (p 127), Kudo (p 147), Paik (p 193), Rauschenberg (p 209), Tinguely (p 253)
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NEO-EXPRESSIONNISTES ALLEMANDS, NOUVEAUX FAUVESÀ la fin des années soixante-dix, à Berlin, sous l'impulsion de Karl Horst Hödicke, de Georg Baselitz, Markus Lüpertz et d'A. R. Penck, un groupe de peintres fait renaître et reconnaître internationalement l'art allemand (marginalisé depuis la Seconde Guerre mondiale). Le terme " Nouveaux Fauves " est employé pour la première fois par le conservateur du musée d'Aix-la-Chapelle, Wolfgang Becker, pour une exposition qu'il organise en 1980. Ces artistes pratiquent une peinture très colorée, figurative et expressionniste. Ils font référence à l'histoire et à la culture de l'Allemagne (Anselm Kiefer), prennent pour sujet aussi bien le sexe (Rainer, Fetting) que le paysage (Helmut, Middendoffl, le portrait et l'autoportrait (Luciano, Castelli, Salomé) et la nature morte (Jiri Georg Dokoupil).
Les pratiques de la Bad Painting aux États-Unis et de la Trans-avant-garde en Italie correspondent à celles de ce groupe.
Les artistes :
Baselitz (p 28), Castelh (p 53), Dokoupil (p 80), Fetting (p 91), Hâdicke (p 121), Kiefer (p 136), Lüpertz (p 161), Middendorf (p 173), Penck (p 197)
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NÉO-GÉOS, SIMULATIONNISTESDe 1984 à 1987, Ashley Bickerton, Peter Halley, Jeff Koons, Meyer Vaisman sont associés à New York dans la galerie international with Monument. Ils sont rejoints par Allan McCollum et Haim Steinbach, Ces artistes sont dits " Néo-Géos " en référence à une nouvelle géométrie, à l'aspect mécanique de leurs uvres, par lesquelles ils s'opposent aux mouvements picturaux figuratifs et expressionnistes du début des années quatre-vingt. ils sont dits également - simulationnistes ", car ils se réfèrent aux écrits de jean ]Baudrillard sur les rapports entre société industrielle et apparence. Ils entendent défendre eux-mêmes leur travail de manière tant critique que commerciale. Ils pratiquent le simulacre pour reconsidérer les produits culturels de la civilisation et déclarent que " dans un sens toute culture est fausse. Nos uvres sont également des faux mais nous l'annonçons clairement ".
Les artistes :
Bleckner (p 34), HaHev (p 113), Koons (p 144), McCollum (p 169), Prince (p 205), Steinbach (p 244), Taaffe (p 247), Vaisman (p 258)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.NOUVEAUX FAUVES : voir NÉO-EXPRESSIONNISMES ALLEMANDS
NOUVEAUX RÉALISTESLe 27 octobre 1960, au domicile d'Yves Klein à Paris, le critique et théoricien Pierre Restany fonde le groupe des Nouveaux Réalistes. Les signataires du Manifeste constitutif sont Arman, François Dufrêne, Ravmond Hains, Yves Klein, Martial Raysse, Daniel Spoerri, jean Tinguely et Jacques Villeglié. Ils sont aussitôt rejoints par César et Mimmo Rotella, puis en 1961 par Niki de Saint-Phalle et en 1962 par Christo et Gérard Deschamps. Ils affirment : " Les nouveaux réalistes ont pris conscience de leur singularité collective. Nouveau Réalisme = nouvelles approches perceptives du réel. " Le groupe se singularise par sa prise de conscience de la nature moderne qui, selon Pierre Restany, " est celle de l'usine et de la ville, de la publicité et des mass média, de la science et de la technique ". La production des Nouveaux Réalistes se caractérise par un geste d'appropriation (empaquetages, compressions, anthropométries), la récupération des techniques ou matériaux industriels, des déchets (tableaux-pièges, méta-machines) ou des langages visuels (décollages et collages d'affiches).
Les artistes :
Aman (p 17), César (p 53), Christo (p 58), Dufrêne (p 85), Hains (p 112), Klein (p 140), Raysse (p 210), Rotella (p 218), de Saint-Phalle (p 224), Spoerri (p 242), Tinguely (p 253) Villeglé (p 264)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.PATTERN & DECORATION
Le terme anglais pattern, " motif répété ", caractérise le travail d'un groupe d'artistes américains qui, à partir de 1975, refusent de prendre en considération le seul art occidental et s'inspirent de l'artisanat et de la culture du monde entier. Ils revendiquent, par opposition au Minimalisme, la poursuite d'une recherche visuelle et purement décorative. Ils reprennent des motifs géométriques, abstraits ou figuratifs dans des peintures ou des collages très colorés (Valerie Jaudon). Certains font appel à des techniques d'arts appliqués comme le patchwork.
Les artistes :
Jaudon (p126)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.POP ART
En 1955, le critique d'art britannique Lawrence Alloway dirige un séminaire de l'Independant Group au sein de l'institute of Contemporary Art, dont le thème est l'environnement commercial urbain. L'année suivante, il organise l'exposition " This Is To-Morrow " à la Whitechapel Art Gallery à Londres. Richard Hamilton y présente un collage où apparaît pour la première fois le mot " POP ". Dans le même temps, aux États-Unis, Robert Rauschenberg présente des peintures d'assemblages, les Combine Paintings. Ces deux sortes d'uvres sont considérées comme fondatrices du Pop Art. Elles trouvent leur inspiration à la fois dans les ready-made duchampiens, les collages et objets des surréalistes et dans les boîtes de joseph Cornell. Au début des années soixante, les uvres des artistes du Pop Art reflètent, avec une certaine froideur d'exécution, le style de la société de consommation. ils se réfèrent à la notion de " culture populaire " ; ils se rapportent aux objets quotidiens, à la BD, à la publicité, au cinéma, aux magazines. Outre la peinture et la sculpture, ils utilisent des procédés divers: collage, assemblage, sérigraphie.
Les artistes :
Blake (p 34), Dine (p 79), Hamilton (p 113), Hockney (p 120), Indiana (p 124), Johns (p 127), Jones (p 128), Lichtenstein (p 157), Oldenburg (p 189), Rosenquist (p 217), Ruscha (p 222), Thiebaud (p 252), Warhol (p 268), Wesselman (p 269)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.POST-MODERNISME
Après Mai 68, certains artistes s'élèvent contre le Minimalisme dont ils rejettent la froideur et l'élitisme. En 1971, John Baldessari proclame je ne ferai plus jamais d'art ennuyeux., et ouvre la porte au postmodernisme. Plus tard, les Néo-Géos, néo-conceptuels et néo-abstraits adoptent une attitude dite post - moderne, inspirée par les théories des structuralistes. Pour eux, l'originalité de l'oeuvre devient sans importance : ils s'approprient également les images du monde moderne et les uvres des artistes qui les ont précédés. Pour le critique américain Daniel Wheeler, les post-modernes ont en commun " le souci de mettre en lumière ou de déconstruire la mythologie de la vie réelle et les langages codés des médias grand public [... 1, la reconnaissance du fait que pour rendre compte de la vie quotidienne, l'art doit combattre les présupposés sur ce qui est légitime et se fonder sur l'approche qui convient le mieux à l'artiste et à son propos - quelle soit historique, psychologique, narrative, politique, autobiographique, décorative, métaphysique, fondée sur le simulacre et même formelle. "
Les artistes :
Arrnleder (p 18), Baldessari (p 25), Bleckner (p 34), Dimitriievic (p 78), Fôrg (p 95), Fritsch (p 98), General Idea (p 102),
Halley (p 113), Koons (p 144), Komar & Melamid (p 143), Levine (p 156), McCollum (p 169), Mucha (p 180), Noland (p 187),
Prince (p 205), Steinbach (p 244), Taaffe (p 247), Vaisman (p 258)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.SIMULATIONNISTES : voir NÉO-GÉOS,
SUPPORT(S)-SURFACE(S)
Ce mouvement apparaît en France en 1969 ; son existence est manifestée par l'exposition " Support Surface " au musée d'Art moderne de la Ville de Paris en 1970. Ce mouvement rassemble Vincent Bioulès, Louis Cane, Marc Devade, Daniel Dezeuze, Noël Dolla, jean-Pierre Pincemin, Patrick Saytour, André Valensi et Claude Viallat ju'squ'en 1972. Ces artistes effectuent une remise en question du support (utilisation du seul châssis ou de la toile fibre, pliage, par exemple) et des techniques traditionnelles d'application de la peinture (tampon, pochoir, trempage.). Ils revendiquent un engagement politique marxiste et un lien intellectuel avec la psychanalyse et le structuralisme (notamment au moyen de la revue Peinture Cahiers théoriques, fondée en 197 1).
Les artistes :
Cane (p 50), Dezeuze (p 76), Dolla (p 80), Pages (p 192), Pincemin (p 200), Saytour (p 229), Viallat (p 262)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.TRANS-AVANT-GARDE
Le mouvement de la Trans-avant-garde italienne est constitué en novembre 1979 par le critique d'art Achille Bonito Oliva et réunit Sandro Chia, Francesco Clemente, Enzo Cucchi, Nicola De Maria et Mimmo Paladino. Ils revendiquent l'usage de la peinture, de la figuration, l'appropriation et la citation de sources mythologiques, légendaires, une relecture de l'histoire de l'art. Leur travail fait appel à une " mentalité nomade et transitoire ", " l'artiste redevient "maniaqual" et maniériste de sa propre manie ". Achille Bonito Oliva affirme : " La Trans-avant-garde renverse l'idée d'un progrès de l'art, qui reste tourné vers l'abstraction conceptuelle. La force mystique de l'art perd volontairement sa propre tension monolithique au profit d'une image à la fois intense et déconcentrée, glissant entre les limites du style et des différents langages récupérés. ". La Bad Painting aux États-Unis et les Nouveaux Fauves en Allemagne affirment au même moment un renouveau de la peinture.
Les artistes :
Chia (p 56), Clemente (p 59), Cucchi (p 65), N. De Maria (p 71), Paladino (p 153)
Voir dans le petit dictionnaire des artistes contemporains, édition Larousse.WPA et FEDERAL ARTS PROJECT
En 1935, alors que sévit une grave crise économique aux États-Unis, la Work Projects Administration (WPA) soutient 1 500 artistes au moyen de commandes publiques, financées par 1 % du coût de construction des bâtiments publics (Federal Arts Project). Ces artistes, parmi lesquels figurent notamment les futurs membres de l'École de New York, exécutent principalement des peintures murales.
ART MODERNE
" 0. 10 " ou " Dernière exposition futuriste de tableaux 0. 10 "
Exposition organisée par Jean Pougny du 19 décembre 1915 au 19 janvier 1916 dans les salons de la galerie Dobitchine à Petrograd. Malevitch y montre pour la première fois ses tableaux sans-objet *suprématistes. Le 12 janvier 1916, Malevitch et Pougny tiennent une conférence au cours de laquelle Malevitch proclame la naissance du Suprématisme et distribue le Manifeste suprématiste.
Les artistes :
Altman, Klioune, Malevitch, Oudaltsova, Popova, Rozanova, Tatline, Tchachnik
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, Larousse" 5 X 5 = 25 "
Exposition organisée par le Groupe de travail des *constructivistes à I'*Inkhouk de Moscou en septembre 1921. Cinq artistes y participent. Rodtchenko y montre trois tableaux monochromes et affirme la fin de la peinture de chevalet, " représentation illusoire de quelque chose qui n'est construit que sur la surface de la toile ", au profit de la " création d'objets réels, c'est-à-dire la production, où l'artiste devient un constructeur d'uvres matérielles ".
Les artistes :
Exter, Popova, Rodtchenko, Stepanova
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseAbstraction-Création
Association fondée le 15 février 1931 à Paris par Georges Vantongerloo et Auguste Herbin. Elle publie, de 1932 à 1936, cinq numéros de la revue Abstraction-Création, art non figuratif. De nombreux artistes européens qui travaillent dans le champ de l'abstraction y collaborent. L'association, qui compte plus de 400 membres, européens mais aussi américains, organise des conférences et des expositions de tous ceux qui, en renonçant à la représentation de l'objet, " retrouvent la parole et la liberté créatrice ". Cette association, préparée par le groupe *Cercle et carré et par l'Art concret de Van Doesburg, fait de Paris un pôle de création important dans le domaine de l'Abstraction.
Les artistes :
Arp, Baumeister, Béothy, Calder, Domela, Freundlich, Gabo, Gleizes, Gorin, Hepworth, Herbin, Kupka, Kobro, Mondrian, Nicholson, Pevsner, Soldati, Strzeminski, Taeuber-Arp, Tutundjian, Valmier,
Van Doesburg, Vantongerloo, Wadsworth
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseAllianz ou Association des artistes suisses modernes
Groupe fondé en 1937 à Zurich par le peintre Leo Leuppi pour promouvoir des artistes suisses par des expositions et des publications. Il disparicitra en 1954. S'il est ouvert à toutes les tendances, Allianz est proche d'Abstraction-Création et du groupe *Art concret suisse.
Les artistes :
Arp, Taeuber-Arp
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseGroupe A. R. - Avant-garde réelle ou Artistes révolutionnaires
Groupe fondé en 1929 à Lodz en Pologne par les artistes Kobro et Strzeminski et les poètes Jan Brzekowski et Julian Przybos. Le groupe A. R. réalise des publications (Bibliothèque des A. R), organise des expositions et constitue, sous la direction de Strzeminski, entre 1930 et 1931, le premier musée d'art moderne européen à Lôdz. La collection internationale d'art moderne qui y est réunie présente les différentes tendances de L'Abstraction en Europe dans les années vingt. Le groupe cessera ses activités en 1936.
