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J.A.C.S. N°2

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BoulOr2.gif (294 octets) Article : Culture scientifique et technique


BoulOr2.gif (294 octets) Jeu : Cherchez l'intrus


BoulOr2.gif (294 octets) Réponses au jeu

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CULTURE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE
*** Pourquoi tant de difficultés ? ***

Pessimistes ?

  • Alors que VOLTAIRE pouvait expliquer NEWTON, aucun philosophe, si disert qu’il soit, ne contera jamais MAXWELL à une aimable marquise. R.OMNÈS (1)
    La situation n’a pas évolué dans le bon sens et on voit encore plus mal Bernard-Henri LÉVY expliquer SCHRÖDINGER ou la supraconductivité à Claudia SCHIFFER.
  • - Professeur FEYNMAN, pouvez-vous expliquer en quelques mots à nos auditeurs en quoi consistent les travaux qui vous ont valu le prix NOBEL ?
    - Écoutez, mon vieux, s’il était possible de le faire en deux minutes, ça ne vaudrait certainement pas le prix NOBEL.
    (2)

 Optimiste ?

  • Vous savez que je me suis souvent posé la question : " les professionnels de la physique, les physiciens s’amusent, je veux dire sont passionnés par leur sujet ; alors, pourquoi pas les élèves ? ". J’ai ici obtenu la réponse ; lorsque la démarche expérimentale se développe comme il se doit autour d’un bon sujet, pas nécessairement à la mode, alors les élèves se passionnent et deviennent de véritables apprentis chercheurs... Louis BOYER aux Olympiades nationales de la physique (3)

Naïf ?

  • Quand, à l’université du Texas ou à Harvard, il m’a fallu enseigner la physique à des littéraires, j’ai eu l’impression que ma tâche la plus importante (et très certainement la plus difficile) était de leur donner une idée du pouvoir que procure la capacité de calculer en détail ce qui se produit dans divers systèmes physiques en fonction des circonstances. Je leur apprenais à calculer la déviation d’un rayon cathodique ou la chute d’une gouttelette d’huile, non parce que c’est le genre de chose dont tout le monde a besoin, mais parce qu’ainsi ils pouvaient faire par eux-mêmes l’expérience de ce que signifient vraiment les principes de la physique, dont la connaissance est au cœur de la science, et qui constitue une part précieuse de notre civilisation. Steven WEINBERG (4)

Heureuses universités qui peuvent confier à un prix Nobel l’enseignement de la physique à des littéraires. Mais le savant espérait-il intéresser ces derniers avec ce genre de sujet ?

Il est vrai que la diffusion de la culture scientifique auprès du plus grand nombre est une entreprise difficile. Certains parlent carrément de mission impossible. Il n’est d’ailleurs pas certain que le succès soit beaucoup plus grand dans les autres domaines (artistiques ou littéraires). Mais il est bon que les scientifiques convaincus analysent les raisons de ces difficultés. Cet article se propose d’amorcer modestement une utile réflexion.

 

*** Le caractère " borné " des scientifiques *** (A. SOKAL et J. BRICMONT) (5)

On accuse parfois les scientifiques d’être " bornés ". Le principal moteur de l’esprit scientifique restant la curiosité, il faut espérer qu’il n’en est rien.

  • Qu’en est-il aujourd’hui ? Est-il possible de faire intervenir les scientifiques dans les débats de la Cité ?

Certains scientifiques pensent qu’il n’est pas possible de faire comprendre leurs travaux, ou d’en donner une idée même sommaire, à des personnes qui n’appartiennent pas au cercle restreint des chercheurs de la spécialité.
Il est vrai que le dilettantisme est encore moins de mise aujourd’hui qu’autrefois et qu’on peut penser que les grands scientifiques sont accaparés par leur travaux. Pourtant, certains interviennent volontiers. Les trois prix Nobel de médecine français ont parfois fait connaître leurs opinions. Pierre-Gilles DE GENNES et Georges CHARPAK jouent un petit rôle dans un film. Cela est bien sûr purement anecdotique. Mais tous deux ont joué un rôle important ces dernières années dans les discussions sur l’éducation, notamment.

  • Qu’en était-il pour les très grands du passé ?

