S’il est un mot à la mode, c’est bien celui de communication. Et, à l’heure actuelle, les débats sur ce thème sont d’ailleurs beaucoup plus nombreux que ceux sur la place de la Science. Mais, ... [...] la réalité doit prendre le pas sur les relations publiques, car la nature ne peut être trompée. Ce propos est tiré de la conclusion faite par Richard FEYNMAN, célèbre physicien américain et prix Nobel de physique. Il s’agissait de l’enquête sur l’explosion, immédiatement après le décollage, le 28 janvier 1986, de la navette Challenger. La commission avait tendance à minimiser l’importance des fautes commises par la NASA afin de défendre " la fierté nationale ". Richard FEYNMAN était, lui, pratiquement mourant.
La liste est longue des modes qui ont débouché dans l’enseignement sur des catastrophes : de mon temps, le marxisme, la psychanalyse, les mathématiques modernes... La plus récente chez nous, c’est le didactisme. Pierre-Gilles de Gennes, Jacques Badoz ; Les objets fragiles librairie Plon 1994, éd. Pocket p.237
On n’étudie pas la nature parce que c’est utile, mais parce qu’elle est source de joie, et elle est source de joie parce qu’elle est belle. Je ne parle bien sûr pas ici de cette beauté qui frappe les sens, celle des qualités et des apparences, non que je sous-estime une telle beauté, loin s’en faut, mais elle n’a rien à voir avec la science : j’ai à l’esprit la beauté profonde qui vient de l’ordre harmonieux des parties... (1) Encore faut-il que cette beauté soit présentée, ajoutait avec un brin de perfidie le grand professeur de chimie que fut Marc JULIA. La citation, elle, est d’Henri POINCARE, grand savant français qui a été oublié pendant soixante ans mais dont les travaux sont redevenus d’actualité. Note : (1) cité par Marc Julia dans la rubrique Point de vue du mensuel Pour la Science n°159 de janvier 1991. Jean-François LE BOURHIS - IA-IPR de Sciences Physiques
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