Les artistes :
Kobro, Strzeminski
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseArmory Show
Exposition de peinture moderne qui se déroule du 17 février au 15 mars 1913 à l'arsenal du 69, régiment d'infanterie de New York et qui circule ensuite à Chicago et à Boston. Organisée principalement par deux peintres américains, Arthur B. Davies et Walt Kuhn, l'International Exhibition of Modern Art, dite Armory Show, présente les oeuvres des représentants des écoles européennes (impressionnistes, postimpressionnistes, *fauves, *cubistes, etc.) au côté de celles des artistes américains (The *Eight, *synchromistes, etc.). Plus de 1 600 oeuvres sont exposées. L'Armory Show, première grande exposition d'art moderne aux États-Unis, attire un très nombreux public, crée un nouveau marché de l'art et permet l'entrée des uvres des artistes européens dans les grandes collections américaines..
Les artistes :
Bellows, Brancusi, Braque, Bruce, Camoin, Chabaud, Davis, Duchamp, Duchamp-Villon, Dunoyer de Segonzac, Gleizes, Hopper, Léger, Lehmbruck, Maillol, Manolo, Matisse, Pascin, Picabia, Picasso,
Schamberg, Sheeler, Spencer, Stella, Strand, Villon, Weston, Yeats.
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseGroupe Art concret
Groupe éphémère fondé en 1930 par Theo Van Doesburg, avec l'aide de Carlsund et de Tutundjian, en réaction à la création du groupe *Cercle et carré.
Van Doesburg prêche une abstraction radicale et strictement géométrique contre une pratique variée de la non-figuration. En 1944, Max Bill et d'autres artistes suisses reprennent l'appellation et appliquent l'idée d'Art concret à leur travail.
Les artistes :
Carlsund, Tutundjian, Van Doesburg
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, Larousse" Art dégénéré " - Entartete Kunst
Le parti nazi, qui arrive au pouvoir en Allemagne en 1933, annonce une " purge morale " et fait la chasse aux formes d'art contraires à l'idéologie officielle, qu'il qualifie d'" art dégénéré ". Seul un art national-socialiste, voué à l'exaltation du pouvoir nazi et de son idéologie, est toléré et même encouragé. En 1937, Hermann Goering prend un décret qui annonce " l'enlèvement de toutes les collections, publiques et privées, de tout objet ne correspondant pas à l'esthétique du national-socialisme ". Plus de 15 000 oeuvres sont confisquées ; un grand nombre d'entre elles sont vendues aux enchères à l'étranger, plus de 5 000 sont brûlées. Pour désigner au public les oeuvres à mettre à l'index, un choix emblématique est effectué dans les collections saisies. Cette sélection est exposée, d'abord à Munich en 1937, puis dans tout le pays, sous le titre d'" Art dégénéré ". L'exposition concerne plus particulièrement des oeuvres postérieures à 1910. Elle réunit des peintures et des sculptures cubistes, dadaïstes, futuristes, expressionnistes, constructivistes, abstraites, réparties en neuf catégories "< style barbare ", " scandaleuse dérision des idées politiques ", " sabotage systématique de la conscience raciale ", " immondices juives ", " folie générale ", etc.).
Les artistes :
Barlach, Baumeister, Beckmann, Belling, Campendonk, Dix, Feiriinger, Freundlich, Grant, Grosz, Heckel,
Hofer, Hâch, Jawlensky, Kirchner, Kokoschka, Lehmbruck, Marcks, Meidrier, Mueller, Münter, Nay, Nolde,
Pechstein, Radziwill, Rohlfs, Schlemmer, Schmidt-Rottluff, Schwitters
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseArtificialisme
En 1925, Styrsky et Toyeri apportent un éclairage original au *Surréalisme et à son " lyrisme conscient ", et créent l'Artificialisme. Ils organisent la première exposition artificialiste dans leur atelier de Montrouge. Ils publient en 1927, dans la revue Red à Prague, le Manifeste de l'artificialisme dans lequel ils déclarent : " UArtificialisme arrive avec une perspective à l'envers. Laissant la réalité immuable, il s'efforce de libérer un maximum d'imagination. Sans manipuler la réalité, il en tire constamment profit [... 1. L'Artificialisme est l'identification du peintre avec le poète. Il nie l'apparence en sa qualité de jeu de notions et de divertissement des yeux (peinture immatérielle). Il nie la peinture historisante des formes (Surréalisme). L'Artificialisme est doté d'une conscience abstraite de la réalité. "
Les artistes :
Styrsky, Toyen
Voir aussi Devetsil
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseGroupe des Artistes plasticiens
Groupe formé en 191 1 à Prague en Autriche-Hongrie, qui fait suite à la création du groupe Les *Huit (Osma). Il réunit des architectes, des artistes proches du *Cubisme et des écrivains qui veulent contribuer à la diffusion de l'art moderne en Tchécoslovaquie.
Les artistes :
Filla, Prochàzka
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseGroupe des Artistes progressistes - Gruppe Progressiver Künstler
En 1921, Willi Münzenberg, député communiste allemand, organise pour le compte de Lénirie l'Association d'aide internationale ouvrière dans le but " d'infiltrer les couches sociales les plus larges, de gagner les artistes et les enseignants à [sa] cause, et d'exploiter des théâtres et des cinémas ". En 1922, l'Association d'aide internationale ouvrière contribue à la tenue du Congrès international des artistes progressistes à Düsseldorf. À la suite de ce congrès, le groupe des Artistes progressistes est formé en 1924 à Cologne. Il réunit des artistes proches du *Constructivisme, qui veulent contribuer au progrès social par leur art. En 1929, Seiwert fonde la revue A bis Z (" A à Z ") qui devient l'organe du groupe.
Les artistes :
Hoerle, Seiwert
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseAsh-can school : voir The Eight
Askranov - Association des ultra-novateurs
Association éphémère fondée en janvier 1919. Elle réunit des artistes proches du *Suprématisme mais qui veulent s'en éloigner, innover : ils considèrent que l'art sans-objet, " c'est comme un cercle vicieux, statique et restrictif, comme toutes les formes d"'isme" ".
Les artistes :
Rodtchenko, Stepanova
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseAssociation des artistes et écrivains révolutionnaires
En 1928, le parti communiste allemand fonde l'Association des artistes et écrivains de l'Allemagne révolutionnaire (ARBKD). Les années suivantes cette association ouvre des bureaux dans les principales villes d'Allemagne. Les membres de l'association sont " convaincus de la nécessité de prendre part, au moyen de [leur] art, à la lutte des classes ". Ils organisant des manifestations, des expositions, créent des affiches. Dans leurs peintures, ils montrent les travailleurs, les grèves, les manifestations.
Les artistes :
Freundlich, Griebel, Lurçat
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseBauhaus
École créée en avril 1919 à Weimar par l'architecte Walter Gropius. Le terme de Bauhaus ou " maison de l'oeuvre bâtie ", forgé par Gropius, se réfère aux mots Haus (" maison ") et Bau (" construction "), mais aussi à Bauhütte, nom qui désignait la loge des bâtisseurs de cathédrales au Moyen-Âge : en 1923, Schlemmer, qui y enseigne, dira du Bauhaus qu'il est " le lieu de rassemblement de ceux qui, s'élançant vers le ciel pour exprimer leur foi en l'avenir, veulent bâtir la Cathédrale du Socialisme ".
Le Bauhaus est organisé suivant un projet pédagogique qui envisage la synthèse des arts et de l'architecture et une alliance entre artistes et artisans. L'enseignement y est diffusé dans des ateliers dirigés par des " maîtres ". Les élèves peuvent être engagés dans la vie professionnelle et souhaiter se perfectionner. Recrutés en fonction de leurs compétences et non de leur niveau d'études, ils sont d'abord apprentis, puis compagnons, puis maîtres novices. Le Bauhaus dispense des cours théoriques (théorie de la forme et de la couleur) et pratiques (ateliers de dessin, de sculpture, de calligraphie, de poterie, de reliure, de peinture et de peinture sur verre, d'imprimerie, de tissage, d'utilisation du métal, de menuiserie), mais il se veut surtout une " communauté de travail " et tisse des liens avec des entreprises artisanales et industrielles en créant des prototypes d'objets commercialisables ; il comprend également un atelier de théâtre expérimental.
Pendant les années vingt, cette école fonctionne comme un laboratoire du modernisme et crée une esthétique fonctionnelle qui lui est propre et qui s'oriente vers le *Constructivisme à partir de 1923.
Né sous un gouvernement socialiste, le Bauhaus est perçu par l'opposition comme un foyer de bolchevisme. Quand celle-ci gagne les élections de Thuringe, en 1924, elle cesse de financer le Bauhaus. Il est accueilli à Dessau en avril 1925 et ses nouveaux bâtiments ouvrent en 1926. La plupart des professeurs et des étudiants suivent l'école. En 1928, Gropius démissionne et laisse la direction à l'architecte Hannes Meyer. Ce dernier ouvre de nouveaux ateliers (architecture, urbanisme, construction, peinture libre, photographie), introduit les disciplines scientifiques et le sport. Corigédié en 1930 pour ses positions marxistes, il est remplacé par l'architecte Ludwig Mies van der Rohe. Ce dernier se plie aux nécessités de la conjoncture économique, sociale (crise) et politique (montée du nazisme). Il fait du Bauhaus un établissement technique plus traditionnel. En 1931 le parti nationalsocialiste gagne les élections à Dessau et, en octobre 1932, le Bauhaus ferme une nouvelle fois ses portes. Il rouvre à Berlin pour six mois mais est fermé définitivement par les nazis en avril 1933. De nombreux artistes et architectes, tels Gropius, Feininger, Mies van der Rohe, Moholy-Nagy, émigrent aux Etats-Unis. Ce dernier fonde en 1937 le New Bauhaus à Chicago et y reprend les principes d'enseignement et de pédagogie spécifiques au Bauhaus.
Les artistes :
Albers, Feininger, Itteri, Kandinsky, Klee, Marcks, Moholy-Nagy, Muche, Schlemmer
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseDer Blaue Reiter - le Cavalier bleu
Groupe artistique qui se signala par trois expositions, à Munich (décembre 1911 et février 1912) et à Berlin (mars 1913) et par la publication d'un Almanach. De juin 1911 à sa publication en mai 1912, Kandinsky et Marc réalisent un almanach illustré qui réunit des textes rédigés par des artistes sur les tendances et les traditions orientales et occidentales dans les domaines des arts visuels, de la musique et du théâtre. Ces textes " regroupent les tentatives qui se sont récemment imposées dans tous les domaines de l'art pour repousser les limites de l'expression artistique ". Marc et Kandinsky le nomment Almanach du Blaue Reiter. " Nous avons trouvé l'appellation "Je Cavalier bleu" sous la tonnelle à Sindelsdorf ; nous aimions tous deux le bleu, Marc pour les chevaux et moi pour les cavaliers. Le nom se présentait donc de luimême ", dira Kandinsky. En décembre 191 1, Kandinsky, Marc et Münter organisent la Première Exposition de la Rédaction du Cavalier bleu à la galerie Tannhauser à Munich. Ils réunissent alors des dissidents de la *Nouvelle Association des artistes de Munich et d'autres artistes européens, tels Robert Delaunay et le Douanier Rousseau, ou les Russes David et Vladimir Bourliouk. Le même principe de confrontation sera suivi lors des expositions suivantes. La dernière exposition du Blaue Reiter se tient dans la galerie Der Sturm d'Herwarth Walden à Berlin en 1913.
Les artistes :
Arp, Beckmann, D. et V. Bourliouk, Campendonk, R. Delaunay, Feininger, Hartley, Kandinsky, Klee, Kubin, Macke, Malevitch, Marc, Münter, Nolde, Schoenberg, Werefkin
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseGroupe Blok
Groupe et revue *constructivistes créés en 1923-1924 à Varsovie en Pologne. Blok réunit des artistes et des architectes (comme Mieczyslaw Szczuka ou Teresa Zarnover) et organise des expositions, telle l'Exposition internationale d'architecture de 1926 à Varsovie. Les membres de Blok peignent des tableaux abstraits emplis de formes géométriques et conçoivent des volumes ordonnés dans l'espace ainsi que des projets d'architectures. La plupart des artistes qui le composent participeront ensuite à la création du groupe *Praesens.
Les artistes :
Berlewi, Kobro, Strzeminski
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseGroupe de Bloomsbury - Bloomsbury Group
Association d'artistes, d'écrivains (comme Lytton Strachey, Virginia et Leonard Woolf) et de critiques (comme Clive Bell) formée en 1904 à Londres. Le Groupe de Bloomsbury, actif jusqu'à la fin des années trente, ne constitue pas un mouvement particulier mais réunit des personnalités des milieux intellectuels et artistiques dans un but d'expérimentation. Les artistes du groupe se reconnaissent toutefois, à partir de 1 913, dans leur intérêt pour " la théorie de la forme signifiante " , élaborée par Clive Bell : " Des lignes et des couleurs combinées d'une manière particulière, certaines formes et relations entre les formes, éveillent nos émotions esthétiques. Ces relations et combinaisons de lignes et de couleurs, ces formes esthétiquement mouvantes, je les appelle "formes signifiantes".
Les artistes :
Bell, Fry, Grant
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, Larousse; voir aussi Groupe de Camden TownDie Brücke "Le Pont "
Groupe expressionniste formé en 1905 à Dresde par quatre étudiants en architecture, Karl Schmidt-Rottluff, Erich Heckel, Ludwig Kirchner et Fritz Bleyl ils sont rejoints par Cuno Amiet, Emil Nolde et Max Pechstein en 1906 et par Otto Mueller en 1910 (alors que F. Bleyl quitte le groupe en 1909 pour se consacrer à l'architecture).
Schmidt-Rottluff trouve le nom " die Brücke " en se référant à la quatrième préface d'AinsipartaitZarathoustra. Nietzsche y déclare en effet : " Ce qui est grand dans l'homme, c'est qu'il est un pont et non une fin : ce qui peut être aimé en l'homme, c'est qu'il est une transition et un déclin. " kirchner, qui rédige e programme de Die Brücke en 1906, affirme : " Sont avec nous tous ceux qui traduisent spontanément et sans altération ce par quoi ils sont poussés à créer. > Les artistes du groupe rejettent l'ordre établi et la peinture académique et veulent exprimer " la nécessité tout à fait naïve et pure de mettre en harmonie l'art et la vie ". Ils effectuent leurs recherches en commun, partagent un atelier et passent souvent leurs vacances ensemble. Ils font de la gravure sur bois leur support privilégié, pour son rendu primitif, et publient des portfolios (Brücke-Mappen). Dans leurs peintures, ils utilisent des couleurs pures et intenses apposées en aplats, un dessin simplifié. Ils représentent de nombreux nus, des portraits, des paysages, des scènes de rue, d'atelier, etc.