Étaient-ils ouverts, sympathiques, capables d’intéresser un public non averti, de faire comprendre la nature de leurs travaux ?
En réalité, comme on pouvait s’y attendre, les personnalités sont variées. GALILÉE était quelqu’un de sympathique, courtois, spirituel, chrétien sincère mais tolérant, gourmet et musicien. NEWTON était presque son double en négatif.
Plus près de nous, Niels BOHR donne l’image noble et digne du savant incorruptible dans les pires événements de la seconde guerre mondiale. Parmi ses élèves, relevons les cas de Wolfgang PAULI et de Paul DIRAC. D’un côté, l’impolitesse de PAULI envers ses collaborateurs était un fait acquis, jugé indissociable de sa personnalité (6). PAULI était plutôt méchant, d’esprit acerbe. Il passait ses nuits dans les endroits qu’on qualifie en général de mal famés, preuve qu’il se passionnait pour autre chose que sa spécialité, la physique théorique.
Celle-ci était en revanche à peu près le seul sujet qui intéressât DIRAC. Par exemple, celui-ci refusa poliment les livres que lui offrait Robert OPPENHEIMER, à titre de cadeau avant un voyage qui devait être long, prétextant que la lecture perturbe la réflexion.
EINSTEIN est différent. Bohème, totalement réfractaire au militarisme prussien en vogue dans toute sa jeunesse, pacifiste convaincu, se qualifiant lui-même de mauvais père et de mauvais mari, il ne fut jamais à l’aise en société et vieillira isolé. A la sœur d’un de ses meilleurs amis, le mathématicien italien Michele BESSO, qui se demandait pourquoi son frère n’avait pas fait de découverte importante, EINSTEIN répondit : C’est un très bon signe. Michele est un humaniste, un esprit universel, trop intéressé à trop de choses pour devenir un monomaniaque. Seul, un monomaniaque obtient ce qu’on appelle des résultats. (7)
Reprocher aux très grands scientifiques leur isolement ou leur égoïsme serait d’ailleurs injuste. On connaît suffisamment bien le cas d’écrivains, de peintres ou de musiciens qui ont participé de près aux événements sociaux ou politiques de leur époque pour qu’il ne soit pas utile de revenir sur les cas de VOLTAIRE, LAMARTINE, V. HUGO, COURBET ou WAGNER. A l’inverse, CHOPIN était indifférent sinon franchement hostile à la musique de son époque et ne s’intéressait ni à la peinture ni à la littérature (il n’est pas utile de se demander s’il avait une opinion sur la science). Et Richard STRAUSS composa ses deux derniers opéras, L’Amour de Danaë et Capriccio, en pleine guerre, le second sous les bombardements américains, apparemment totalement indifférent à ce qui se passait autour de lui (8).
En réalité, il en va des scientifiques comme des artistes. On trouve toutes les personnalités.

 

*** D’autres sources de difficultés ***

Les personnalités des savants ne sont évidemment pas les seules causes des difficultés que rencontre la promotion de la culture scientifique.

  • Les sciences, disciplines d’examen et de concours

La comparaison avec ce qui est fait dans les pays voisins montre qu’en France, les disciplines scientifiques sont insuffisamment développées au niveau élémentaire (école primaire, collège). Alors, au lycée, il faut en quelque sorte rattraper le temps perdu.
A cela, s’ajoute le système des examens et concours nationaux.
Il en résulte que, pour beaucoup, la science est surtout perçue comme une machine à enfanter des problèmes. Elle est également accusée de développer ou de privilégier chez les étudiants ou les élèves la rapidité à résoudre des exercices formels, surtout à caractère mathématique, au détriment d’autres qualités, notamment l’imagination créatrice.
Il ne faut pas s’étonner que les exclus et les déçus, sinon les traumatisés, soient nombreux, que les cours de science n’aient pas laissé de trop bons souvenirs et que l’idée de développer la culture scientifique n’engendre souvent, au mieux, qu’un aimable scepticisme.

