ETHIOPIQUES de L. S. SENGHOR
Lecture cursive de MESSAGES
Il faut partir de la situation d’énonciation du poème : un dignitaire politique, le " Beleup de Kaymôr ", adresse un message à celui qui est désigné comme " Guelwâr de l’esprit ", c’est-à-dire quelqu’un qui détient le pouvoir spirituel (voir à ce propos le lexique joint dans la documentation).
C’est le messager qui parle dans les versets 3 à 13, en rapportant les propos de celui qui l’a envoyé.
Sans chercher à éclairer véritablement le contenu de ce poème difficile, on peut penser que l’essentiel du sens se situe dans cette opposition, ou cette complémentarité, entre le pouvoir politique et le pouvoir spirituel.
Les paroles du Beleup de Kaymôr privilégient les insignes de la richesse et du pouvoir (v.7, 8, 10) résumés dans la " récade d’or " (v.11 ; bâton de commandement, insigne du pouvoir politique à la manière d’un sceptre), tandis que dans sa réponse, le Guelwâr de l’esprit remercie le Beleup de ses cadeaux (v. 18 , 19, 20), mais lui offre " les présents les plus lourds " (v.23), ceux de la parole et du chant, ceux de la Poésie qui détient la Connaissance (v.24, 25).
A la " récade d’or " s’oppose la " récade bicéphale " (à deux têtes) du poète, faite de Force (le Lion) et d’Equilibre (le Sage).
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