Die Brücke organise des expositions à Dresde puis à Berlin où le groupe se déplace en 191 1. Ses membres collaborent alors à la revue der Sturm d'Herwarth Walden. Le groupe est officiellement dissous en 1913 à la suite d'un désaccord entre ses membres à propos d'un historique du groupe (Chronik der Künstiergruppe Brücke) rédigé par Kirchner
Les artistes :
Amiet, Fieckel, Kirchner, Mueller, Nolde, Pechstein, Schmidt-Rottluff
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseGroupe de Camden Town - Camden Town Group ou Groupe de Fitzroy Street - Fitzroy Street Group
Après un séjour en France, entre 1898 et 1905, Sickert suscite, à son retour
à Londres, des rencontres entre artistes dans son atelier de Fitzroy Street. En 191 1, cette association informelle donne naissance au Groupe de Camden Town dont Spencer Gore assure la présidence. Le groupe, qui réunit des artistes intéressés par une représentation des thèmes de la vie ordinaire, est aussi appelé, pour la manière dont ses membres traitent l'espace et la couleur, groupe des " néo-impressionnistes anglais >. Il organise deux expositions à la Carfax Gallery de Londres en 1911 et 1912 et une dernière à Brighton en 1913, avant de devenir le Groupe de *Londres.
Les artistes :
Gilman, Ginner, Gore, Grant, Lewis, Sickert
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseLe Cavalier bleu. Voir Der Blaue Reiter
Cercle et carré
Groupe fondé en 1929 à Paris par le critique Michel Seuphor et le peintre Joaquin Torrès-Garcia. En 1930, ils publient trois numéros de la revue du même nom et organisent une exposition à la Galerie 23, rue de La Boétie. Le groupe réunit des peintres, des sculpteurs et des architectes, issus pour la plupart du *Néoplasticisme et du *Constructivisme, qui prennent la défense de l'abstraction face au Surréalisme. Le groupe et la revue cessent leur activité en 1931. La relève est assurée par l'association Abstraction-Création. Torrès-Garcia reprend la publication de la revue désormais nommée Cireuto y Guadrado à Montevideo de 1936 à 1943.
Les artistes :
Arp, Baumeister, Cahn, Domela, Freundlich, Gorin, Mondrian, Ozenfant, Prampolini, Taeuber-Arp, Torrès-Garcia, Vantongerloo
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, Larousse" La Cible " ou " Exposition de tableaux du groupe des peintres de la Cible "
Exposition organisée par Larionov du 24 mars au 7 avril 1913 à Moscou. Il y montre des tableaux *néoprimitivistes et les premières oeuvres rayonnistes ainsi que des dessins d'enfants, des peintures d'enseigne, des icônes et des gravures populaires.
Les artistes :
Chagall, Gontcharova, Larionov, Malevitch
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseConstructivisme
Ce mouvement inspiré par le *Cubisme et par les " reliefs " et " contre-reliefs " (constructions abstraites suspendues dans l'espace) de Tatline, nait en Russie en 1 920 et est, dès le départ, composé de diverses tendances, certaines plus idéalistes, d'autres plus matérialistes. Pour les constructivistes, l'artiste doit contribuer à la révolution. Le peintre devient un ingénieur-producteur qui a pour fonction sociale de participer à la transformation du monde, d'aider à construire une nouvelle société.
Gabo et Pevsner développent une variante sans implication politique. Le 5 août 1920, ils publient le Manifeste réaliste dans lequel il proclament : " Pour nous, l'espace et le temps, seules formes d'art qui servent à la construction de la vie, devraient donc être les seules à servir à la construction de l'art " ; ils s'engagent dans la voie d'une recherche pure, d'un nouveau vocabulaire plastique, pour traduire " la présence des grands rythmes cosmiques ", " l'image visuelle d'une expérience ".
Le 28 mars 1921, au sein de I'*Inkhouk de Moscou, se forme le Groupe de travail des constructivistes. Rodtchenko et Stepanova publient le Programme du groupe des constructivistes dans lequel ils affirment : " l'art collectif d'aujourd'hui, c'est la construction de la vie. " Dans le Manifeste constructiviste, publié en 1922, Alexeï Gan, théoricien du groupe, déclare la mort de la peinture de chevalet et affirme la nécessité de faire appel à des techniques modernes. Les membres du groupe expérimentent les propriétés et la texture des matériaux, travaillent la structure, la couleur, le rapport avec l'espace de leurs constructions abstraites. Ils appliquent leur réflexion tant à l'art qu'à l'architecture et aux arts appliqués. La majorité d'entre eux se consacrera par la suite à l'art productiviste.
Le Constructivisme est l'un des styles dominants des années vingt en Europe. Les théories des constructivistes russes ont été reprises par d'autres créateurs et par d'autres mouvements d'avant-garde en Europe tout au long des années vingt (De Stijl, Bauhaus, Groupe Ma, etc.).
Les artistes :
Belling, Béothy, Bortnyik, R. Delaunay, Exter, Gabo, Hausmarin, Hoerle, Kanoldt, Klucis, Kobro, El Lissitzky,
Moholy-Nagy, Pevsner, Popova, Rodtchenko, Schwitters, Seiwert, G. et V. Stenberg, Stepanova,
Taeuber-Arp, Tatline, Teige, Torrès-Garcia, Van Doesburg, Vantongerloo, Yakoulov
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseCubisme
Mouvement fondé par Braque et Picasso entre 1907 et 1909 et qui trouve probablement son inspiration dans l'art nègre, dans l'art primitif ibérique et dans l'oeuvre de Cézanne (" traitez la nature en termes de sphère, de cylindre et de cône ") dont une importante rétrospective est présentée à Paris en 1907. On considère généralement que le tableau de Picasso, les Demoiselles d'Avignon (1907), marque le point de départ du Cubisme ; la phase de recherche qui s'ensuit (1 907-1909), au cours de laquelle Braque et Picasso dissèquent peu à peu la forme, est qualifiée de précubiste.
En 1909, Braque et Picasso envisagent une nouvelle conception de l'espace pictural définie comme Cubisme analytique (1909-1912). Braque en dira : " Je ne peins pas les choses, je peins les rapports entre les choses " et Apollinaire parlera d'un " art de conception ". Braque et Picasso usent d'une palette presque monochrome et de tons sourds, géométrisent leurs formes et représentent simultanément divers aspects d'un même sujet, non plus sous un angle de vision unique, mais sous des angles différents. Leurs sujets, dont la reproduction confine parfois à l'abstraction, sont souvent empruntée à la vie quotidienne (portraits des personnes de leur entourage, natures mortes d'objets trouvés dans l'atelier, etc.).
En 1 91 2, ils réintroduisent le réel dans le tableau, tout en jouant d'une ambiguïté entre apparence et essence du réel : ils pratiquent le trompe-l'oeil (imitation peinte du bois), appliquent au pochoir des caractères typographiques et inventent le collage. Ils parviennent alors à la période dite de Cubisme synthétique (1 91 2-1925), au cours de laquelle ils rendent à l'objet représenté son homogénéité mais n'en montrent que les attributs essentiels, en éliminent tout détail superflu, pour mieux souligner son essence. Ils reviennent à un traitement libre de la couleur, qu'ils dissocient du dessin. Si Braque et Picasso n'adhèrent à aucun groupe, d'autres artistes intéressés par le Cubisme se structurent à partir de 191 0 en associations (Groupe de *Puteaux) ou théorisent leurs découvertes. Ainsi, Gleizes et Metzinger publient en 1912 Du cubisme, le premier ouvrage consacré au mouvement, dans lequel ils déclarent : " C'est à la représentation de la réalité intérieure, la seule qui soit du point de vue de l'artiste, que s'attache le cubisme. "
À l'étranger, le Cubisme exerce une influence qui se combine avec d'autres
recherches, celles du *Futurisme notamment (Cubofuturisme en Russie, Vodicisme en Grande-Bretagne). Il constitue également un pas décisif vers le Suprématisme, le *Constructivisme et le *Néoplasticisme.
Les artistes :
Archipenko, Bailly, Belling, Berlewi, Blanchard, Braque, Cahn, Campigli, Capek, Charchoune, Chauvin,
Csàky, R. Delaunay, Duchamp, Duchamp-Villon, Dufresne, Feininger, Filla, Gleizes, Graham, Gris, Hayden,
Fierbin, Hofmann, Kanoldt, Laboureur, La Fresnaye, Laurencin, Laurens, Le Fauconnier, Léger, Lempicka,
Lhote, Lipchitz, Marcoussis, Metziriger, Picabia, Picasso, Prochàzka, Schamberg, Severini, Souverbie,
Survage, Valmier, Villon, Zadkine
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseVoir aussi Orphisme
Cubofuturisme
Nom donné à une synthèse du Cubisme et du Futurisme, qui met en avant la géométrisation des formes, la représentation simultanée d'un même sujet à partir de plusieurs points de vue, l'idée de dynamisme et de mouvement. Il fut pratiqué par certains artistes de l'avant-garde russe à partir de 1912.
Les artistes :
Altman, V. Bourliouk, Exter, Klioune, Malevitch, Matiouchine, Morgounov, Oudaltsova, Popova, Pougny,
Rozanova, Yakoulov
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseDadaïsme
DADA ZURICH
À Zurich en 1915 se retrouvent des poètes, des écrivains et des artistes qui refusent la guerre et à qui " le monde apparut comme un mélange aveugle de forces déchaînées " (Hugo Ball). Sur une initiative de l'écrivain Hugo Ball, Hans Arp, Sophie Taeuber, Tristan Tzara, Marcel Janco, Richard Huelsenbeck et Walter Sterner créent le cabaret Voltaire, dans l'arrière-salle de la taverne de la Meierei, et y organisent des soirées (lectures, danses, musique). En 1916, Ball publie la revue Cabaret Voltaire, puis crée avec Tzara la revue et la galerie Dada. Tzara raconte ainsi l'origine de ce nom : " Je cherchais dans un dictionnaire un mot approprié aux sonorités de toutes les langues, il faisait presque nuit lorsqu'une main verte déposa sa laideur sur la page du Larousse - en indiquant d'une manière précise Dada [... 1 ". Et Ball ajoute : " Comment peut-on se débarrasser de tout ce qui est anguille et journalier, de tout ce qui est l'aimable et l'adorable, de tout ce qui est moralité, animalité, préciosité. En disant Dada. " Suivant ce programme qui consiste à ne reconnaître aucune théorie et à ne retenir que la création spontanée, les dadaïstes zurichois écrivent des poèmes phonétiques et créent des oeuvres qui ne sont plus peintes mais faites " directement en pierre, bois, fer, étain, des rocs, des organismes locomotives pouvant être tournés de tous côtés par le vent limpide de la sensation momentanée (reliefs, collages, papiers découpés), etc.
DADA NEW YORK
Marcel Duchamp, installé à New York, affirme avoir pris connaissance du mot " dada " fin 1916 à la lecture de la Première Aventure céleste de monsieur Antipyrine de Tristan Tzara. Toutefois, dès 1915, un esprit non conformiste que l'on peut qualifier de dada souffle sur New York. Duchamp, Picabia, Man Ray, Schamberg, le boxeur Arthur Cravan, le poète William Carlos Willams, la danseuse Isadora Duncan, etc., se retrouvent lors de soirées organisées dans l'appartement des collectionneurs Louise et Walter Arensberg. Ils lancent des revues dada (291, the Ridgefield Gazook, Blind Man, 391, TNT New York Dada), organisent des conférences ou créent la Society of Independant Artists (1916) qui exposera en 1917 les oeuvres de tous ceux qui se sont portés candidats " sans jury, ni prix ".
DADA BARCELONE
En 1916, Picabia séjourne pendant quelques mois à Barcelone et y crée la revue d'esprit dada 391.
DADA BERLIN, COLOGNE, HANOVRE
Après la Première Guerre mondiale, Dada se répand dans les grandes villes ,allemandes ; réunissant communistes et anarchistes, il prend un caractère plus politisé : " Le plus grand art sera celui qui représentera consciemment dans son contenu les multiples problèmes de l'époque ", affirme Huelsenbeck dans le Manifeste dadaïste en 1918. La même année, Huelsenbeck, Hausmann et Grosz créent le Club Dada à Berlin, organisent des soirées dada et s'engagent dans des actions de provocation radicales (caricatures, distributions de tracts, etc.) dirigées contre la République de Weimar qui n'est " que mensonge, le déguisement de la barbarie teutonique " (Hausmann).
Baader, Huelsenbeck, Hausmanri font une tournée de manifestations dada dans toute l'Allemagne. En 1920, Grosz, Hausmann et Heartfield organisent la Première Foire internationale Dada à Berlin, une exposition qui réunit les collages, photomontages, constructions, etc., des dadaïstes allemands. À Cologne, Hans Arp, Max Ernst et Theodor Baargeld créent un groupe dada ; ils organisent des expositions et éditerit les revues Die Schammade et Bulletin D. À Hanovre, Kurt Schwitters, proche de Tristan Tzara, refuse de considérer, comme Huelsenbeck, que Dada est aussi une affaire politique et propose pour Dada un autre nom : Merz.DADA PARIS
En janvier 1920, Tristan Tzara s'installe à Paris. Avec Picabia et ses revues, 391 et Cannibale, et avec André Breton, co- fondateur de la revue Littérature, il donne un nouveau souffle à Dada. Ce même mois, un Festival Dada se tient salle Gaveau (pièces musicales, interventions, lectures, danses) ; un Salon Dada est également organisé en 1921. Mais des dissensions apparaissent, en particulier entre Breton et Tzara sur l'éventualité de réunir un " Congrès pour la détermination des directives et la défense de l'esprit moderne ". Elles culminent en une bagarre générale entre les partisans de Tzara et ceux de Breton lors de la soirée " Coeur à barbe " (1 923). Cette ultime péripétie met fin à l'activité proprement dadaïste dans la capitale. Breton, vainqueur, forme autour de lui le Groupe surréaliste (1924).