  • Une ignorance de qualité

Chez le plus grand nombre, l’ignorance en matière scientifique est patente ; elle est même parfois source de fierté, ce qui est plus ennuyeux. De toutes façons, l’explosion des connaissances fait que les spécialistes deviennent rapidement ignorants dans les domaines qui ne sont pas les leurs. Il nous faut donc admettre et gérer convenablement cette ignorance nécessaire en créant un "consumérisme" de la connaissance scientifique et technique. Celui-ci implique l’apprentissage d’un rapport "au second degré" avec cette connaissance, qui sera toujours celle d’un autre, sans doute enclin à en abuser, fût-ce de bonne foi. Il passe, aussi, par l’organisation sociale d’institutions auxiliaires (cabinets d’experts, associations,..), par la popularisation de leurs actions, par la familiarisation avec les moyens d’y recourir, par l’entraînement individuel au suivi de débats à enjeu technique, par l’entraînement, enfin, à y intervenir personnellement. (9)
Nous sommes évidemment au cœur du problème. Ajoutons que l’on peut fonder de solides espoirs sur l’utilisation d’outils comme INTERNET.

  • Vulgarisation, histoire des sciences et technologie

Par quelque côté que l’on prenne le problème, le développement de la culture scientifique (ainsi que la diffusion de celle-ci auprès du plus grand nombre) passe par celui de l’histoire des sciences et des techniques et par celui de la vulgarisation. Or, si, une fois de plus, on compare la situation qui est la nôtre à celle des pays anglo-saxons, il faut reconnaître que la vulgarisation, en France, on ne sait pas bien la faire. De fragiles espoirs sont permis, toutefois. Après des décennies d’ignorance du sujet, la télévision s’est récemment penchée sur le problème et des émissions à caractère scientifique sont maintenant proposées (C’est pas sorcier, Atomes crochus, Nimbus, les grandes énigmes de la Science, 5 sur 5 inventions, de cause à effet, E = M6, Archimède,...). Ces émissions ont des qualités et ont une audience réelle. Mais le succès est d’autant plus au rendez-vous que le " look est chebran ". Par ailleurs, la tentative la plus ambitieuse, la Légende des Sciences, proposée par Michel SERRES, en 12 épisodes, le samedi, à une heure de grande écoute, après un début prometteur, n’a pas confirmé les espoirs placés en elle, aux dires mêmes du journal de télévision TELERAMA qui était très favorable au projet. Certains affirment avoir gardé du dernier épisode un souvenir plutôt somnifère. Il convient donc d’être à la fois prudent et persévérant.
Les rapports entre la Science et la Technologie sont complexes et les malentendus nombreux. Il est vrai que l’esprit scientifique est nécessaire chez ceux qui doivent développer les techniques. Mais, trop souvent, quand le mot Science est prononcé, le grand public pense Technique. Scientifique ou non, il est d’ailleurs difficile de ne pas être émerveillé devant les progrès réalisés ces dernières années dans tous les domaines techniques, dans celui de l’informatique, notamment mais pas exclusivement. Mais trop souvent, l’utilisation de celle-ci se limite à l’exercice d’un savoir-faire réel, acquis par les plus jeunes sans difficulté, mais aussi sans méthode, donc peu formateur.

 

*** Les succès ***

Les difficultés qui nous attendent sont nombreuses. Mais différents événements récents autorisent raisonnablement un optimisme mesuré.
D’abord, il y a une prise de conscience du problème par la société. Les lignes qui précèdent ont essayé de le montrer.
Ensuite, il y a le succès remporté par les différentes manifestations organisées ces derniers mois. Le succès des Olympiades de physique n’est pas démenti. Or, ce concours, qui doit associer des laboratoires de recherche ou de l’industrie à des équipes d’élèves accompagnés de leurs professeurs et qui rompait délibérément avec la tradition, paraissait au départ une entreprise bien hasardeuse, au succès rien moins que garanti. Le concours LANFRANC, organisé par le CNRS, semble également bien parti.
La Science en fête a également été un succès cette année, sur l’ensemble du territoire national. Et, heureuse coïncidence, cette manifestation a été couronnée cette année par le prix Nobel de physique attribué à un Français, le professeur Claude COHEN-TANNOUDJI. Il est difficile de garantir que ce double succès se reproduira. Il est néanmoins possible de formuler des vœux à ce sujet.

