ETHIOPIQUES de L
ETHIOPIQUES de L. S. SENGHOR
Lecture cursive de L’ABSENTE
Comme " Congo ", c’est un chant, guimm, pour trois kôras et un balafong, dont les sept strophes soulignent le caractère sacré.
- Le poète s’adresse d’abord à un groupe de jeunes filles pour refuser les appellations honorifiques qu’on pourrait lui donner (le Champion, l’Elancé, le Lion téméraire, etc...) et revendiquer sa condition de troubadour, de poète (" je suis le Dyâli ", v.17), qui consacre son chant à la beauté de l’Absente (v.16).
L’Absente est la figure mythique et féminisée de ce qui n’est plus, mais dont l’attente est chargée d’espoir.
- " Or ", au début de la troisième strophe, marque une rupture, le début d’un changement : le retour de l’Absente est annoncé sous les traits de la Reine de Saba (v.24), et cette annonce revêt immédiatement un caractère évangélique (" De très loin la Bonne Nouvelle est annoncée par les collines ", v.25).
- L’évocation du printemps (strophe IV) avec " ce surgissement de la sève " (v.33, 35, 40), puis de l’été (strophe V) précède immédiatement le retour de " l’Ethiopienne "(v.51), incarnation emblématique de l’Afrique, de sa grandeur passée à la servitude présente. Elle est " parée du pentagramme ", l’étoile à cinq branches de Salomon ; le cortège qui l’accompagne (" de longs mirages de dromadaires ",v.50) fait penser à celui des Rois Mages et elle incarne la beauté aussi bien moralement que physiquement.
- Le poète rend hommage à la suzeraine dont il est le " féal " (v.54), et qui, de l’Absente qu’elle était, devient alors " la Présente " (v.68).
La dernière strophe célèbre cette Présente qui désormais ne va cesser d’inspirer le chant du Poète (v.75, 78) : " la Présente...nourrit le Poète (de son) lait ", " lait noir de l’amour " parce qu’il s’agit de l’amour de l’Afrique à la fois comme Femme et comme Patrie.
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