Les artistes :
Arp, Baader, Blumenfeld, Charchoune, Duchamp, Ernst, Freundlich, Griebel, Grosz, Hausmann, Heartfield, Hâch, Janco, Man Ray, Picabia, Raderscheidt, Richter, Schad, Schwitters, Seiwert, Taeuber-Arp, Van DoesburgDevetsil
Groupe créé en 1920 à Prague en Tchécoslovaquie sous l'impulsion de Karel Teige. Il réunit des artistes, des écrivains, des poètes et des architectes qui organisent des expositions et publient la revue Red (1 927). En 1924, Devetsil publie le Manifeste du poétisme rédigé par Teige et Vitezslav Nevzal, qui prône l'alliance de l'art et de la poésie. Uaction de Devetsil prend fin en 1929, après une polémique dans laquelle Styrsky accuse publiquement Teige d'orienter le groupe vers une action politique et affirme : " Cela n'a pas d'importance si le poète est un camelot du Rude Pravo ou un général tchécoslovaque, même si cela est difficile à imaginer. Le vrai poète se tient toujours à l'écart des querelles et des magouilles politiques. La Révolution s'approprie les poètes toujours a posteriori [... 1. Les intérêts du poète sont toujours en dehors des partis, il ne s'occupe pas de savoir combien coûtent en Union soviétique cinquante grammes de cannelle. "
Les artistes :
Sima, Styrsky, Teige, Toyen
Voir aussi Artificialisme
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseThe Elght, dit aussi Ash-can school ou Groupe des Huît
Groupe qui rassemble huit artistes qui exposent ensemble pour la première fois en février 1908 aux Macbeth Galleries à New York. Il s'élève contre la peinture académique pratiquée aux États-Unis et dépeint de manière réaliste la vie urbaine sous tous ses aspects, même les plus grossiers (d'où le nom d'Ash-can school ou " École de la poubelle " qui leur est donné par la critique).
Les artistes :
Bellows, Henri, Sloan
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseGroupe Espace
Groupe fondé en 1951 par André Bloc et Félix Del Marie. Le manifeste du groupe est publié en 1952 dans le catalogue du Salon des *Réalités nouvelles. Espace prône la synthèse entre art et architecture et défend " un Art non figuratif qui s'inscrit dans l'Espace réel, répond aux nécessités fonctionnelles et aux besoins de l'homme des plus simples aux plus élevés ".
Les artistes :
Béothy, Del Marle, S. Delaunay
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseExpressionnisme
Tendance artistique qui apparaît au tout début du xx, siècle et qui réunit des artistes pour qui l'expression détermine la forme. Le terme est véritablement défini lors de l'exposition du Sonderbund à Cologrie en 1912 comme " le mouvement pictural f... 1 qui se propose de simplifier et d'intensifier les formes d'expression par la mise en uvre de nouveaux rythmes et par la musicalité des couleurs ". Parfois appliqué aux Fauves, il est véritablement caractéristique des oeuvres des artistes de Die Brücke, de la Nouvelle Association des artistes de Munich et du Blaue Reiter. Herwarth Walden, directeur de la galerie berlinoise Der Sturm et de la revue du même nom, est dans les années dix et les années vingt le défenseur le plus actif de cette tendance.
Cette manière de " représenter l'art non pas comme un phénomène extérieur mais comme élément de l'impression intense qu'on a récemment baptisée expression " (Kandinsky) devient par la suite un terme générique employé pour définir l'oeuvre de.tous ceux qui traduisent dans leur oeuvre leur préoccupation pour des questions morales, religieuses, sociales, etc., de manière subjective. Après la Première Guerre mondiale, l'Expressionnisme se développe en Belgique (Permeke, De Smet) et en France (Rouault, Soutine). Il trouvera un écho dans les préoccupations des *muralistes mexicains (Siqueiros, Orozco, Tamayo) des années 1920-1930.
Les artistes :
Amiet, Barlach, Beckmann Boeckl, Bortnyik, Capek, Chabaud, De Smet, Di Cavalcanti, Dix, Ensor,
Felixmüller, Freundlich, Gerstl, Goerg, von Gütersloh, Heckel, Hoerle, Hofer, Jawlensky, Kandinsky,
Kirchner, Kokoschka, Kubin, Kubista, Lehmbruck, Macke, Marc, Meidner, Modersohn-Becker, Mueller,
Munch, Münter, Nolde, Pechstein, Permeke, Rohlfs, Rouault, Schiele, Schmidt-Rottluff, Schoenberg,Segall, Sert, Servaes, Soutine, Van Dongen, Vigeland, Werefkin, Zadkine, Van den Berghe
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseGroupe F 64
Groupe fondé en 1 932 et qui réunit des tenants de la *Photographie pure. Le manifeste du groupe le définit ainsi : " Le nom de ce groupe correspond à une référence de diaphragme. Il évoque la clarté, la bonne définition de l'image photographique [... ]. Ses membres pensent que la photographie en tant qu'art doit se développer dans le champ défini par les caractéristiques et les limites du procédé photographique. "
Les artistes :
Adams, Cunningham, Weston
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseFauvisme
Mouvement informel qui réunit en France des peintres qui effectuent des recherches communes, principalement entre 1904 et 1908.
Le terme de " fauve " est employé en premier par le critique Louis Vauxcelles dans ses commentaires sur les oeuvres des artistes exposés dans la salle VII du Salon d'automne (Camoiri, Derain, Manguin, Matisse, Marquet, Vlaminck), qui se tient à Paris du 18 octobre au 25 novembre 1905. Parlant des peintures de Matisse, Vauxcelles écrit : " Il a du courage, car son envoi - il le sait, du reste - aura le sort d'une vierge chrétienne livrée aux fauves du cirque " et à propos des sculptures d'Albert Marquet, il déclare : " La candeur de ces bustes surprend au milieu de l'orgie des toris purs : Donatello chez les fauves. " Il désigne alors cette salle VII sous le nom de " cage aux fauves ". Les Fauves rejettent la peinture académique, affirment leur intérêt pour l'oeuvre des postimpressionnistes, de Van Gogh et de Gauguin. Ils apposent leurs couleurs pures et vibrantes en aplats, simplifient leur dessin, rejettent les règles de la perspective classique, cernent leurs formes, utilisent librement la couleur, de manière souvent infidèle à la nature. Derain parle des couleurs comme " des cartouches de dynamité " et Dufy résume : " Comment [ ] parvenir à rendre, non
pas ce que je vois mais ce que c'est, ce qui existe pour moi, ma réalité ? Voilà tout
le problème . Je me mis alors à dessiner, à choisir dans la nature ce qui me
convenait [ À partir de ce jour-là, il me fut impossible de revenir à mes luttes
stériles avec les éléments qui s'offraient à ma vue. Ces éléments, il n'était plus
question de les représenter sous leur forme extérieure. "
Les artistes :
Braque, Camoiri, Chabaud, Derain, Dufy, Friesz, Manguin, Marquet, Matisse, Puy, Rouault, Valtat, Van Dongen, Vlaminck
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseGroupe de Fitzroy Street - Fitzroy Street Group : voir Groupe de Camden Town
Friday Club
Association fondée en 1905 par Vanessa Bell dans sa maison, au 46, Gordon Square à Londres, pour favoriser les rencontres entre artistes et écrivains et organiser des expositions. Le Friday Club est actif jusque dans les années vingt et organise des expositions à l'Alpine Club de Londres de 191 1 à 1922.
Les artistes :
Bell, Bomberg, Fry, Grant, Nash, Nevinson
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseFuturisme
Le Manifeste du futurisme, rédigé par le poète et écrivain Filippo Tommaso Marinetti, est publié en France le 20 février 1909 dans le Figaro. Marinetti y annonce la naissance d'un nouveau mouvement d'avant-garde. Il y exprime des positions radicales : " une automobile rugissante qui a l'air de courir sur de la mitraille est plus belle que la Victoire de Samothrace " ; ou encore : " Nous voulons démolir les musées, les bibliothèques, combattre le moralisme, le féminisme et toutes les lâchetés opportunistes et utilitaires. " Il invite l'Italie à se lancer dans le monde du futur, celui de la machine, de la ville, de la vitesse et prône une esthétique nouvelle pour rendre compte de " la sensation dynamique elle-même ".
Il est rejoint par des peintres, des sculpteurs, des photographes. Le 11 avril 1910, Balla, Carrà, Boccioni, Russolo et Severini publient le Premier Manifeste des peintres futuristes, dans lequel ils affirment : " Nous voulons combattre avec acharnement la religion fanatique, inconsciente et snob du passé entretenue par l'existence néfaste des musées. [ ] N'est vital que l'art qui prend ses éléments dans le milieu qui l'entoure. [ 1 nous devons nous inspirer des miracles tangibles de la vie contemporaine, du réseau métallique de la vitesse qui parcourt la terre, des transatlantiques, des Dreadnought, des vols merveilleux qui sillonnent les cieux, des audaces ténébreuses des scaphandriers, de la lutte spasmodique pour la découverte de l'inconnu. " À sa suite sont publiés le Manifeste technique de la peinture futuriste (1 1 février 1910, collectif), le Manifeste technique de la sculpture futuriste (1912, signé du seul Marinetti), le manifeste Photodynamisme futuriste (1913, par Ariton Bragaglia), la Peinture des sons, des bruits et des odeurs (1913, par Carrà), etc. Dans les arts plastiques, les futuristes, qui reprennent les acquis du Divisionnisme et du *Cubisme, développent les notions de ligne-force "
(par laquelle le spectateur doit avoir l'impression d'être placé au centre du tableau), de simultanéité, de dynamisme et tentent de rendre la réalité physique de la matière et de la lumière dans leurs couvres.
La littérature - avec en particulier le cercle formé par Marinetti autour de sa revue Poesia, créée en 1905 - et l'art sont intimement mêlés dans le Futurisme, qui utilise les moyens de communication de masse. Des manifestations et des soirées (les serati) sont organisées, des manifestes et des revues publiés - ainsi la revue Lacerba fondée en 1913 à Florence par Papini et Soffici, qui devient l'organe officiel du mouvement. Le Futurisme s'étend aussi à d'autres domaines de la création : cinéma, décoration, musique, architecture (le Manifeste de l'architecture futuriste est publié en 1914 par l'architecte Antonio Sant'Elia). Il se répand partout en Europe, est repris, synthétisé avec le *Cubisme, par les *cubo-futuristes en Russie et les *vorticistes en Grande-Bretagne.
En 1915, le mouvement est en partie dissous. Marinetti et Soffici rejoignent Mussolini, réclament la guerre, " hygiène du monde ", et font l'apologie du nationalisme et du fascisme, auquel Marinetti adhère en 1919. En 1922, dans son ouvrage Futurisme et Fascisme, ce dernier affirme : " La victoire de Vittorio Veneto et l'avènement au pouvoir du fascisme constituent la réalité du programme minimum futuriste lancé [... ] par les futuristes italiens. "
Un mouvement dit " Second Futurisme " (Balla, Prampolini, Fillia, Dottori, Depero, etc.) reprend, entre la fin de la Première Guerre mondiale et les années trente, les recherches formelles du Futurisme en y intégrant celles d'autres mouvements, comme le *Constructivisme, le *Purisme, l'Abstraction géométrique et même le *Surréalisme.
Les artistes :
Almada-Negreiros, Balla, Boccioni, D. Bourliouk, Bragaglia, Carrà, Del Marie, Depero, Gouro, Nevinson, Prampolini, Russolo, Severini, Sironi, Soffici
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseFuturisme russe : voir Cubofuturisme
Gakhn - Académie nationale des sciences artistiques
Académie créée en 1921 à Moscou et dont Kandinsky est le premier vice-président. Le Gakhn a pour vocation de créer des liens entre les arts (arts plastiques, littérature, musique, architecture, etc.) et les sciences (mathématique, philosophie, physique, sociologie, etc.). Le Gakhn organise des expositions, finance des publications, des recherches. Cette académie disparaîtra en 1930.
Les artistes :
KliouneVoir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, Larousse
" La Guirlande-Stephanos "
Première exposition de l'avant-garde russe organisée par David Bourliouk à Moscou en 1907. Bourliouk y présente, en réaction à la peinture académique ou symboliste, des oeuvres inspirées par l'art populaire.
Les artistes :
Baranoff-Rossiné, D. et V. Bourliouk, Gontcharova, Larionov, Survage, Yakoulov
Voir aussi " Vienok-Stephanos "
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseHarlem Renaissance
Mouvement littéraire constitué en 1925 par le philosophe et historien Allan Locke et par des écrivains du quartier de Harlem à New York (Countee Cullen, Langston Hughes, Zora Neale Hurston, James Weldon Johnston, Jean Toomer). Il vise à " s'inspirer de l'art ancestral africain " pour créer un mouvement spécifique aux Noirs-Américairis. S'y associent des peintres, des sculpteurs, des dessinateurs et des photographes qui, les premiers, dépeignent la vie quotidienne, l'héritage et le folklore afro-américains et affirment leur spécificité. S'ils ne forment pas de groupe et n'ont pas de style commun, ils se font connaître sur la scène américaine grâce aux expositions organisées par la Fondation Harmon jusque dans les années trente. Ce mouvement qui s'éteint avec la crise de 1929 est redécouvert dans les années soixante aux États-Unis.
Les artistes :
Douglas, VanDerZee
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, Larousse
Groupe des Huit. Voir The *EightLes Huit - Osma
Groupe formé en 1907 à Prague en Autriche-Hongrie. Il réunit jusqu'en 191 1 de jeunes artistes qui se sont rencontrés à l'Académie des beaux-arts de Prague. Ceux-ci se prononcent contre l'académisme et le naturalisme et veulent donner, en organisant des expositions, une nouvelle orientation à l'art dans leur pays. Les Huit sont d'abord proches de I'Expressionnisme puis du Cubisme. Certains membres du groupe participeront au groupe des Artistes plasticiens.