Rappelons que l’on peut donner au développement de la culture scientifique et technique trois objectifs immédiats :

  • donner une idée de la démarche scientifique,
  • combler dans une certaine mesure quelques lacunes parmi les nombreuses qui subsistent forcément après la formation initiale,
  • développer la curiosité, le goût d’apprendre et de savoir.

Jean-François LE BOURHIS - IA-IPR de Sciences Physiques

 

Notes :

1 Roland OMNÈS : Philosophie de la science contemporaine ; collection Folio essais 1997.

2 Conférencier de grand talent et auteur d’ouvrages destinés au grand public, Richard FEYNMAN a pourtant un singulier génie qui lui permet de faire comprendre, de façon séduisante et relativement abordable, des problèmes très difficiles. La vulgarisation a quand même ses limites. Peut-être le radioreporter avait-il agacé le savant ?
R. FEYNMAN est l’auteur d’un célèbre cours de physique et de plusieurs ouvrages (traduits en français) que tous, scientifiques ou non, peuvent lire avec profit:
- la nature de la physique, Points sciences poche le Seuil
- lumière et matière, une étrange histoire, InterEditions
- vous voulez rire, Mr. Feynman InterEditions.

3 Louis BOYER pense sincèrement qu’on peut faire des sciences en s’amusant. Il est professeur de physique de la combustion à l’institut de recherche sur les phénomènes hors d’équilibre à l’université de Provence. Il a été président du groupe technique responsable des programmes de physique en vigueur dans le second cycle et est membre du jury des Olympiades de la physique. Ces quelques remarques sont extraites d’une interview après la session 1996 des épreuves de ce concours.

4 Steven WEINBERG. Le rêve d’une théorie ultime, Odile Jacob 1997
Steven WEINBERG a obtenu, avec son compatriote Sheldon GLASHOW et le physicien pakistanais Abdus SALAM, le prix Nobel 1979 pour leur contribution à la théorie de l’unification de la force électromagnétique et de la force nucléaire faible.

5 Alan SOKAL et Jean BRICMONT . Impostures scientifiques, Odile Jacob 1997.
Alan SOKAL est un physicien provocateur. Il avait adressé à l’une des revues américaines les plus prestigieuses, Social Text, une supercherie en forme de pamphlet intitulé : Transgresser les frontières : vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique. La revue n’a pas soupçonné la supercherie et a publié l’article proposé. SOKAL y dénonçait avec beaucoup de verve l’usage abusif de termes scientifiques par des sociologues et philosophes dont beaucoup sont français. Il y attaquait également un courant de pensée, qualifié aux USA de post-moderne, qui affirme que toute connaissance, en particulier toute loi physique, résulte de conditions subjectives et sociales. A dose homéopathique, on peut accepter certains arguments de cette école ; celle-ci va trop loin et en arrive à ne plus distinguer la vérité et l’opinion, le démontrable et l’indémontrable. Les lois de la chute libre sont pourtant restées valables chez Mao et chez Pol-Pot. Les réactions au pamphlet ont été souvent violentes et ont entraîné la rédaction de ce livre dont la lecture est à conseiller.

6 Otto FRISCH : Mémoires . Extrait cité dans le magazine Dossier Pour la science, la physique quantique.

7 Albert EINSTEIN : correspondance avec Michele BESSO Gallimard. Extrait cité dans Science et Vie Junior, Dossier hors-série E = mc2 , la relativité, Einstein.

8 Il n’est peut-être pas inutile de rappeler les sujets de ces deux œuvres, qu’on ne peut pas imaginer plus éloignés des préoccupations de l’époque de leur gestation. Dans l’Amour de Danaë, Midas renonce, par amour, au pouvoir que lui avait donné Jupiter, celui de transformer en or tout ce qu’il touche. Le livret de Capriccio est un défi à l’art dramatique : il s’agit de savoir ce qui est le plus important dans un opéra : les paroles ou la musique.

9 Michel HULIN, bulletin de la Société française de physique 1988, n°70 p.22. 

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BoulOr2.gif (294 octets) Jeu : Cherchez l'intrus

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Ils sont groupés par paquets de trois ou quatre. Il peut s’y cacher des scientifiques connus. Trouver l’intrus ou les intrus. C’est parfois difficile et il y a des pièges.

1 Aage BOHR, Niels BOHR, Bjorn BORG, Max BORN

2 Ettore BUGATTI, Enrico FERMI, Ettore MAJORANA, Emilio SEGRE

3 Walther von BRAUCHITSCH, Otto von GUERICKE, Klaus von KLITZING, Carl Friedrich von WEIZSÄCKER

4 Jean de BROGLIE, Louis de BROGLIE, Maurice de BROGLIE

5 Oskar STRAUS, Franz Josef STRAUSS, Johann STRAUSS, Richard STRAUSS

6 Marie CURIE, Georges CUVIER, Frederick KURIE

7 John von NEUMANN, Franz NEUMANN, Vaclav NEUMANN

8 Ernst WEBER, Carl Maria von WEBER, Anton von WEBERN, Eugen WIGNER

9 David BOHM, Walther BOTHE, James BOTHWELL

10 Albert EINSTEIN, Alfred EINSTEIN, Sergueï EISENSTEIN

11 Lev LANDAU, Edmund LANDAU, Henri LANDRU

12 David Herbert LAWRENCE, Thomas Edward LAWRENCE, Ernest Orlando LAWRENCE

13 Edward JENNER, Richard WAGNER, Alfred WEGENER, Norbert WIENER

14 Alban BERG, Werner HEISENBERG, Arnold SCHÖNBERG, Joseph von STERNBERG

15 Tullio LEVI-CIVITA, Louis LEVY, Paul LEVY, Raoul LEVY

16 von KARMANN, Theodor MAIMAN, Abdus SALAM

 

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BoulOr2.gif (294 octets) Solutions du jeu de l'intrus

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1 - Niels BOHR (1885-1962) prix Nobel 1922
Célèbre physicien danois qui a élaboré le premier modèle de l’atome réellement convaincant ; fondateur de l’école de Copenhague où sont passés tous les grands physiciens de l’entre-deux-guerres.

- Aage BOHR (né en 1922) prix Nobel en 1975
Fils du précédent (quelle famille !) ; spécialiste du noyau atomique : son modèle unifié réalise la synthèse des 2 précédents modèles, le modèle en couches à particules indépendantes (JENSEN et GOPPERT-MAYER) et le modèle de la goutte liquide (N. BOHR et von WEIZSÄCKER)

- Bjorn BORG tennisman suédois qui eut son heure de gloire

- Max BORN ((1882-1970) prix Nobel 1954
Physicien allemand naturalisé anglais après son exil à l’avènement du nazisme qui a étudié les cristaux, la mécanique des fluides et la thermodynamique. Grand-père de la chanteuse-danseuse (?) Olivia Newton-John qui eut son heure de gloire avec John Travolta (Grease)

2 - Ettore BUGATTI (1881-1947) (à l’intention de JPG)
On ne présente pas le constructeur d’automobiles légendaires

- Enrico FERMI (1901-1954) prix Nobel 1938
Physicien italien, un des plus grands physiciens du XXème siècle ; a réalisé la première pile atomique dans des conditions de protection telles qu’on peut s’étonner qu’il ne soit pas mort plus jeune.

- Ettore MAJORANA
Un des grands espoirs de la physique italienne après la guerre ; auteur d’une théorie des particules et d’une hypothèse du neutrino. Disparaît dans des conditions mystérieuses qui inspirent un film (mort d’un mathématicien).

- Emilio SEGRE (né en 1905) prix Nobel 1959
Physicien italien naturalisé américain ; sa découverte avec CHAMBERLAIN de l’antiproton a confirmé les hypothèses de la symétrie matière anti-matière

3 Les von

- Walther von BRAUCHITSCH (1881-1948)
Maréchal , commandant en chef de la Wehrmach (armée de terre) ; son neveu Manfred (pour JPG) est un pilote automobile célèbre dans les deux ou trois années qui précèdent la deuxième guerre mondiale

- Otto von GUERICKE (1602-1686)
Physicien allemand qui a réalisé la célèbre expérience des hémisphères de Magdebourg qui prouve l’importance de la pression atmosphérique (2 attelages de 8 chevaux furent nécessaires pour séparer les deux demi-sphères de 1 m de diamètre à l’intérieur desquelles le vide avait été fait