Les artistes :
Filla, Kubin, Kubista, Prochàzka
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseImmaculate School. Voir Précisionnisme
Inkhouk - INstitout KHOUdojestviennoï Koultoury
" Institut de la culture artistique "
En 1920, Anatole Lounatcharski réforme le Narkompros (NARodny KOMissariat PROSviechtchéniya, Commissariat au peuple à l'instruction) et crée l'Inkhouk (ou Institut de la culture artistique). Comme L'Izo, il est divisé en départements régionaux et a pour fonction de gérer les questions d'organisation de l'art et de la culture artistique.
Les artistes :
Filonov, Kandinsky, Klucis, Malevitch, Mansouroff, Matiouchine, Oudaltsova, Popova, Rodtchenko,
G. et V. Stenberg, Stepanova, Tchachnik
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseIZO - IZObrazitelnoïe iskousstvo
(" Arts de la représentation, arts plastiques ")
Acronyme (russe) de la section des arts plastiques du Narkompros (Commissariat au peuple à l'instruction, dirigé par Anatole Lounatcharski), fondée en Russie après la révolution d'Octobre, dont l'activité s'étendra jusqu'en 1920, où il est remplacé par I'*Inkhouk. Ulzo, dont la direction générale est à Moscou, est divisée en départements régionaux. Responsable de la gestion et des achats dans les domaines de la peinture, de la sculpture, des arts graphiques et de l'architecture, 1'lzo organise des expositions et permet la création de musées de la culture picturale.
Les artistes :
Altmari, Kandinsky, Klioune, Malevitch, Oudaltsova, Rodtchenko, Rozanova, Stepariova, Strzeminski, Tatline
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseGroupe de Londres - London Group
En novembre 1 913, des artistes du groupe de *Camden Town se réunissent avec des membres d'autres associations artistiques londoniennes pour former le Groupe de Londres. Harold Gilman en est, de 1913 à 1919, le premier président.
Le Groupe de Londres rie propose pas de vision théorique : il réunit des artistes de diverses tendances. La première exposition du groupe a lieu en mars 1914 à la Goupil Gallery de Londres, et ses manifestations se poursuivent jusqu'à la Seconde
Guerre mondiale. Son influence se manifestera même au-delà de cette période, à travers d'autres tendances.
Les artistes :
Bell, Bomberg, Epstein, Gertler, Gilman, Ginner, Gore, Grant, Hitchens, Nash, Nevinson, Smith, Wadsworth
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseGroupe Ma "Aujourd'hui "
Groupe et revue d'avant-garde fondés respectivement en 1915 et en 1916 à Budapest par Lajos Kassàk, chef de file de l'activisme hongrois. Ma, qualifié de " groupe des activistes hongrois ", réunit des artistes et des écrivains. lis cherchent, tant en matière de sujets que de techniques, à créer un art à la mesure de leur temps, apte à contribuer à la transformation de la société dans le sens d'une " conception socialiste consciente du monde ". Ma organise des expositions d'artistes de différentes tendances (*Cubisme, *Expressionnisme, *Symbolisme), publie des ouvrages et crée une école de théâtre. Ma s'associe au mouvement révolutionnaire en 1918 puis à la Commune de Budapest et à la République des Conseils (mars-août 1919), et développe un travail idéologique en faveur du socialisme. La revue Ma est interdite en juillet 1919 car Kassàk refuse de se plier à une conception d'un art officiel " dicté d'en haut ". Il s'exile à Vienne puis à Berlin où il poursuit la publication de la revue. Il soutient alors le *Constructivisme, le *Dadaisme et le *Suprématisme. Le groupe Ma disparaît en 1925.
Les artistes :
Bortnyik, Kassàk, Moholy-Nagy
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, Larousse" Le Magasin "
Exposition organisée par Tatline à Moscou en avril 1916. Y sont montrées des oeuvres futuristes ainsi que des " reliefs > et des " contre-reliefs
Les artistes :
Exter, Oudaltsova, Tatline
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, Larousse" Le Maillon " - " Zvieno "
Exposition organisée par David Bourliouk en 1908 à Kiev. Il se réfère alors à l'art populaire et à l'oeuvre d'artistes comme Cézanne, Gauguin ou Van Gogh et publie un manifeste : la Voix de l'impressionnisme : pour la défense de l'ail.
Les artistes :
Baranoff-Rossiné, D. et V. Bourliouk, Exter
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseLe Monde de l'art - Mir iskousstva
Revue et association symboliste fondée principalement par Serge de Diaghilev et Alexandre Benois en 1898. À partir de 1913, une autre association, qui regroupe des artistes de courants très divers, organise des expositions.
Les artistes :
Bakst, Beriois, Klioune, Larionov, Petrov-Vodkine, Yakoulov
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, LarousseMots en liberté
En 1912, 1913 et 1914, Maririetti publie trois manifestes sur la littérature futuriste dans lesquels il fait appel à la notion de " mots en liberté ". Les poèmes de Mots en liberté, inspirés en partie par les Calligrammes d'Apollinaire, obéissent à un
certain nombre de principes définis par Marinetti : " Destruction de la syntaxe Utiliser le verbe à l'infinitif - Chaque substantif doit avoir son double - Abolition de la ponctuation - Trouver des gradations d'analogies toujours plus vastes Il n'y a pas de catégories d'images - Réaliser un maximum de désordre dans la disposition des images [ ]. " Selon ces principes, à partir de 1913, les peintres futuristes introduisent des mots en liberté (lettres, mots, chiffres, pictogrammes) dans leurs tableaux ou dans leurs collages. En 1919, Marinetti publie un album de " collages typographiques ", les Mots en liberté futuristes, dans lequel il réunit " des planches synoptiques de poésies ou paysages de mots subjectifs ".
Les artistes :
Balla, Carrà, Severini, Sironi, Soffici
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseMuralisme mexicain
Mouvement pictural né au Mexique vers 1921, après la révolution, et défini par Siqueiros comme " un mouvement utopique qui mène sur le chemin de la peinture révolutionnaire ". En 1921, José Vasconcelos, ministre de l'Education, met en place une politique de commandes publiques monumentales. Ces uvres doivent contribuer à l'éducation du peuple mexicain. Les peintres engagés dans la révolution créent alors un " art monumental et héroïque, humain et populaire " (Siqueiros). Ils s'inspirent de la culture précolombienne, de la technique italienne de la fresque et réalisent de grandes compositions lyriques et baroques dans lesquelles ils racontent les moments emblématiques de l'histoire de leur pays jusqu'à la révolution, l'histoire de l'humanité et ses grands mythes. À partir des années trente, les muralistes peignent des uvres pour des commandes dans le monde entier Leur influence est particulièrement sensible aux États-Unis entre 1931 et 1941. Ils exécutent de grandes fresques dans tout le pays, notamment dans le cadre du Federal Art Project du WPA (Work Progress Administration). Siqueiros, quant à lui, transmet son savoir à New York par le biais de son école - El Siqueiros International Workshop - que fréquentent des artistes comme Jackson Pollock. Le Muralisme se poursuit au Mexique jusque dans les années cinquante.
Les artistes :
Orozco, Rivera, Siqueiros, Tamayo
Voir aussi Expressionnisme
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseNéoplasticisme
En 1920, Piet Mondrian dédie son manifeste, le Néoplasticisme, " aux hommes futurs ". Il y énonce que " la nouvelle plastique [ 1 doit trouver son expression dans l'abstraction de toute forme et couleur, c'est-à-dire dans la ligne droite et dans la couleur primaire nettement définie ". On doit arriver à <, une représentation exacte de rapports équilibrés " qui sont " la plus pure représentation de l'Universalité, de l'harmonie et de l'unité qui sont le propre de l'esprit ". Le Néoplasticisme présente le rapport de " l'extrême un en face de l'extrême autre [ ], d'une manière précise par la dualité de position formant l'angle droit ". En jouant des rapports entre des lignes droites disposées de manière orthogonale et des couleurs pures, les adeptes du Néoplasticisme veulent exprimer " l'intériorité et l'extériorité ", " la réconciliation de la dualité matière-esprit ".
Les artistes :
Domela, Gorin, Del Marle, Huszàr, Mondrian, Richter, Taeuber-Arp, Van der Leck, Van Doesburg, Vantorigerloo, Vordemberge-Gildewart
Voir aussi De *Stijl
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseNéoprimitivisme
Courant artistique qui se développe en Russie entre 1907 et 1912 en réaction contre le Symbolisme. Les néoprimitivistes trouvent leur inspiration en retournant aux sources et au style de l'art populaire russe (enseignes, icônes, *Ioubok) et en s'intéressant aux dessins d'enfants. Ils prennent pour thèmes des sujets du quotidien (scènes de la vie des artisans, des commerçants, des paysans, des soldats, etc.) qu'ils peignent de manière expressive et simplifiée, en utilisant des couleurs vives. Les néoprimitivistes montrent leurs uvres aux expositions La Guirlande-Stephanos à Moscou (1907) et " Vienok-Stephanos " à SaintPétersbourg (1909).
Les artistes :
D. et V. Bourliouk, Chagall, Gontcharova, Gouro, Larionov, Malevitch, Sarian, Siniakova, Tatline
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseNeue Sachlichkeit. Voir Nouvelle Objectivité
Nouvelle Association des artistes de Munich
Neue Künstlervereinigung München - NKVM
Association d'artistes expressionnistes formée en 1909 à Munich et dont Kandinsky est le premier président. Les membres de la NKVM définissent ainsi leurs intentions : " Nous partons de la conviction que l'artiste ne cesse d'amasser les expériences de son monde intérieur, en plus des impressions qu'il reçoit du monde extérieur ou de la nature. La recherche des formes artistiques aptes à exprimer l'interpénétration mutuelle de ces deux sortes d'expériences, dont les formes doivent conserver leur pertinence de manière à n'exprimer que l'essentiel en d'autres termes, la quête d'une synthèse artistique -, tel est à nos yeux le mot d'ordre qui, dès à présent, rallie un nombre croissant d'artistes. " La NKVM organise des expositions de ses membres auxquels elle associe des artistes européens invités et publie des catalogues. Elle cesse ses activités en 1912.
Les artistes :
D. et V. Bourliouk, Fiofer, Jawiensky, Kandinsky, Kanoldt, Kubin, Marc, Münter, Werefkin
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseNouvelle Objectivité - Neue Sachlichkeit
Tendance apparue en Allemagne après la Première Guerre mondiale. Elle reflète la position de nombre d'artistes allemands, pour la plupart issus de I'Expressionnisme ou du *Dadaïsme, pendant la République de Weimar. Elle est résumée par G. Grosz en 1921 : " Je cherche à nouveau à donner une image du monde absolument réaliste, déclare-t-il. Je m'efforce d'être compréhensible à chaque homme... Il ne s'agit plus de jeter sur la toile les sortilèges multicolores des tapisseries d'âme expressionnistes. L'objectivité et la clarté du dessin industriel sont une image directrice meilleure que les balivernes incontrôlables de la Kabbale, de la métaphysique et de l'extase mystique. " Gustav Hartlaub est à l'origine du nom donné à ce courant pictural dont il organise une exposition en 1925 à la Kunsthalle de Mannheim, dont il est le directeur. Il voit cependant dans cette notion de Nouvelle Objectivité " une aile droite et une aile gauche. L'une, conservatrice, [ ] veut sanctifier de nouveau [ ] la plastique du corps par le dessin pur selon la nature, peut-être en exagérant le côté terrestre, les rondeurs... l'autre, l'aile gauche, [ ] cherche la mise en évidence du chaos, le vrai visage de notre temps avec une avidité primitive de fixation, de mise à nu surexcitée de soi. " Les représentants de la Nouvelle Objectivité réalisent des uvres réalistes dans lesquelles ils traitent avec une précision minutieuse et une froideur parfois féroce de la vie quotidienne. Une autre exposition importante de la Nouvelle Objectivité a lieu au Stedelijk Museum d'Amsterdam en 1929.
Les artistes :
Beckmann, Bissier, Dix, GroBberg, Grosz, Hubbuch, Kanoldt, Mense, Raderscheidt, Radziwill, RengerPatzsch, Schad, Scholz
Voir aussi Réalisme magique
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseNovecento ( "< xx' siècle ")
Groupe formé à partir de 1922 par le critique Margherita Sarfatti ; revue artistique et littéraire trimestrielle fondée en 1926 par Massimo Bontempelli et Curzio Malaparte, dont la publication cessera en 1929. Le groupe expose pour la première fois à la galerie Pesaro à Milan en mars 1923. Il devient officiellement un mouvement en 1926 sous le nom de Novecento italiano. Margherita Sarfatti est à la fois la maîtresse et la conseillère culturelle de Mussolini ; elle organise de nombreuses expositions (Biennales de Venise à partir de 1924 ; Palazzo della Permanente à Milan, 1926 et 1929 ; Triennale de Milan, 1933, etc.) et obtient des aides et des commandes de l'État pour les artistes du groupe dont le travail devient représentatif de l'art fasciste.
Le Novecento est opposé à la notion d'avant-garde et au *Futurisme, " il se doit d'être populaire et d'attirer le public ". Il n'est pas défini par une doctrine esthétique rigide mais renoue avec le Classicisme, la Renaissance italienne, avec un style archaïsant et monumental, avec la peinture murale. À la fin des années vingt, il participe à l'exaltation des valeurs fascistes : la famille, le travail, la nation, le sport, le courage. Achille Funi et Mario Sironi sont alors les figures les plus actives du mouvement, qui disparaîtra en 1933.
Les artistes :
Campigli, Carrà, Casorati, De Chirico, De Pisis, Martini, Morandi, Rosso, Severini, Sironi, Soffici
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition Larousse
Groupe Novembre - NovembergruppeGroupe fondé en 1918 à Berlin après la révolution de Novembre (République de Weimar). Lié à l'Arbeitrat für Kunst (Conseil pour l'art), il réunit des peintres, des sculpteurs et des architectes qui se veulent des " révolutionnaires de l'esprit ". Ils publient le manifeste An aile Künstier dans lequel ils déclarent : " Peintres, architectes, sculpteurs, vous dont la bourgeoisie - par vanité, snobisme et désoeuvrement - a généreusement rétribué le travail, écoutez ! À cet argent-là collerit la sueur et le sang et l'énergie nerveuse de milliers de pauvres êtres humains harassés. Écoutez ! [... ] Il faut que nous attisions la plus grande des vertus socialistes : la fraternité humaine.'' Le Groupe Novembre organise des expositions et des conférences dans le but d'offrir un accès direct et populaire à l'art. Ses activités se poursuivent jusqu'en 1924.