- Klaus von KLITZING récent prix Nobel pour ses travaux sur l’effet HALL quantique

- Carl Friedrich von WEIZSÄCKER (né en 1912)
Physicien et astrophysicien allemand, auteur avec Niels BOHR d’un modèle du noyau atomique et d’une théorie sur l’origine de l’énergie des étoiles. Un des espoirs de la physique dans les années 1930. Son attitude pendant la guerre a été discutée...
Son neveu Richard, membre du parti socialiste (SPD) a été président de la république fédérale dans les années soixante-dix

4 Tous parents , famille d’origine piémontaise

- Louis de BROGLIE (1892-1987) prix Nobel 1929
Célèbre physicien français ; auteur de l’hypothèse des ondes de matière

- Maurice (1875-1960) frère du précédent ; physicien spécialiste des rayons X

- Jean ministre du général de GAULLE : meurt assassiné.

4 Les STRAUS(S) du dictionnaire sont souvent musiciens. Ceux de la liste ne sont pas parents ; aucun n’est scientifique (piège).

- Oskar STRAUS (1870-1954) :
Compositeur viennois moins célèbre que Johann. Sa valse la plus connue (rêve de valse) est immortalisée par un film avec Yvonne Printemps et Pierre Fresnay.

- Franz Josef STRAUSS (1915-1988)
Homme politique allemand, ministre fédéral, ministre-président de Bavière ; personnalité discutée ; compromis dans le scandale des Starfighters.

- Johann STRAUSS (1825-1899) (fils de Johann père, également compositeur)
On ne présente pas l’auteur du Beau Danube Bleu

- Richard STRAUSS (1864-1949)
Les autres sont autrichiens, lui est allemand. Un des rares compositeurs d’opéras du XXème siècle dont les ouvrages soient régulièrement représentés (Le chevalier à la rose, Salomé,...).

6 - Marie CURIE : Elle a notamment découvert le radium.

- Georges CUVIER : Naturaliste et paléontologue français ; partisan de la fixité des espèces, il a eu une influence au total néfaste sur la science française

- Frederick KURIE : Physicien américain, spécialiste de la radioactivité b.

7 - John von NEUMANN : Mathématicien américain d’origine hongroise. On le considère comme un des pères de l’informatique moderne.

- Franz NEUMANN : Mathématicien allemand.

- Vaclav NEUMANN : Célèbre chef d’orchestre tchèque

8 - Ernst WEBER : Physiologiste allemand auquel on doit la loi dite de Fchner-Weber sur la relation entre l’excitation et la sensation.

- Carl Maria von WEBER : Compositeur allemand, auteur du Freischütz

- Anton von WEBERN : Compositeur autrichien, élève de SCHÖNBERG, c’est-à-dire difficile d’écoute pour ceux qui n’apprécient que modérément la musique contemporaine

- Eugen WIGNER : Physicien américain d’origine hongroise, spécialiste de physique nucléaire, prix Nobel 1963.

9 - David BOHM : Physicien américain.

- Walther BOTHE : Physicien allemand.

- James BOTHWELL : Le dernier mari de Marie Stuart.

10 - Albert EINSTEIN
On ne présente plus l’auteur de la relativité restreinte et celui de la relativité générale.

- Alfred EINSTEIN ¨critique et musicologue français, grand spécialiste de SCHUBERT.

- Sergueï EISENSTEIN : Célèbre metteur en scène de cinéma russe (le cuirassé Potemkine, ...)

11 - Lev Davidovitch LANDAU
Peut-être le plus grand physicien du XXème siècle. Il arrive après les grands pionniers que sont EINSTEIN, PLANCK, BOHR, HEISENBERG, DIRAC, PAULI,... ("  toutes les jolies filles ont été séduites et épousées, et tous les jolis problèmes ont été résolus. Je n’aime pas tellement ce qui reste ", disait-il parfois) (1). Mais il a parfaitement assimilé leurs leçons et contrairement à eux, son génie ne se dessèchera pas. Il a fécondé de nombreux domaines de la physique (thermodynamique, mécanique quantique, mécanique des fluides, astrophysique, supraconductivité, suprafluidité,...)