Les artistes :
Belling, Dix, Feininger, Felixmüller, Freundlich, Griebel, Hausmann, Meidner, Mense, Nolde, Pechstein, Radziwill, Richter, Scholz, Willink
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition Larousse
Groupe Obmokhou
Association fondée en 1919 par les élèves des *Svomas de Moscou. UObmokhou organise des expositions et crée un atelier de production d'affiches, de sigles, de décors de propagande, etc. Cette association disparaît en 1923.
Les artistes :
Kobro, G. et V. Stenberg, Yakoulov
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseOmega Workshops
Coopérative créée en juillet 1913 par Roger Fry, Fitzroy Square à Londres. Vanessa Bell et Duncan Grant en furent les codirecteurs. Les Omega Workshops se proposent de créer des objets mobiliers innovants, financent de jeunes artistes en les employant à temps partiel et en leur passant commande de décorations dans le domaine des arts appliqués (meubles, tapis, rideaux, vaisselle). Les objets produits portent pour toute signature la lettre Q. Cette expérience prend fin en 1919, faute de moyens financiers.
Les artistes :
Bell, Fry, Gaudier-Brzeska, Grant
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseOrphisme ou Simultanéisme
Le terme d'Orphisme - ou encore de " *Cubisme orphique " - est employé en 1912 par Guillaume Apollinaire en référence à son poème le Cortège d'Orphée pour qualifier une série de tableaux non figuratifs et géométriques de Robert Delaunay (uvres désignées par l'artiste sous le nom de " peintures simultanées "). Delaunay s'inspire de la loi du contraste simultané des couleurs de Chevreul et utilise le contraste comme un moyen d'expression : " Une couleur simple détermine sa complémentaire, à l'opposé, quand elle ne la détermine pas, elle se brise dans l'atmosphère et provoque simultanément toutes les couleurs du spectre. " Il affirme que la nouveauté de cette recherche " n'est pas dans la distribution des figures géométriques, mais dans la mobilité des éléments constitutifs, rythmiquement colorés de l'uvre ". Les recherches de l'Orphisme présentent des similarités avec celles développées par les *synchromistes américains à la même époque.
Les artistes :
Bruce, R. et S. Delaunay, Souza-Cardoso
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseOsma. Voir Les *Huit
OUNOVIS - OUtveridénié NOVovo v ISkousstvié -
Affirmation et fondement du Nouveau en Art
Pendant l'été 1919, Malevitch rejoint l'École d'art de Vitebsk, dirigée par Marc Chagall, pour y enseigner. Après avoir obtenu le départ de Chagall, il crée l'Ounovis (1919-1922), une école où il enseigne la " science des cultures picturales " ainsi que la théorie et la philosophie du Suprématisme. À partir de 1920, l'Ounovis développe des projets d'architectures pour créer le " système uni de l'architecture mondiale de la Terre ".
Les ateliers de l'Ouriovis éditent des brochures, comme le Suprématisme, 34 dessins de Malevitch (1 920), organisent des expositions, des ballets et des soirées musicales ou poétiques. Le groupe Ounovis rassemble les élèves de Malevitch et le suit à I'Inkhouk puis au Ghinkhouk (Gossoudarstvienny INStitout KHOUdojestviennoï Koultoury, ou Institut natioanl de la culture artistique) de Petrograd, de 1922 à 1926.
Les artistes :
Kobro, El Lissitzky, Malevitch, Strzeminski, Tchachnik
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LaroussePeinture métaphysique
Mouvement pictural formé en 1916-1917 par des artistes mobilisés qui se rencontrent à l'hôpital militaire de Ferrare en Italie. Il trouve son origine dans le style des tableaux peints par De Chirico depuis le début des années dix. Le frère de ce dernier, Alberto Savinio, qui voit " une idée métaphysique " dans tout objet, devient le théoricien de la Peinture métaphysique dont il prend la défense dans la revue * Valori plastici (1 919-1922). La première exposition du groupe est organisée en juin 1918 à Rome.
La Peinture métaphysique veut aller au-delà des apparences, elle veut poser une énigme. Selon De Chirico : " Un tableau doit toujours marquer le reflet d'une sensation profonde, et profond signifie étrange, et étrange signifie peu connu ou tout à fait inconnu. " Cette peinture à pour caractéristiques un refus de la perspective classique et une multiplication des points de fuite ; une précision réaliste et déshumanisée des objets représentés ; un intérêt pour le passé et la mythologie ; la création d'une atmosphère évocatrice d'une ambiance irréelle, inquiétante, intemporelle ; l'utilisation de thèmes récurrents tels que mannequins, statues, places et villes désertes, maisons aux volets clos, portiques, équerres, compas, objets et leurs ombres.
Dans les années vingt, les artistes *surréalistes sont très sensibles à la Peinture métaphysique, qui préfigure celle de leur mouvement.
Les artistes :
Carrà, De Chirico, De Pisis, Morandi, Savinio
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LaroussePeinture sans-objet ou " inobjective ". Voir Suprématisme
Groupe Die Phalanx ("< La Phalange ")
Groupe fondé en 1901 à Munich par opposition à l'académisme de la Sécession munichoise. Phalarix organise des expositions d'art moderne et crée une école d'art où Kandinsky enseigne jusqu'en 1903. Phalarix disparaît en 1904.
Les artistes :
Kandinsky, Münter
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LaroussePhotographie pure - Straight Photography
Mouvement apparu aux États-Unis vers 1916. Les praticiens de la Photographie pure s'opposent au Pictorialisme. Ils refusent toute intervention sur la prise de vue et lors du développement du cliché. Ils revendiquent une approche analytique et objective de la réalité photographique : " La photographie, qui est la première et jusqu'à présent la seule contribution importante de la science aux arts, trouve sa raison d'être, comme toute autre voie d'expression, dans le caractère unique de ses moyens. L'objectivité est ici totale, absolue [... ]. Le pouvoir que recèle en lui un procédé dépend de la pureté de son usage. ", affirme Paul Strand. Ses adeptes réalisent des photos de personnes anonymes saisies dans la rue, montrent des paysages, des détails d'architectures, des natures mortes d'objets. Dans des images nettes, non manipulées, au piqué irréprochable, souvent cadrées en très gros plan, ils font ressortir, de manière impersonnelle, " la force de vie contenue dans la forme " (P. Strand).
Les artistes :
Adams, Cunningham, Sander, Sheeler, Stieglitz, Strand, Weston
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LaroussePictorialisme
Mouvement artistique international constitué vers 1890 par des photographes qui refusent le naturalisme, qui se revendiquent comme artistes et non plus comme techniciens et qui veulent rendre leurs impressions au moyen de la photographie. Ils expérimentent matières et techniques, utilisent des filtres, créent des effets de flou, interviennent sur le cliché lors du développement. Ils constituent des clubs (Linked Ring à Londres, Photo-Club à Paris, Camera Club à Vienne, PhotoSecession à New York, etc.). La revue Camera Work, fondée en 1903 par Steichen, et à laquelle Stieglitz participe, publie les uvres des pictorialistes. Ces deux artistes prendront cependant en 1916, avec la *Photographie pure, le contre-pied de la démarche pictorialiste.
Les artistes :
Adams, Coburn, Cunningham, Steichen, Stieglitz, VanDerZee, Weston
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseGroupe Praesens
Groupe et revue fondés en 1925 à Varsovie pour promouvoir l'avant-garde en architecture et en peinture. La plupart des membres du groupe Blok en font partie. En septembre 1926, Praesens organise sa première exposition et réunit peintres, sculpteurs, architectes, ingénieurs et designers.
Les artistes :
Kobro, Strzeminski
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LaroussePrécisionnisme ou lmmaculate School
Tendance apparue aux États-Unis en 1917. Elle a réuni des peintres ou des photographes qui ont travaillé dans un style proche et sur des sujets communs mais qui ne se sont jamais constitués en groupe - le mot " précision " est utilisé dès 191 7 pour caractériser leur travail alors que le terme d'Immaculate School, qui désigne cette mouvance, appar2Cit seulement à la fin des années vingt. Les précisionnistes traitent le plus souvent des thèmes industriels ou urbains de l'Amérique moderne (architectures des buildings, des usines), hors de toute présence humaine. Ils réalisent également des études d'objets pris dans la nature (fleurs, rochers, etc.) ou dans l'univers mécanique (machines), lesquelles confinent à l'abstraction. Ils réduisent leurs sujets à leur structure géométrique de base de manière précise et réaliste, soit en les photographiant selon des cadrages serrés, parfois en vue plongeante ou en contre-plongée, soit en les peignant de manière simplifiée et plate, sans matière, et en utilisant des couleurs froides.
Les artistes :
Ault, Cunningham, Demuth, Evans, O'Keeffe, Schamberg, Sheeler, Spencer, Stella, Storrs, Strand, Weston
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LaroussePrimitivisme
Tendance qui reflète l'intérêt de nombreux artistes pour l'art des civilisations dites primitives (arts précolombien, égyptien, africain, eskimo, océanien, etc.).
Les artistes :
Epstein, Gaudier-Brzeska, Gill, Modigliani, Pechstein, Picasso, Zadkine
Voir aussi Néoprimitivisme
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseProductivisme
Aussitôt après le début de la révolution d'Octobre, en 1918, le poète Vladimir Ma'iakovski déclare : " Nous n'avons pas besoin de temples, de cimetières d'art où dorment les créatures défuntes. Nous voulons une usine vivante, des créateurs. Uart ne doit pas pourrir dans les temples-musées, mais être partout, dans les rues, dans les fabriques, sur les tramways, dans les ateliers des ouvriers. " S'inscrivant dans cette démarche, un grand nombre des artistes de l'avant-garde russe abandonne, à partir de 1923, la peinture de chevalet et la création d'objets d'art au sens traditionnel pour se consacrer à une production concrète " d'objets de valeur utiles à la classe [ouvrière] et à l'humanité''. Ces artistes travaillent particulièrement dans les domaines de l'architecture, de la danse, du théâtre, de l'édition, des arts appliqués.
Les artistes :
Klucis, El Lissitzky, Popova, Rodtchenko, Siriiakova, G. et V. Stenberg, Stepanova, Tatline, Tchachnik
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LaroussePurisme
En 1918, Le Corbusier et Ozenfant publient Après le cubisme, le manifeste du Purisme. Ils s'opposent au *Cubisme et veulent rendre à l'objet son architecture, son identité universelle et invariable : " Le purisme n'admettra jamais une bouteille de forme triangulaire ", affirment-ils. Ils prônent une représentation précise et contrôlée, suivant des " schémas régulateurs ", et prennent pour thèmes principaux la nature morte et la machine. Les uvres témoignent d'une rigueur statique des formes et de la composition. En 1920, Le Corbusier et Ozenfant fondent la revue l'Esprit nouveau (1920-1925), qui devient l'organe de diffusion du Purisme.
Les artistes :
Cahn, Carlsund, Charchoune, Herbiri, Le Corbusier, Ozenfant
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseGroupe de Puteaux dit aussi de la Section d'or
L'atelier des frères Duchamp à Puteaux est, en 191 1, le lieu de rencontre de nombreux artistes et écrivains intéressés par le Cubisme. Le groupe comprend des artistes tels que Gris, Léger ou Metzinger. On le désigne habituellement sous le nom de Groupe de Puteaux. Ces artistes veulent lier les découvertes du Cubisme aux sciences, aux mathématiques et leur appliquer la règle du nombre d'or (nombre d'origine pythagoricienne considéré comme un canon de proportion par les Grecs). En octobre 1912, ils organisent le Salon de la Section d'or, galerie La Boétie à Paris, et montrent exclusivement des uvres cubistes. Ils publient une revue et organisent des conférences.
Les artistes :
Archipenko, Duchamp, Duchamp-Villon, Gris, La Fresnaye, Laurencin, Léger, Lhote, Marcoussis, Metzinger, Villon
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseLes Quatre Bleus - Die Blauen Vier
Groupe fondé en 1924 par le mécène et agent d'art Galka Scheyer afin de faire connaître, par des expositions et des conférences, les travaux de Feininger, Jawlensky, Kandinsky et Klee aux États-Unis. Le nom de " Quatre Bleus " rappelle leur participation commune au Cavalier bleu (Der Blaue Reiter).
Les artistes :
Feininger, Jawlensky, Kandinsky, Klee
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition Larousse" La Queue d'âne "
Exposition organisée en mars et avril 1912 par Larionov à l'École d'art Stroganov de Moscou. Elle réunit des artistes qui, en 191 1, ont fait sécession avec le groupe du *Valet de carreau et ont créé le groupe dit de la Queue d'âne. Ils veulent renouer avec les racines de l'art russe, avec l'art décoratif byzantin. Le nom du groupe fait référence à un canular de Rolarid Dorgelès qui avait exposé sous le pseudonyme Boronali (anagramme d'Aliboron), au Salon des Indépendants à Paris
en 191 0, un tableau intitulé Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique. Ce tableau avait été peint par un âne, à la queue duquel il avait attaché un pinceau.
Les artistes :
Chagall, Filonov, Gontcharova, Larionov, Malevitch, Tatline
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseRayonnisme
En 1912, Larionov élabore une synthèse du *Cubisme, du *Futurisme et de I'*Orphisme et donne naissance au Rayonnisme, dont il publie le Manifeste du Rayonnisme, en avril 1913.
Dans la première phase du Rayonaisme, dit réaliste (1912), il matérialise les rayons lumineux par des lignes de couleur et déclare : " Uobjet, tel qu'il est d'usage de le représenter dans les tableaux en utilisant tel ou tel procédé, l'objet en tarit que tel, nos yeux ne le voient pas. Nous percevons une somme de rayons qui partent d'une source de lumière, qui sont réfléchis par l'objet et qui tombent dans notre champ de vision. De ce fait, si nous cherchons à peindre littéralement ce que nous voyons, nous devons peindre la somme des rayons réfléchis par l'objet. Mais pour réunir dans sa totalité la somme des rayons de l'objet envisagé, nous devons l'isoler par un effort de volonté des rayons qui émanent des objets situés à proximité. Maintenant, si nous souhaitons représenter l'objet exactement comme nous le voyons, nous devons représenter aussi ces rayons réfléchis par les autres objets. [... ] C'est de cette manière que j'ai peint les premières uvres proprement réalistes. "
Lors de l'étape suivante, dite Rayonaisme abstrait ou Pneumorayonaisme (1 91 31914), il s'affranchit de la représentation de l'objet et " s'intéresse avant tout à la surface de la toile, libérée de tout sujet naturaliste Les rayons sont le moyen d'expliquer l'essence des choses, leur symbole ".
Les artistes :
Gontcharova, Larionov
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseRéalisme magique
Courant pictural défini en 1921 par le critique allemand F. Roh et associé à la *Nouvelle Objectivité. Dans les années trente, la notion est reprise par des artistes qui mêlent réalisme et représentation d'un monde étrange qui peut basculer dans l'irréel.
Ce courant est ainsi défini par Pyke Koch : " Si les représentations que nous donne le surréalisme semblent coupées de la réalité comme par un coup de hache, le réalisme magique parvient au même résultat par une opération pratiquement imperceptible, une incision prudente au rasoir, qui n'entame pas la réalité extérieure, mais provoque une dislocation intérieure. "
Les artistes :
Albright, Koch, Radziwill, Schad, Willink
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseRéalisme socialiste
Juste après la révolution d'Octobre, le Comité central du parti bolchevique encourage la création d'" un art réaliste de propagande révolutionnaire et compréhensible pour les masses ". Dès 1917, le contrôle de la vie artistique est entrepris : nationalisation des musées, des collections privées, du système éducatif. En 1922, est créée l'AKHRR (Assotsiattsiya KHoudoinikov Revolioutsionnoï Rossii, Association des artistes de la Russie révolutionnaire), dont les membres s'engagent à dépeindre " ce présent : la vie quotidienne de l'armée rouge, des ouvriers et des paysans, celles des grandes figures révolutionnaires et des héros du travail. Nous présenterons un tableau vrai des événements, et non ces oeuvres abstraites, fabriquées, qui discréditent notre révolution aux yeux du prolétariat mondial ". UAKHRR se met aux ordres du Parti qui centralise la production et détient à lui seul le pouvoir de passer des commandes, d'acheter des oeuvres, d'organiser des expositions.
Entre 1919 et 1923, des artistes qui s'étaient engagés dans l'idée de la mobilisation des masses par l'art et qui sont désormais considérés comme " des futuristes, des décadents, des défenseurs d'une philosophie idéaliste ariti-marxiste " (tels que Bourliouk, Chagall, Exter, Gabo, Kandinsky, Pevsner, Pougny, etc.) sont contraints à l'émigration. D'autres, comme Brodski, Deïrieka, Guerassimov, loganson, etc., réalisent l'ensemble de leur oeuvre en suivant les nouvelles règles de codification de l'art (formalisme, figuration, réalisme, imagerie sociale et révolutionnaire, culte du chef). Le terme de Réalisme socialiste est employé officiellement par Staline en 1932, à la suite du décret du Comité central " Sur la restructuration de la vie littéraire et artistique ", pour tenter de définir une esthétique " matérialiste-dialectique >. Après la Seconde Guerre mondiale, ce style est imposé dans les États satellites de l'URSS. En 1930, Trotski, en exil, déclare : " Il est impossible de contempler sans une répulsion physique mêlée d'horreur ces tableaux et ces sculptures soviétiques dans lesquels des fonctionnaires armés d'un pinceau sous la vigilance de fonctionnaires armés de Mauser glorifient les chefs "grands" et "géniaux", privés en réalité de la moindre parcelle de génie et de grandeur. " Mais ce n'est qu'à partir de 1988 que cette forme d'art sera ouvertement critiquée en URSS.
Les artistes :
Altman, Klioune, Oudaltsova, Petrov-Vodkine, Sarian
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseRéalités nouvelles
Salon fondé en 1946 à Paris par le collectionneur Fredo Sidès qui en est le premier président, avec l'aide de Félix Del Marle et d'Auguste Herbin. Il se tiendra annuellement jusqu'en 1956. Il réunit des représentants des arts abstrait, concret, constructiviste, non figuratif et édite des Cahiers conçus sur le modèle de la revue Abstraction-Création.
Les artistes :
Béothy, Cahri, Del Marie, S. Delaunay, Domela, Gorin, Herbin, Pevsner, Servranckx
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseRebel Art Centre
Centre fondé en mars 1914 au 38, Great Orrnond Street à Londres, par Wyndham Lewis, en réaction contre les *Omega Workshops de Roger Fry. Dans ce lieu de rencontre et d'exposition éphémère, les " rebelles " montrent les premières oeuvres représentatives du *Vorticisme.
Les artistes :
Lewis, Roberts, Wadsworth
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseRégionalisme
Mouvement informer apparu dans les années vingt aux États-Unis et qui se constitue véritablement comme une école dans les années trente, en rupture avec les avant-gardes européennes et avec le dessein de créer un art typiquement américain. Les régionalistes affirment une conception nationaliste de l'art. Hopper en donne une définition à l'occasion de son exposition au MOMA de New York en 1933. Il déclare : " La domination de la France dans les arts plastiques est pour ainsi dire totale depuis au moins trente ans dans notre pays. S'il était nécessaire de passer par une période d'apprentissage, je pense que c'est fait aujourd'hui. Poursuivre une relation de ce type ne pourrait être désormais qu'une humiliation pour nous. Après tout, nous ne sommes pas Français, nous ne le serons jamais, et toute tentative pour l'oublier ne serait qu'une négation de notre héritage et ne ferait que nous imposer un caractère qui n'est rien d'autre qu'un vernis. " Les régionalistes peignent des tableaux réalistes, qui décrivent les divers aspects de la vie américaine ; certains prennent la communauté rurale comme emblème d'une société refuge tout en gardant une certaine distance critique (Bentori, Wood), d'autres se font l'écho de l'univers urbain (Hopper).
Les artistes :
Benton, Burchfield, Hopper, Wood
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseSection d'or. Voir Groupe de *Puteaux
Group of Seven ou Groupe des Sept
Groupe de peintres canadiens formé en 1919-1920 à Toronto, auquel participent Harris, Varley, Lismer, Jackson, MacDonald, Johnston et Carrnichael. Ces artistes sont les premiers représentants d'une " école nationale canadienne " dont la démarche correspond à celle du *Régionalisme américain. Ces artistes peignent des tableaux très colorés, dans lesquels ils représentent principalement les vastes espaces déserts du Canada de manière simplifié mais néanmoins figurative et traditionnelle. Le groupe organise des expositions dans tout le pays jusqu'en 1931.
Les artistes :
Harris, Jackson, MacDonald
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseSimultanéisme. Voir Orphisme
Société Anonyme, Inc.
Nom donné à l'association fondée par l'écrivain et collectionneur Katherine Dreier en 1920 avec l'aide de Marcel Duchamp et de Man Ray, qui se propose de créer le premier musée d'art moderne doté d'une collection et d'une bibliothèque à New York. La première exposition de la Société Anonyme, Inc., qui ouvre le 30 avril 1920, présente des uvres d'artistes américains et européens allant du Postimpressionnisme au *Dadaïsme, artistes qui sont " pénétrés du nouvel esprit en art ". Duchamp rédige les notices d'un catalogue qui présente les artistes de la collection et organise des conférences. À partir de 1925, la Société organise des expositions dans des musées comme le Brooklyn Museum à New York. En 1941, Katherine Dreier donne sa collection à la Yale University ; elle dissout la Société Anonyme, Inc. en 1951.
Les artistes :
Duchamp, Graham, Man Ray, Stella
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseDe Stijl (" le SMe ")
Mouvement et revue fondés à Leyde en 1917 par Theo Vari Doesburg pour , réunir les courants de pensée actuels se rapportant aux arts plastiques " et créer un art " a-national, a-individualiste et collectif " en utilisant des moyens d'expression
abstraits et géométriques, dits néoplastiques. De Stijl réunit des peintres et des sculpteurs mais aussi des architectes et designers comme Gerrit Rietveld, J. J. Pieter Oud, Jan Wils, Robert Van't Hoff ou des designers comme Werner Graeff. Dans les premiers numéros de la revue, Mondrian définit le Néoplasticisme en peinture, tandis que Van Doesburg insiste sur les liens entre art et architecture et veut promouvoir les arts décoratifs. De Stijl évolue, de divergences en départs (Van der Leck, Mondrian), vers l'" élémentarisme " de Van Doesburg. La revue parait régulièrement jusqu'en 1928 ; un dernier numéro est réalisé en 1931, après la mort de Van Doesburg. Le mouvement cesse d'exister en 1932. Les idées du Stijl se répandent dans toute l'Europe au début des années vingt et connaissent leur consécration au Bauhaus.
Les artistes :
Domela, Huszàr, Mondrian, Richter, Taeuber-Arp, Van der Leck, Van Doesburg, Vantongerloo, Vordemberge-Gildewart
Voir aussi Néoplasticisrne
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseStraight Photography : Voir Photographie pure
Groupe STUCA - Sciences-Techniques-Urbanisme-Confort et Art
Groupe et atelier de production éphémère fondé en 1928 à Lille par le théoricien Donce-Brisy et le peintre Félix Del Marle. Dans la ligne du *Néoplasticisme, ceux-ci veulent appliquer l'art à des réalisations utilitaires. Stuca organise une exposition à Lille d'avril à août 1928 dans le cinéma Printania ; le groupe présente des films d'avant-garde, des projets d'architecture, des meubles en métal.
Les artistes :
Del Marie, Gorin
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseSuprématisme et Peinture sans-objet
En 1916, Malevitch publie le Manifeste du suprématisme et développe ses théories dans Du * cubisme et du * futurisme au suprématisme. Le nouveau réalisme pictural Avec le Suprématisme (du latin supremus, " qui est au-dessus de tout, qui ne saurait être dépassé "), il s'oppose à la peinture classique, qu'il qualifie de " morceaux de la nature pendus aux crochets de vos murs ", et conçoit " une organisation picturale nouvelle dans laquelle soit on supprime les formes des objets, soit ceux-ci se conforment à la logique picturale spéciale du coloris ". À sa suite, d'autres peintres de l'avant-garde russe réalisent des oeuvres suprématistes : des tableaux abstraits, ou sans-objet, dans lesquels des formes géométriques (carrés, triangles, quadrilatères, cercles, croix) flottent, s'interpénètrent et ne sont, hors de toute symbolique, " rien d'autre que les signes de la force reconnue de l'action, de la perfection utilitaire du monde concret qui arrive ". Malevitch clôt l'aventure picturale suprématiste en 1920 et affirme que son évolution ultérieure ne peut être qu'architecturale.
Les artistes :
Exter, Klioune, Kobro, El Lissitzky, Malevitch, Mansouroff, Oudaltsova, Popova, Pougny, Rodtchenko, Rozanova, Stepanova, Strzeminski, Tchachnik
Voir également groupe *Supremus, OUNOVIS," 0. 1 0 "
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseGroupe Suprenius
Nom donné à un groupe formé par Malevitch en 1916 et réunissant des artistes suprématistes. La revue Supremus, dont les trois premiers numéros avaient été conçus début 1917, ne fut jamais publiée du fait de la révolution d'Octobre.
Les artistes :
Klioune, Malevitch, Oudaltsova, Popova, Rozanova
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseSurréalisme
En 1924, André Breton donne naissance à ce mouvement littéraire et artistique qui réunit de très nombreux artistes. Il publie le Manifeste du Surréalisme (1924) dans lequel il énonce: " SURRÉALISME n.m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée en dehors de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. " Il ajoute : " Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d'associations négligées jusqu'à lui, à la toute-puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée. " Il définit la peinture surréaliste comme " la représentation intérieure de l'image présente à l'esprit. " (le Surréalisme et la Peinture, 1928). En accord avec ces principes, les artistes surréalistes pratiquent l'écriture ou le dessin automatiques, le cadavre exquis, créent des décalcomanies, des collages, des frottages, des sculptures, des objets à fonctionnement symbolique, etc.
En décembre 1924, Naville et Péret publient la première revue surréaliste : la Révolution surréaliste (1924-1928) dont Breton prendra la direction en 1925. D'autres suivront, comme le Surréalisme au service de la révolution (créée en 1930 sous la direction de Breton) ou comme le Minotaure (1 933, sous la direction de Tériade).
La première exposition du groupe, la Peinture surréaliste, a lieu en 1925 à Paris. Elle est suivie de nombreuses autres. Chaque exposition, conçue comme un parcours, fait l'objet d'une véritable mise en scène.
De 1927, date d'adhésion de Breton au parti communiste français, à 1935, le groupe surréaliste se désunit. Si certains de ses membres prônent un engagement politique et manifestent leur volonté de se conformer aux directives de la 111, Internationale, d'autres s'opposent à cette inflexion du mouvement. Ceux-ci (tels Masson, Leyris, Bataille, Soupault) se font, au sens littéral, excommunier par Breton dans le Second Manifeste du surréalisme (1 930). En 1 935, Breton fait volte-face ; dans le manifeste Du temps que les surréalistes avaient raison, il rompt avec le parti communiste français et avec le stalinisme. Entre 1933 et le début de la Seconde Guerre mondiale, l'audience du mouvement s'internationalise (Belgique, Tchécoslovaquie, Suisse, Angleterre, Japon, etc.). La première exposition internationale se tient à Londres en 1936. Une autre rassemble à Paris en 1938 les principaux tenants du Surréalisme dans le monde.