Sa vie sera marquée par deux tragédies. En 1937, il se savait en danger et s’efforçait de produire le plus de documents possibles afin que sa renommée internationale soit telle que STALINE n’osât pas l’envoyer en prison. Il " dura " un moment mais fut enfermé et probablement torturé pendant plus d’une année (1939) dans une des pires prisons de Moscou. L’antisémitisme de STALINE est bien connu ; en plus LANDAU était suspect, comme tous les soviétiques qui avaient pu voyager à l’ouest dans les années 20. Mais surtout, -on le sait depuis l’ouverture des archives- LANDAU, dont le caractère particulièrement rugueux était bien connu, avait trop parlé, critiqué le régime et avait été dénoncé. Le physicien KAPITSA, qui venait de découvrir le phénomène de suprafluidité, intervint auprès de STALINE et MOLOTOV, affirmant que LANDAU était seul capable d’interpréter ses dernières découvertes. C’est d’ailleurs ce qu’il fit, une fois sorti in extremis de prison, c’est-à-dire dans un état épouvantable.
LANDAU sera terriblement diminué, physiquement et intellectuellement, après un très grave accident de voiture. Et c’est un quasi fantôme qui reçut le prix Nobel, quelques mois avant de mourir.

Les américains, voulant saluer les capacités intellectuelles de P.G. de Gennes, disent volontiers : " c’est la meilleure approximation actuelle de LANDAU ".

- Edmund LANDAU : Mathématicien allemand ; sa notation des infiniment grands et petits est encore utilisée.

- Henri LANDRU : A étudié les combustions à des fins non scientifiques.

12 - David Herbert LAWRENCE : L’auteur de l’amant de Lady Chatterley n’est pas réellement un scientifique

- Thomas Edward LAWRENCE dit LAWRENCE d’Arabie, le colonel LAWRENCE, auteur des sept piliers de la sagesse, non plus.

- Ernest Orlando LAWRENCE : L’inventeur du cyclotron, premier accélérateur de particules réellement élaboré, lui, en est un.

13 - Edward JENNER : On lui doit la découverte du premier vaccin, celui de la variole

- Richard WAGNER : est-il utile de présenter l’auteur de Lohengrin, Tristan et Isolde et Parsifal (entre autres) ?

- Alfred WEGENER : A, le premier, émis l’hypothèse de la dérive des continents.

- Norbert WIENER : Mathématicien et un des fondateurs de l’informatique (cybernétique)

14 - Alban BERG : Musicien autrichien, auteur de deux opéras célèbres (Wozzek et Lulu)

- Werner HEISENBERG : Un des grands physiciens du XXème siècle. Son principe d’incertitude surprend encore. Il resta en Allemagne pendant la deuxième guerre mondiale et occupa des postes importants. Son action est source de controverses.

- Arnold SCHÖNBERG : Musicien allemand puis américain.

- Joseph von STERNBERG : Metteur en scène allemand ; le pygmalion de Marlène DIETRICH (l’Ange Bleu)

15 Presque tous scientifiques !

-Tullio LEVI-CIVITA : Mathématicien italien.

- Louis LEVY : Physicien français. Son montage superhétérodyne est le principe des appareils récepteurs de radio modernes.

- Paul LEVY : mathématicien et statisticien français.

- Raoul LEVY : Producteur des premiers films de Brigitte Bardot.

16 Tous scientifiques !

- von KARMANN : Physicien tchèque (hydrodynamique). L’aviation lui doit beaucoup.

- Theodor MAIMAN : Physicien américain d’origine indienne ; un des inventeurs du laser avec SCHAWLOW, TOWNES.

- Abdus SALAM : Physicien pakistanais ; un des grands théoriciens de la physique des particules. Il a élaboré un modèle de l’interaction faible avec Steven WEINBERG et Gerhardt t’HOFT.

(1) cité par Kip S. Thorne, trous noirs et distorsions du temps, nouvelle bibliothèque scientifique Flammarion. On pourra également consulter l’article du n° 238 de Pour la Science (août 1997) la vie secrète de Lev LANDAU par Gennady Gorelik

Jean-François LE BOURHIS - IA-IPR de Sciences Physiques

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