Pendant la guerre, nombre de surréalistes s'exilent aux États-Unis. Leur influence sera déterminante pour la peinture américaine. Après la guerre, l'histoire du mouvement surréaliste se poursuit jusqu'en 1969 avec son cortège de ruptures, d'exclusions (Matta, Brauner, Ernst, etc.) et d'adhésions.
Les artistes :
Arp, Artaud, Brassaï, Brauner, Bellmer, Burra, Carlsund, Dali, Delvaux, Dom[nguez, Duchamp, Ernst,
Giacometti, Larn, Léger, Magritte, Man Ray, Masson, Matta, Mesens, Mird, Moore, Nash, Paalen, Picabia,
Picasso, Savinio, Sima, Tanguy, Teige, Toyen, Trouille, Tutundjian, Van den Berghe
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseSvomas - SVObodnyié MASterskiyé -Ateliers libres
Nom donné aux écoles d'enseignement de l'art créées en Russie en septembre 1918, qui remplacent les structures existant avant la Révolution. Le principe des Svomas est d'offrir aux élèves " des ateliers d'État libres et gratuits [ ... ]. Le professeur doit travailler de concert avec ses élèves. [ ... ] On ne doit pas privilégier tel ou tel courant ou telle ou telle tendance dans l'art ". Les principaux artistes de l'avant-garde russe enseignent aux Svomas.
Les artistes :
Altmari, Baranoff-Rossiné, Kandinsky, Klioune, Klucis, Malevitch, Mansouroff, Matiouchine, Oudaltsova,
Petrov-Vodkine, Pevsner, Popova, Rozanova, G. et V. Stenberg, Strzeminski
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseSurréalisme
En 1924, André Breton donne naissance à ce mouvement littéraire et artistique qui réunit de très nombreux artistes. Il publie le Manifeste du Surréalisme (1 924) dans lequel il énonce : " SURRÉALISME n.m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée en dehors de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. " Il ajoute : " Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d'associations négligées jusqu'à lui, à la toute-puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée. " Il définit la peinture surréaliste comme " la représentation intérieure de l'image présente à l'esprit. " (le Surréalisme et la Peinture, 1928). En accord avec ces principes, les artistes surréalistes pratiquent l'écriture ou le dessin automatiques, le cadavre exquis, créent des décalcomanies, des collages, des frottages, des sculptures, des objets à fonctionnement symbolique, etc.
En décembre 1924, Naville et Péret publient la première revue surréaliste : la Révolution surréaliste (1 924-1928) dont Breton prendra la direction en 1925. D'autres suivront, comme le Surréalisme au service de la révolution (créée en 1930 sous la direction de Breton) ou comme le Minotaure (1 933, sous la direction de Tériade).
La première exposition du groupe, la Peinture surréaliste, a lieu en 1925 à Paris. Elle est suivie de nombreuses autres. Chaque exposition, conçue comme un parcours, fait l'objet d'une véritable mise en scène.
De 1927, date d'adhésion de Breton au parti communiste français, à 1935, le groupe surréaliste se désunit. Si certains de ses membres prônent un engagement politique et manifestent leur volonté de se conformer aux directives de la 111, Internationale, d'autres s'opposent à cette inflexion du mouvement. Ceux-ci (tels Masson, Leyris, Bataille, Soupault) se font, au sens littéral, excommunier par Breton dans le Second Manifeste du surréalisme (1 930). En 1935, Breton fait volte-face ; dans le manifeste Du temps que les surréalistes avaient raison, il rompt avec le parti communiste français et avec le stalinisme. Entre 1933 et le début de la Seconde Guerre mondiale, l'audience du mouvement s'internationalise (Belgique, Tchécoslovaquie, Suisse, Angleterre, Japon, etc.). La première exposition internationale se tient à Londres en 1936. Une autre rassemble à Paris en 1938 les principaux tenants du Surréalisme dans le monde.
Pendant la guerre, nombre de surréalistes s'exilent aux États-Unis. Leur influence sera déterminante pour la peinture américaine. Après la guerre, l'histoire du mouvement surréaliste se poursuit jusqu'en 1969 avec son cortège de ruptures, d'exclusions (Matta, Brauner, Ernst, etc.) et d'adhésions.
Les artistes :
Arp, Artaud, Brassaï, Braurier, Bellmer, Burra, Carisund, Dali, Delvaux, Dominguez, Duchamp, Ernst,
Giacometti, Lam, Léger, Magritte, Man Ray, Masson, Matta, Mesens, Mirô, Moore, Nash, Paalen, Picabia,
Picasso, Savinio, Sima, Tanguy, Teige, Toyen, Trouille, Tutundjian, Van den Berghe
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseSvomas - SVObodnyîé MASterskiyé - Ateliers libres
Nom donné aux écoles d'enseignement de l'art créées en Russie en septembre 1918, qui remplacent les structures existant avant la Révolution. Le principe des Svomas est d'offrir aux élèves " des ateliers d'État libres et gratuits [ ... 1. Le professeur doit travailler de concert avec ses élèves. [ ... ] On ne doit pas privilégier tel ou tel courant ou telle ou telle tendance dans l'art ". Les principaux artistes de l'avant-garde russe enseignent aux Svomas.
Les artistes :
Altman, Baranoff-Rossiné, Kandinsky, Klioune, Klucis, Malevitch, Mansouroff, Matiouchine, Oudaltsova,
Petrov-Vodkine, Pevsner, Popova, Rozanova, G. et V. Stenberg, Strzeminski
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseSynchromisme
Mouvement pictural créé à Paris en 1912 et développé jusqu'en 1916 par deux artistes américains travaillant à Paris. Cette appellation dérive de la définition du mot synchromie qui " veut dire "avec couleur" et doit son introduction dans la langue artistique au fait que l'un de nous, M. Morgan Russel, en cherchant un titre pour sa Synchromie en vert, qui s'appliquerait à la nature même de la peinture et non au sujet, a eu l'idée de substituer le mot "couleur" au mot "phonê" (son) dans symphonie ". Leurs tableaux, non figuratifs, utilisent le dynamisme des rapports colorés, traduisent des rythmes et se développent " comme une musique dans la durée ". À leur retour aux États-Unis, lis participent à l'introduction de I'abstraction dans leur pays.
Les artistes :
Benton, MacDonald-Wright, Russell
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition Larousse" La Toison d'or "
Nom donné à trois salons organisés en 1908, 1909 et 1909-1910 par la revue d'art symboliste la Toison d'or (1906-1910) à Moscou. Les organisateurs veulent confronter les oeuvres et souligner les traits communs entre les artistes russes et des artistes français tels que Braque, Cézanne, Derain, Gauguin, Matisse, Renoir, ainsi que Van Dongeri, Van Gogh, etc.
Les artistes :
Gontcharova, Larionov, Sarian
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition Larousse" Tramway V " ou " Première exposition futuriste de tableaux Tramway V "
Exposition d'avant-garde de tableaux cubofuturistes et de tableaux-reliefs, organisée en mars 1915 par Jean Pougriy dans la salle de la Société impériale d'encouragement aux beaux-arts de Petrograd.
Les artistes :
Altman, Exter, Klioune, Malevitch, Oudaltsova, Popova, Pougny, Rozanova, Tatline
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseUnion de la jeunesse
Association fondée en novembre 1909, à Saint-Pétersbourg. L'Union de la jeunesse réunit les peintres cubofuturistes et des poètes futuristes comme Khlebnikov, Kroutchonykh ou Miiiakovski. De 1909 à 1914, elle organise sept expositions, finance des publications (almanachs, textes théoriques et littéraires, livres d'art) et produit des pièces de théâtre.
Les artistes :
Altman, Baranoff-Rossirié, D. et V. Bourliouk, Exter, Filoflov, Gouro, Klioune, Malevitch, Matiouchine, Petrov-Vodkine, Pougny, Rozanova, Siniakova, Tatline
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseUnisme
Théorie élaborée entre 1923 et 1927 par Strzeminski qui publie en 1928 " l'Unisine dans la peinture " dans la revue *Praesens. UUnisme - concept défini comme post-*suprématiste - se propose de retrouver l'essence de la vision par une réduction au minimum du nombre de signes et par la recherche de la structure première de l'image. Pour Strzeminski, " la loi de l'organicité picturale exige l'union la plus poussée des formes avec la surface plane du tableau. 1) Union dans un sens perpendiculaire à la surface du tableau, c'est-à-dire planéité des formes ; tableau en tant que plan. 2) Union au sein même du plan du tableau ; la forme doit
croître à partir du tableau ; elle doit lui être liée directement. [... 1 3) Action simultanée de tout le tableau en tant que plan unique intégré. Les formes n'ont pas à agir d'elles-mêmes, indépendamment du tout que représente le tableau ".
Les artistes :
Kobro, Strzeminski
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseUnit One
Groupe formé en 1933 à Londres par des artistes et des architectes (tels Well Coates et Colin Lucas). Paul Nash le définit comme " l'expression d'un esprit vraiment contemporain, ce que l'on peut reconnécitre comme "d'aujourd'hui" dans le domaine de la peinture, de la sculpture et de l'architecture @>. Constitué d'artistes intéressés pour certains par le *Constructivisme, pour d'autres par le *Surréalisme, Unit One ne défend pas de doctrine particulière mais, soutenu par le critique Herbert Read qui publie Unit One, the Modem Movement in English Architecture, Painting and Sculpture (1 934), il organise des expositions à la Mayor Gallery de Londres et donne une impulsion moderniste à l'art anglais dans les années trente.
Les artistes :
Burra, Hepworth, Moore, Nash, Nicholson, Wadsworth
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseLe Valet de carreau
Les deux premières expositions du Valet de carreau ont lieu en décembre 191 0 et en janvier 1912 à Moscou. Elles sont organisées par des artistes russes comme David Bourliouk, Gontcharova, Larionov, etc., qui s'intéressent à l'art européen (à Cézanne et ses successeurs, à ['*Expressionnisme et au *Fauvisme) et souhaitent le confronter avec leur travail. Une association du même nom est fondée en 1911 le Valet de carreau commence alors à rassembler des artistes de toutes tendances de l'avant-garde russe. Lors de la troisième exposition du groupe, en 1914, C'est la tendance *cubofuturiste qui s'exprime ; en 1916 et 1917, lors des dernières expositions de l'association, c'est le groupe suprématiste de Malevitch qui prévaut.
Les artistes :
Altman, D. et V. Bourliouk, Exter, Gontcharova, Jawlerisky, Kandinsky, Klioune, Larionov, Malevitch, Oudaltsova, Popova, Pougny, Rozanova, Survage, Tatline
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseValori plastici "< Valeurs plastiques ")
Revue artistique fondée à Rome en 1918 par le peintre et critique Mario Broglio. Valori plastici édite également des monographies d'artistes et organise des expositions autour de la Peinture métaphysique.
Les artistes :
Carrà, De Chirico, Martini, Merise, Morandi, Savinio
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition Larousse" Vienok-Stephanos "
Exposition de tableaux *néoprimitivistes organisée par David Bourliouk en mars et avril 1909 à Saint-Pétersbourg.
Les artistes :
Baranoff-Rossiné, D. et V. Bourliouk, Exter, Gouro, Yakoulov
Voir aussi " La *Guirlande-Stephanos "
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseVKHOUTEMAS - Vyschiyé KHOUdojestvienno TEkhnitcheskiyé MASterskiyé - Ateliers supérieurs d'art et de technique
Ateliers d'enseignement de l'art créés en 1920, dans différentes régions de l'URSS et fonctionnant sous l'autorité de I'Inkhouk. Ils succèdent à l'Académie des beaux-arts de Saint-Pétersbourg et à l'École de peinture, sculpture, architecture de Moscou. Les Vkhoutemas comprennent sept sections de base : peinture, sculpture, architecture, céramique, métal et bois, textile, typographie. Ils assurent des cours de formation générale pendant deux ans puis permettent une spécialisation. Les principaux artistes de l'avant-garde russe y ont enseigné.
Les artistes :
Baranoff-Rossiné, Exter, Klioune, Klucis, El Lissitzky, Malevitch, Oudaltsova, Pevsner, Popova, Rodtchenko, Stepanova, Tatline, Yakoulov
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseVorticisme (de l'anglais vortex, " tourbillon ")
Mouvement apparu en Grande-Bretagne en 1914, qui constitue l'équivalent anglais du *Cubisme en France et du *Futurisme en Italie dont il prétend néanmoins se démarquer. Le mouvement est fondé par Wyndham Lewis, créateur du *Rebel Art Centre, et par l'écrivain Ezra Pound. En juillet 1914, les deux hommes, qui se considèrent comme des " mercenaires primitifs dans le monde moderne ", fondent la revue Blast (souffle, explosion) dont seuls deux numéros paraîtront. Ils s'érigent en théoriciens du Vorticisme et publient en 1915, dans le second et dernier numéro de la revue, le Manifeste vorticiste. Une exposition du groupe se tient la même année à la galerie Doré à Londres. Les vorticistes affirment vouloir créer " un mouvement où l'art et l'imagination puissent exploser, émerger de ce bloc de vie comprimé, avec plus de force que partout ailleurs ". " Ennemis du romantisme ", ils rendent compte de la réalité et de la vitalité du monde moderne, urbain et industrialisé, dans un style synthétique et dynamique. Ils géométrisent les formes et emploient des couleurs vives ; certaines uvres confinent à l'abstraction. Le Vorticisme s'éteint avec la fin de la Première Guerre mondiale.
Les artistes :
Bomberg, Coburn, Dobson, Epstein, Gaudier-Brzeska, Gertler, Henri, Lewis, Wadsworth
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition LarousseGroupe Vouloir
Groupe fondé en 1924 à Lille par les théoriciens Donce-Brisy et Rochat et des artistes comme Félix Del Marie. Vouloir organise des expositions et publie une revue du même nom (1924-1927). Del Marie devient rédacteur en chef de la revue en 1926, et y défend l'esthétique du *Néoplastisicme en demandant des textes à des artistes comme Mondriari ou Domela.
Les artistes :
Del Marle
Voir dans le petit dictionnaire des artistes modernes, édition Larousse
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